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Un projet de loi américain sur les sanctions contre la Russie bloqué à la Chambre des représentants avant les élections de novembre

Un projet de loi prévoyant des droits de douane de 100 % sur les principaux acheteurs d'énergie russe et sur les pays aidant Moscou à contourner les sanctions est bloqué à la Chambre des représentants américaine. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a jugé peu probable un vote avant les élections législatives du 3 novembre. Le texte, déjà adopté au Sénat, fait face à une opposition bipartite en raison de ses conséquences possibles sur les prix de l'essence et des pouvoirs tarifaires qu'il conférerait à la présidence.

L'essentiel

  • Le Sénat américain a adopté le projet de loi par 86 voix contre 11 après la mort du sénateur Lindsey Graham en juillet 2025.
  • Le texte autoriserait le président à imposer des droits de douane de 100 % aux cinq plus grands importateurs de pétrole et de gaz russes, ainsi qu'à cinq pays aidant la Russie à contourner les sanctions.
  • La Chine, l'Inde et la Turquie sont identifiées parmi les plus grands acheteurs d'énergie russe.
  • Le président de la Chambre Mike Johnson a déclaré qu'un vote avant les élections du 3 novembre était improbable, le Congrès ne devant siéger que quelques jours à Washington au cours des deux prochains mois.
  • Le projet de loi est critiqué à la fois par des démocrates, qui redoutent qu'il n'élargisse les pouvoirs tarifaires du président, et par certains républicains préoccupés par la hausse des prix de l'essence.
  • Une coalition d'organisations patronales américaines — dont la Chambre de commerce des États-Unis — a écrit au Congrès en août pour mettre en garde contre les conséquences imprévues du texte.
  • Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha a appelé la Chambre à adopter le texte, citant une frappe russe récente sur une usine de Coca-Cola dans la région de Kyiv.

Pourquoi c’est important

Le projet de loi vise à renforcer la pression économique sur la Russie en ciblant ses principaux clients énergétiques et les pays facilitant le contournement des sanctions. Son retard à la Chambre repousse l'adoption de mesures supplémentaires que l'Ukraine et ses partisans jugent essentielles pour intensifier la pression sur Moscou. Les réticences bipartisanes — crainte d'une hausse des prix de l'essence et d'un élargissement des pouvoirs tarifaires présidentiels — illustrent la difficulté à maintenir une politique bipartite de soutien à l'Ukraine à l'approche des élections de mi-mandat.

Ce qui s’est passé

Le projet de loi, présenté au Sénat par Lindsey Graham et Richard Blumenthal, prévoit des droits de douane de 100 % sur les cinq plus grands importateurs de pétrole et de gaz russes ainsi que sur cinq pays aidant la Russie à contourner les sanctions, dont la Chine, l'Inde et la Turquie. Adopté au Sénat par 86 voix contre 11 après la mort de Graham en juillet 2025, il est désormais bloqué à la Chambre des représentants. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a indiqué qu'un vote avant les élections législatives du 3 novembre était peu probable, le Congrès ne devant siéger que quelques jours à Washington au cours des deux prochains mois. Le texte fait face à une double opposition : des démocrates, dont Gregory Meeks, redoutent qu'il n'étende les pouvoirs tarifaires du président, et certains républicains craignent une hausse des prix de l'essence. Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Brian Mast, a souligné que le texte était en partie évalué pour son impact potentiel sur les prix à la pompe. En août, une coalition d'organisations professionnelles américaines, dont la Chambre de commerce des États-Unis et la Retail Industry Leaders Association, a écrit au Congrès pour mettre en garde contre les conséquences imprévues du texte pour les consommateurs, les partenaires commerciaux et les alliés des États-Unis.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne présente ce projet de loi comme un levier essentiel pour intensifier la pression sur la Russie et démontrer le soutien américain à Kyiv. Les médias et responsables ukrainiens soulignent l'importance de son adoption et relatent les efforts de lobbying menés à Washington, notamment par le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha et le commissaire présidentiel pour la politique de sanctions Vladyslav Vlasiuk, pour convaincre les élus américains.

Là où les récits divergent

Les sources présentent des informations contradictoires sur les votes du Sénat en août : elles évoquent tour à tour une adoption par 86 voix contre 11, un vote procédural de 86 contre 12, ou encore un vote de 81 voix suivi d'un blocage demandé par la Maison Blanche lors de négociations avec Vladimir Poutine.

Contexte

Le projet de loi a été présenté par le sénateur Lindsey Graham, l'un des plus fidèles soutiens de l'Ukraine au Congrès, peu avant sa mort en juillet 2025. Son collègue Richard Blumenthal en est co-auteur. Au Sénat, il a été adopté par 86 voix contre 11. À la Chambre, la procédure accélérée requerrait une majorité des deux tiers, difficile à atteindre avec la courte majorité républicaine de Mike Johnson. La Chine, l'Inde et la Turquie figurent parmi les plus grands acheteurs d'énergie russe. Des responsables ukrainiens ont multiplié les démarches à Washington pour promouvoir le texte.