Sanctions UE contre la Russie : les ambassadeurs négocient en urgence pour éviter l'expiration du paquet
Les ambassadeurs de l'UE se sont réunis lundi 21 septembre à Bruxelles pour tenter de renouveler le paquet de sanctions individuelles contre la Russie, qui couvre quelque 3 000 personnes et entreprises liées à Moscou. Faute d'accord avant minuit mardi, le régime expirera. La France, qui pousse pour la radiation de certains Russes dont Alicher Ousmanov, est identifiée comme le principal obstacle.
L'essentiel
- Le Comité des représentants permanents (Coreper) n'a pas réussi lundi matin à s'entendre sur la prolongation des sanctions individuelles.
- Une nouvelle réunion était prévue à 15h00, heure de Kiev.
- Faute d'accord, le paquet couvrant environ 3 000 personnes et entités liées à la Russie expirera mardi à minuit.
- La France et la Slovaquie exigent le retrait de deux oligarques russes de la liste, dont Alicher Ousmanov.
- La France lie la radiation d'Ousmanov à la libération de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan.
- Le régime de sanctions concerné, établi en 2014, avait été prolongé pour sept jours le 14 septembre et précédemment renouvelé le 14 mars.
- Emmanuel Macron a annoncé vendredi un plan de protection des infrastructures critiques, dans un contexte de craintes d'attaques hybrides russes.
Pourquoi c’est important
L'enjeu est l'expiration potentielle d'un régime qui touche environ 3 000 personnes et entités russes, dont Vladimir Poutine, la haute direction russe, l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovytch et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Sans accord avant mardi à minuit, c'est l'ensemble du paquet — et non une partie — qui deviendrait caduc. La controverse intervient alors que l'Europe se préoccupe ouvertement d'attaques hybrides russes, comme en témoigne l'annonce séparée d'Emmanuel Macron sur la protection des infrastructures critiques.
Ce qui s’est passé
Les ambassadeurs de l'UE se sont retrouvés lundi 21 septembre à Bruxelles pour ce qui est présenté comme la dernière journée utile de négociations sur le renouvellement du paquet de sanctions individuelles contre la Russie. Le Coreper a échoué dans sa tentative de trouver un accord dans la matinée et a repris ses travaux dans l'après-midi. Si aucun consensus n'est trouvé avant mardi à minuit, le paquet actuel — qui couvre environ 3 000 personnes physiques et morales liées à la Russie — expirera intégralement. La Slovaquie et, surtout, la France sont à l'origine du blocage : Paris réclame le retrait de l'oligarque Alicher Ousmanov de la liste, en échange, selon certaines sources, de la libération de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan. Cette exigence est décrite par trois diplomates interrogés par Politico comme l'obstacle principal à une prolongation automatique. La Slovaquie pousse également pour la radiation de certaines personnalités russes bien connues. Le régime en discussion avait été établi en 2014 après l'annexion de la Crimée, prolongé de sept jours le 14 septembre, et renouvelé pour six mois le 14 mars — à l'époque déjà, la Slovaquie avait tenté au dernier moment d'obtenir le retrait de Mikhaïl Fridman et d'Alicher Ousmanov.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
L'article sourced en Ukraine présente la position française comme une menace directe à la prolongation automatique des sanctions, et non comme un simple désaccord diplomatique parmi d'autres. Ce cadrage souligne les inquiétudes à Kiev face à toute fragilisation du régime, dans un contexte où l'Ukraine est elle-même l'objet des mesures contestées.