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Le budget ukrainien accuse un manque à gagner de 49,5 milliards de hryvnias sur neuf mois

Le budget de l'État ukrainien a accumulé un déficit de recettes de 49,5 milliards de hryvnias sur les neuf premiers mois de l'année, dont 32 milliards concentrés en août et septembre. La présidente de la commission du budget de la Verkhovna Rada, Roksolana Pidlаsa, prévient que le manque à gagner annuel dépassera 70 milliards de hryvnias. Le gouvernement a introduit fin septembre un régime de priorisation des dépenses, laissant planer la menace d'un séquestre budgétaire.

L'essentiel

  • Manque à gagner budgétaire de 49,5 milliards de hryvnias sur les neuf premiers mois de l'année.
  • Dont 32 milliards de hryvnias concentrés seulement en août et septembre.
  • Roksolana Pidlаsa (commission du budget de la Verkhovna Rada) estime que le déficit annuel dépassera 70 milliards de hryvnias.
  • Le non-respect du plan de recettes de TVA dépasse déjà 1,5 milliard de dollars.
  • Le Cabinet des ministres a instauré fin septembre un régime de priorisation des dépenses.
  • Un séquestre budgétaire imposerait des coupes dans tous les programmes sauf les postes protégés.

Pourquoi c’est important

La dégradation brutale des recettes budgétaires — les deux tiers du manque à gagner de neuf mois s'étant concentrés sur août et septembre — met l'Ukraine sous pression pour déclencher un séquestre aux coupes transversales. Le pays doit parallèlement obtenir une deuxième tranche d'assistance macroéconomique de l'UE de 4,26 milliards de dollars, dont l'octroi est conditionné à des réformes précises. L'écart croissant entre les recettes fiscales et les besoins de défense accentue la dépendance à l'aide étrangère.

Ce qui s’est passé

Selon des données publiées début octobre par Roksolana Pidlaça, cheffe de la commission du budget de la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien), le budget de l'État ukrainien accuse sur les neuf premiers mois de l'année un manque à gagner de 49,5 milliards de hryvnias, dont 32 milliards rien qu'en août et septembre. Le non-respect du plan de recettes de TVA dépasse déjà 1,5 milliard de dollars. Pidlaça prévient que le manque à gagner annuel total dépassera 70 milliards de hryvnias ; un scénario plus pessimiste évoqué par un responsable anonyme l'estime à 100 milliards. Face à cette situation, le Cabinet des ministres a instauré fin septembre un régime de priorisation des dépenses, prélude possible à un séquestre qui imposerait des coupes dans tous les programmes sauf les postes protégés. Pidlaça a jugé correct de commencer par restreindre les dépenses d'investissement. Les recettes d'impôt sur le revenu des personnes physiques et d'impôt sur les bénéfices des sociétés ont en partie compensé les pertes, selon des informations rapportées.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens Forbes Ukraine et ZN.UA relaient les chiffres de la commission du budget de la Verkhovna Rada et le discours alarmiste du Premier ministre Serhiy Koretsky, qui estimait dès le 12 septembre, lors de la conférence YES, que le budget pourrait manquer de 70 milliards de hryvnias de recettes fiscales d'ici fin 2026. Le président Volodymyr Zelensky avait qualifié le 18 septembre le déficit budgétaire de « cosmique », traduisant l'inquiétude du pouvoir exécutif.

Contexte

Plusieurs éléments de contexte éclairent la pression budgétaire actuelle. Le 18 septembre, le président Volodymyr Zelensky a qualifié le déficit budgétaire de « cosmique ». Bruxelles a versé en septembre 3,3 milliards d'euros pour des missiles et des drones. L'Ukraine risque de perdre 4,48 milliards d'euros d'aide européenne en raison de retards dans les réformes. Le versement de la deuxième tranche d'assistance macroéconomique de l'UE, d'un montant de 4,26 milliards de dollars, reste conditionné à l'adoption en deuxième lecture des lois sur l'évaluation des biens, à la création d'une commission de sélection des membres de la Chambre des comptes, et à des amendements concernant les personnes politiquement exposées (PPE) conformes aux exigences de la Commission européenne. Un séquestre impliquerait des coupes dans tous les programmes de dépenses, à l'exception des postes dits protégés.