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L'UE prolonge ses sanctions liées à l'Ukraine et retire Usmanov et Fridman de la liste, l'Azerbaïdjan gracie Martin Ryan

Le 22 septembre, le Conseil de l'Union européenne a prolongé de 36 mois — jusqu'au 22 septembre 2029 — le régime de sanctions visant les personnes responsables d'actions menaçant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine. Dans le même paquet, les oligarques russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman ont été retirés de la liste. Le lendemain, 23 septembre, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a signé un décret graciant 20 personnes, dont le Français Martin Ryan, condamné pour espionnage.

L'essentiel

  • Le 22 septembre, le Conseil de l'UE a prolongé pour 36 mois (jusqu'au 22 septembre 2029) les sanctions liées à l'Ukraine, couvrant environ 3 000 personnes physiques et morales.
  • Les oligarques russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman ont été retirés de la liste dans le cadre de ce renouvellement.
  • Pour la première fois, le régime a été prolongé pour trois ans au lieu du cycle habituel de révision semestrielle.
  • L'initiative de retrait a été soutenue par la Slovaquie, la France et le Luxembourg ; l'Ukraine n'a pas été consultée.
  • La France a poussé au retrait d'Ousmanov en cherchant un accord non public avec l'Azerbaïdjan pour la libération de ressortissants français détenus.
  • Le 23 septembre, le président Ilham Aliev a gracié 20 personnes, dont le Français Martin Ryan, directeur général de Mercorama, condamné à 10 ans pour espionnage le 16 mars 2026.
  • L'Ukraine a qualifié le retrait d'Ousmanov et Fridman de « honteux » ; la Lettonie a bloqué le paquet jusqu'au dernier moment avant de s'abstenir.

Pourquoi c’est important

Ce paquet illustre comment des considérations bilatérales — notamment la détention de ressortissants français en Azerbaïdjan — peuvent être échangées contre des décisions de sanctions européennes, affaiblissant la cohérence de la politique restrictive de l'UE envers la Russie. Le retrait simultané d'Ousmanov et de Fridman, adopté sans coordination avec Kyiv, a provoqué une réaction officielle ukrainienne vive et a mis en évidence les divisions internes entre États membres, la France ayant remplacé la Hongrie comme principal lobbyiste de l'assouplissement.

Ce qui s’est passé

Le 22 septembre 2026, le Conseil de l'Union européenne a prolongé pour 36 mois, jusqu'au 22 septembre 2029, le régime de sanctions lié à l'Ukraine couvrant environ 3 000 personnes et entités. Pour la première fois, la prolongation a porté sur trois ans au lieu du cycle habituel de six mois. Dans le cadre de ce paquet, les oligarques russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, inscrits depuis le 28 février 2022, ont été retirés de la liste. La Slovaquie, la France et le Luxembourg ont soutenu l'initiative ; la France cherchait selon plusieurs sources un arrangement non public avec l'Azerbaïdjan sur des ressortissants français détenus, dont Martin Ryan. La Lettonie a bloqué l'assouplissement jusqu'au dernier moment avant de s'abstenir. Le lendemain, 23 septembre, le président Ilham Aliev a signé un décret graciant 20 personnes, dont Martin Ryan, directeur général de Mercorama, arrêté à Bakou en décembre 2023 et condamné à dix ans de prison pour espionnage le 16 mars 2026, des charges que la France rejette. L'Ukraine, par la voix de son commissaire présidentiel aux sanctions Vladyslav Vlasiuk, a déclaré ne voir aucun élément justifiant le retrait et a qualifié la décision de « honteuse ».

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens présentent le délistage comme une concession politique et non comme un ajustement technique de routine. Ils soulignent que la mesure n'a pas été coordonnée avec Kyiv et mettent en avant la réaction officielle : la déclaration de Vlasiuk sur l'absence de circonstances nouvelles et la qualification de « honteuse » par les autorités ukrainiennes. La couverture insiste sur le rôle de la France comme principal lobbyiste de l'assouplissement, succédant à la Hongrie d'Orbán, et souligne la position de la Lettonie comme dernier défenseur public des intérêts ukrainiens au sein de l'UE. Les articles relient explicitement la pression française sur Ousmanov à la libération de ressortissants français en Azerbaïdjan et à la grâce ultérieure de Ryan par Aliev, présentant l'ensemble comme un « échange entre sanctions et otages ».

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur la nature du « béquillage » juridique utilisé pour maintenir le paquet en vie après l'expiration du délai : pour certaines, il s'agit d'une solution procédurale standard ; pour d'autres, d'une mesure prise sous la pression de Paris et du Luxembourg pour éviter l'effondrement complet de la liste. Les sources divergent également sur la posture exacte de la Lettonie : la plupart indiquent qu'elle a « cédé » ou s'est « abstenue », tandis qu'une source la décrit comme « laissée seule » contre le retrait.

Contexte

Le régime de sanctions de l'UE lié à l'Ukraine a été créé en mars 2014 en réponse aux actions portant atteinte à l'intégrité territoriale, à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine. L'inscription entraîne le gel des avoirs dans l'UE, l'interdiction pour les personnes et entreprises de l'UE de fournir des fonds ou des ressources économiques aux personnes inscrites, et, pour les personnes physiques, une interdiction d'entrée ou de transit sur le territoire de l'UE. Ousmanov et Fridman avaient été inscrits le 28 février 2022 ; Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov l'avaient été dès le 25 février 2022, le lendemain du début de l'invasion à grande échelle. Par le passé, la Hongrie de Viktor Orbán était le principal défenseur de l'assouplissement des sanctions liées à la Russie. Mikhaïl Fridman a engagé des poursuites contre le Luxembourg pour obtenir au moins 16 milliards de dollars de compensation pour des avoirs gelés.