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Trump annonce un accord sur le diesel russe après un appel avec Poutine qui rejette les négociations

Le 9 octobre 2026, le président américain Donald Trump a annoncé un appel téléphonique avec Vladimir Poutine et un accord prévoyant la fourniture de plus de 4,8 millions de tonnes de diesel russe aux États-Unis et aux marchés mondiaux. Selon le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, Poutine a catégoriquement exclu la reprise des négociations de paix et affirmé que la Russie poursuivrait les hostilités jusqu'à la capitulation de l'Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement critiqué la levée des sanctions, la qualifiant de « cadeau d'anniversaire pour Poutine » et accusant Washington d'avoir utilisé la réunion de Miami avec la délégation ukrainienne comme « façade ».

L'essentiel

  • Le Kremlin a confirmé l'appel téléphonique entre Trump et Poutine le 9 octobre 2026.
  • Trump a annoncé l'accord sur le diesel russe via Truth Social le soir du 9 octobre, avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
  • L'accord prévoit 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, puis 1 million et 3 millions de tonnes — soit plus de 4,8 millions de tonnes au total.
  • L'OFAC a émis une licence temporaire autorisant l'importation de diesel russe jusqu'au 7 avril 2027.
  • Selon Ouchakov, Poutine a rejeté toute reprise des négociations de paix et déclaré que la Russie combattrait jusqu'à la capitulation de l'Ukraine.
  • Zelensky a qualifié la levée des sanctions de « cadeau d'anniversaire pour Poutine » et accusé les envoyés américains d'avoir utilisé les pourparlers de Miami comme « façade ».
  • Les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont informé la délégation ukrainienne de l'accord lors de négociations de huit heures à Miami, en présence de diplomates allemands, français, britanniques, de l'UE et de l'OTAN.

Pourquoi c’est important

L'accord lève de fait les sanctions américaines sur le diesel russe, privant Washington d'un levier clé sur le financement de la guerre par Moscou. La divergence entre la description « extrêmement productive » de l'appel par Trump et le refus des négociations rapporté par le Kremlin met en évidence des lectures opposées de la même conversation. Le calendrier — l'annonce étant intervenue pendant les négociations de Miami entre délégations américaine, ukrainienne et européennes — a été interprété à Kiev et par ses partenaires européens comme une atteinte à la crédibilité de la médiation américaine.

Ce qui s’est passé

Le 9 octobre 2026 au soir, Donald Trump a annoncé sur Truth Social avoir eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine et conclu un accord prévoyant la fourniture de plus de 4,8 millions de tonnes de diesel russe aux États-Unis et aux marchés mondiaux. L'accord prévoit 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, puis 1 million et 3 millions de tonnes supplémentaires. L'OFAC, sur instruction de Trump, a émis une licence générale temporaire autorisant l'importation de diesel russe jusqu'au 7 avril 2027. Selon le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, Poutine a catégoriquement rejeté toute reprise des négociations de paix, déclaré que la Russie continuerait les hostilités jusqu'à la capitulation de l'Ukraine, et accusé Kiev de chercher à perturber les élections russes. Trump aurait félicité Poutine pour son anniversaire pendant l'appel. L'annonce est intervenue alors que les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner menaient à Miami, pendant huit heures, des discussions avec la délégation ukrainienne — composée de Davyd Arakhamia, Rustem Umerov, Kyrylo Budanov et Serhiy Kyslytsia — en présence de diplomates allemands, français, britanniques, de l'UE et de l'OTAN. Volodymyr Zelensky a vivement critiqué la décision, la qualifiant de « cadeau d'anniversaire pour Poutine » et accusant Washington d'avoir utilisé la réunion de Miami comme couverture pour un accord préarrangé avec Moscou.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les sources ukrainiennes présentent l'accord sur le diesel comme une concession unilatérale à Moscou, effectuée sans avertissement préalable à Kiev et au moment même où la délégation ukrainienne négociait de bonne foi à Miami. La rhétorique de Zelensky — « cadeau d'anniversaire pour Poutine », « façade », « Alaska-2 », « faiblesse évidente jouant en faveur de la Russie » — est mise en avant pour souligner ce qui est perçu comme une trahison diplomatique. La couverture souligne également le contraste entre la proposition ukrainienne d'arrêter les frappes sur les raffineries en échange d'un arrêt réciproque des frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, et l'exigence américaine d'une concession unilatérale. Plusieurs articles relaient la menace présumée de Witkoff et Kushner de couper l'accès de l'Ukraine au renseignement américain, renforçant l'image de coercition dans les négociations.

Ce qu’en disent les sources internationales

Les médias internationaux présentent l'accord principalement comme une opération de marché et un allègement des sanctions, détaillant les volumes, la licence du Trésor et la justification liée à la baisse des prix des carburants avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Ils relaient largement l'explication de responsables américains selon laquelle les frappes sur les raffineries russes pénalisent les consommateurs américains et que Trump ne les considérait pas comme équivalentes aux frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes. La couverture internationale donne aussi une place importante à l'évaluation américaine selon laquelle Poutine, malgré des frappes intenses, serait « ouvert à la discussion » sur la fin de la guerre, offrant une lecture plus optimiste des perspectives diplomatiques. L'article de Le Monde souligne l'enjeu européen en mettant en avant la présence à Miami de diplomates seniors d'Allemagne, de France, du Royaume-Uni, de l'UE et de l'OTAN, et l'inconfort européen face aux implications de l'accord pour la politique de sanctions.

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur trois points principaux. Premièrement, sur les volumes de l'accord : un média ukrainien parle de « centaines de milliers de tonnes », un autre de « millions de tonnes », tandis que la presse internationale précise 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 en novembre, 1 million puis 3 millions de tonnes — soit plus de 4,8 millions au total. Deuxièmement, sur la valeur de l'appel pour la fin de la guerre : Trump l'a qualifié d'« extrêmement productif » et a présenté l'accord sur le diesel comme une avancée majeure, tandis qu'Ouchakov a rapporté que Poutine avait catégoriquement rejeté toute reprise des négociations. Troisièmement, sur la conduite des négociations de Miami : un responsable ukrainien a déclaré à Axios que Witkoff et Kushner avaient menacé de couper l'accès de l'Ukraine au renseignement américain si les frappes sur les raffineries continuaient, ce qu'un responsable américain a formellement démenti.

Contexte

Le 8 octobre, Zelensky avait annoncé qu'une délégation ukrainienne — Davyd Arakhamia, Rustem Umerov, Kyrylo Budanov et Serhiy Kyslytsia — se rendrait aux États-Unis pour des pourparlers. Les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner étaient attendus à Miami pour présenter de nouvelles propositions destinées à sortir de l'impasse diplomatique. Le 20 septembre, Axios avait déjà rapporté que Trump, lors d'un appel avec Zelensky, avait à plusieurs reprises exhorté l'Ukraine à cesser les frappes sur les raffineries russes, le mot « diesel » ayant été mentionné à de nombreuses reprises. La licence du Trésor américain autorisant les importations de diesel d'origine russe est valable jusqu'au 7 avril 2027, ce qui donne à l'accord une dimension de politique à moyen terme plutôt que d'expédition ponctuelle. L'annonce intervient à l'approche des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, ce que les sources relient à la présentation de l'accord comme une mesure de baisse des prix à la pompe.