Sanctions de l'UE contre la Russie : Coreper échoue à prolonger le régime avant l'échéance du 22 septembre
Le Coreper de l'UE n'est pas parvenu le 21 septembre à prolonger les sanctions individuelles contre la Russie couvrant environ 3 000 personnes et entités, dont Vladimir Poutine. Une réunion suivante était prévue le matin du 22 septembre avant l'expiration du régime à minuit. Un compromis prévoyant la prolongation du régime pour 36 mois en échange du retrait des oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman de la liste a été bloqué, la Lettonie s'y opposant publiquement.
L'essentiel
- Le Coreper a échoué à plusieurs reprises le 21 septembre à prolonger le régime de sanctions individuelles de l'UE contre la Russie.
- Le régime, en place depuis 2014 et couvrant environ 3 000 personnes et entités dont Vladimir Poutine, expire à minuit le 22 septembre sans décision unanime.
- La Slovaquie et la France ont insisté sur le retrait des oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman de la liste ; la Lettonie a bloqué le compromis qui prévoyait leur retrait en échange d'une prolongation de 36 mois.
- Le Luxembourg a également demandé le retrait de Fridman, lié à une procédure d'arbitrage de 16 milliards de dollars à Hong Kong.
- Les ambassadeurs de l'UE devaient se réunir à nouveau le matin du 22 septembre, vers 09h00 heure de heure (08h00 heure de Bruxelles).
Pourquoi c’est important
Le régime de sanctions individuelles de l'UE, en vigueur depuis 2014, couvre environ 3 000 personnes et entités, dont Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables russes. Sans prolongation avant minuit le 22 septembre, l'ensemble du régime expirerait automatiquement, levant les interdictions d'entrée sur le territoire de l'UE et dégelant les avoirs des personnes sanctionnées. La Slovaquie et la France ont cherché à retirer les oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, révélant les divisions internes de l'UE sur le maintien de la pression sur Moscou. La Lettonie a bloqué le compromis proposé, montrant comment un seul État membre peut encore faire obstacle à un paquet qu'il juge affaibli. Le gouvernement ukrainien s'est publiquement et fermement opposé à tout retrait de la liste, le présentant comme un mauvais signal envoyé à Moscou.
Ce qui s’est passé
Le 21 septembre 2026, le Comité des représentants permanents de l'UE (Coreper) a échoué à plusieurs reprises — lors de réunions le matin, l'après-midi et en soirée — à prolonger le régime de sanctions individuelles de l'UE contre la Russie couvrant environ 3 000 personnes et entités responsables d'actions portant atteinte à l'intégrité territoriale, à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine. Le régime, en place depuis 2014 et renouvelé tous les six mois, comprend depuis 2022 Vladimir Poutine, la direction russe, des oligarques de premier plan, ainsi que l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovytch, Sergueï Lavrov et Viktor Medvedtchouk. Il devait expirer à minuit le 22 septembre. La Slovaquie et la France ont toutes deux insisté sur le retrait des oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman de la liste ; le Luxembourg a demandé le retrait de Fridman en raison d'une procédure d'arbitrage de 16 milliards de dollars à Hong Kong. Un compromis proposé par la présidence irlandaise du Conseil de l'UE prévoyait de prolonger le régime pour 36 mois (trois ans) en échange du retrait d'Ousmanov et Fridman. Le 21 septembre au soir, le Coreper a tenté un vote par procédure écrite, mais tous les États membres n'ont pas soumis leurs résultats. Le Premier ministre letton Andris Kulbergs a publiquement rejeté le compromis et convoqué une réunion d'urgence du cabinet pour le 22 septembre. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a écrit sur X que le retrait serait « inacceptable » et enverrait un mauvais signal à Moscou, proposant plutôt une prolongation de 12 mois et un élargissement des listes. Les ambassadeurs de l'UE devaient se réunir à nouveau le matin du 22 septembre.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes insistent uniformément sur la ferme opposition du gouvernement ukrainien à tout retrait d'Ousmanov et Fridman de la liste. Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a qualifié ce retrait d'inacceptable et de mauvais signal envoyé à Moscou, et a proposé de prolonger les sanctions pour 12 mois au lieu de six, et d'élargir les listes individuelles. Le vice-Premier ministre Vsevolod Tchentsov a présenté les exemptions comme un signal dangereux sapant l'autorité de l'UE et jouant en faveur de la Russie. Le président Volodymyr Zelensky a critiqué les initiatives de levée des sanctions sur les oligarques russes payant des impôts au budget russe. Kyrylo Boudanov, chef du cabinet du président, a également appelé au maintien des sanctions. La couverture souligne les mécanismes techniques du renouvellement (réunions du Coreper, procédures écrites, exigence d'unanimité) et le risque que l'ensemble du régime expire si aucun accord n'est trouvé d'ici minuit le 22 septembre.
Contexte
Le régime de sanctions de l'UE pour violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine a été formé pour la première fois en 2014 et est renouvelé tous les six mois. Depuis 2022, il comprend Vladimir Poutine, la direction russe, des oligarques de premier plan et l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovytch, ainsi que Sergueï Lavrov et Viktor Medvedtchouk. Le précédent renouvellement régulier a eu lieu le 14 mars, date à laquelle la Slovaquie avait également poussé jusqu'au dernier moment pour retirer Ousmanov et Fridman de la liste. Le 14 septembre, le Coreper a prolongé le régime pour seulement sept jours (jusqu'au 22 septembre) parce que la Slovaquie et la France insistaient sur le retrait des deux oligarques. Les sanctions de l'UE contre Ousmanov et Fridman ont été imposées en 2022 ; l'UE a cité les « liens particulièrement étroits » d'Ousmanov avec Poutine. Fridman est cofondateur du groupe russe Alfa et était copropriétaire de Sense Bank (anciennement Alfa-Bank Ukraine), nationalisé par l'Ukraine en 2023 après l'imposition de sanctions contre les actionnaires russes. Fridman poursuit le Luxembourg pour 16 milliards de dollars dans un arbitrage à Hong Kong concernant des avoirs gelés ; le Luxembourg a poussé pour son retrait de la liste. Onze États membres de l'UE ont appelé à abolir le principe d'unanimité qui permet à des États individuels de bloquer les décisions de sanctions. La présidence irlandaise du Conseil de l'UE a proposé de prolonger le régime pour 36 mois au lieu des six ou douze mois habituels.