Publié le · Mis à jour :

Les ambassadeurs de l'UE échouent une nouvelle fois à prolonger les sanctions contre la Russie à cause du dossier Usmanov

Les ambassadeurs de l'UE ont échoué pour la deuxième fois à s'entendre sur la prolongation des sanctions contre la Russie, la France et la Slovaquie exigeant le retrait de l'oligarque Alicher Ousmanov de la liste. La présidence irlandaise et le SEAE ont proposé un compromis maintenant Ousmanov sanctionné mais levant certaines restrictions. Le Coreper a fixé la prochaine réunion au 21 septembre, alors que les sanctions expirent le 22 septembre.

L'essentiel

  • Les ambassadeurs de l'UE ont échoué le 18 septembre à s'entendre sur la prolongation des sanctions contre la Russie pour atteinte à l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
  • La France et la Slovaquie bloquent l'extension de 12 mois en exigeant le retrait d'Alicher Ousmanov de la liste.
  • La présidence irlandaise du Conseil de l'UE et le SEAE ont proposé un compromis maintenant Ousmanov sur la liste tout en levant certaines restrictions, dont le gel des avoirs et l'interdiction d'entrée.
  • Le régime de sanctions couvre près de 3 000 personnes et entités, dont Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov, et expire le 22 septembre à minuit.
  • L'UE avait déjà prolongé d'urgence les sanctions d'une semaine le 14 septembre en raison de l'impasse.
  • La France chercherait à échanger le retrait d'Ousmanov contre la libération de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan.
  • L'Allemagne et l'Italie se montrent ouvertes à la demande française ; un troisième groupe de pays s'y oppose fermement par crainte d'un précédent dangereux.

Pourquoi c’est important

L'impasse menace l'ensemble du régime de sanctions personnelles de l'UE, qui couvre près de 3 000 personnes et entités, dont Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov, et expire le 22 septembre. La France conditionnerait sa coopération à la libération de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan, illustrant l'utilisation des sanctions européennes comme levier pour des objectifs de politique étrangère nationaux. Plusieurs États membres avertissent que tout assouplissement créerait un précédent juridique permettant à d'autres oligarques sanctionnés de contester les mesures européennes devant la justice.

Ce qui s’est passé

Le 18 septembre, les ambassadeurs des 27 États membres de l'UE réunis au Coreper ont échoué à s'entendre sur la prolongation des sanctions contre la Russie. La France et la Slovaquie bloquent l'extension de 12 mois en exigeant le retrait de l'oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov de la liste. La demande française est liée à un projet d'accord avec l'Azerbaïdjan concernant la libération de ressortissants français. La présidence irlandaise du Conseil de l'UE et le Service européen pour l'action extérieure ont proposé un compromis maintenant Ousmanov sur la liste mais levant certaines restrictions, dont le gel des avoirs et l'interdiction d'entrée dans l'UE. Face à l'impasse, les sanctions avaient déjà été prolongées d'urgence d'une semaine le 14 septembre. L'Allemagne et l'Italie ont indiqué qu'elles pourraient accepter la demande française, tandis qu'un troisième groupe de pays reste fermement opposé par crainte d'un précédent dangereux. La prochaine réunion du Coreper est fixée au lundi 21 septembre, à la veille de l'expiration du régime.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les six articles de presse fournis sont des médias ukrainiens qui couvrent la même impasse au sein de l'UE. La couverture souligne le risque de voir les sanctions expirer et présente les demandes françaises et slovaques comme des obstacles au maintien de la pression sur la Russie. Les titres mettent en avant l'échec des ambassadeurs et la recherche d'un compromis, soulignant les enjeux diplomatiques pour l'Ukraine.

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur la date exacte de la réunion de suivi des ambassadeurs de l'UE : certaines mentionnent le 18 septembre, d'autres un vendredi, tandis que le dernier résultat du Coreper fixe la prochaine réunion au lundi 21 septembre.

Contexte

Alicher Ousmanov est sous sanctions européennes depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022 ; il est décrit comme ayant de longue date des intérêts commerciaux en Russie et des liens avec Vladimir Poutine. La précédente prolongation des sanctions personnelles avait eu lieu le 14 mars, période durant laquelle la Slovaquie avait poussé jusqu'au dernier moment pour faire retirer Fridman et Ousmanov de la liste. Le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré devant le Parlement européen que les sanctions contre la Russie devaient être poursuivies. La proposition de compromis a été rapportée par le Financial Times.