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Washington envisage d'assouplir les sanctions contre la « flotte fantôme » pour freiner la flambée du fret maritime

L'administration Trump étudie un assouplissement des sanctions visant les navires de la « flotte fantôme » qui ont acheminé du pétrole russe, iranien et vénézuélien. Objectif affiché : faire baisser les tarifs record du fret maritime et doper les exportations du Golfe persique. Le secrétaire à l'Énergie Chris Wright a confirmé ces discussions lors du Congrès mondial du pétrole à Riyad. Les sociétés intéressées devront obtenir des licences individuelles du Trésor américain et ne pourraient transporter que du pétrole « légal », hors pétrole russe et iranien sous sanctions.

L'essentiel

  • L'administration Trump envisage d'assouplir les sanctions contre les navires de la « flotte fantôme » ayant acheminé du pétrole russe, iranien et vénézuélien.
  • Objectif déclaré : réduire les tarifs record du fret maritime mondial et accroître les exportations de brut et de produits pétroliers du Golfe persique.
  • Les navires autorisés ne pourraient transporter que du pétrole « légal », c'est-à-dire non soumis aux sanctions américaines, à l'exclusion du brut russe et iranien sanctionné.
  • Les sociétés souhaitant recourir à ces navires devront obtenir des licences individuelles du Département du Trésor américain.
  • Le secrétaire à l'Énergie Chris Wright a confirmé la discussion dans une allocution vidéo au Congrès mondial du pétrole à Riyad.
  • Le Département américain de l'Énergie assure qu'un tel assouplissement n'aiderait pas la Russie à transporter son pétrole ou ses produits pétroliers.
  • Trump avait déjà temporairement levé les sanctions sur le diesel russe (jusqu'au 7 avril 2027 d'après la licence du Trésor), une décision critiquée par Zelensky, des pays européens et des sénateurs républicains.

Pourquoi c’est important

Un assouplissement des sanctions sur la flotte fantôme pourrait rebattre les flux mondiaux du transport pétrolier et faire baisser les tarifs de fret, qui ont rendu le brut américain trop cher pour les raffineurs asiatiques. Il survient peu après la levée temporaire des sanctions sur le diesel russe, qui a été dénoncée comme un cadeau financier à Moscou en pleine guerre contre l'Ukraine. Le sujet est politiquement sensible à l'approche des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, dans un contexte de prix élevés du pétrole et du carburant. Des analystes et acteurs du secteur maritime doutent toutefois de l'efficacité réelle de la mesure, en raison de l'âge des navires et des contraintes parallèles imposées par les sanctions de l'UE et du Royaume-Uni.

Ce qui s’est passé

L'administration du président américain Donald Trump examine la possibilité d'assouplir les sanctions contre les navires de la « flotte fantôme » qui ont servi à transporter du pétrole et des produits pétroliers en provenance de Russie, d'Iran, du Venezuela et d'autres pays. La discussion a été confirmée par le secrétaire à l'Énergie Chris Wright dans une allocution vidéo au Congrès mondial du pétrole à Riyad. Washington cherche ainsi à faire baisser les tarifs mondiaux du fret maritime, portés à des niveaux record par les conflits en Ukraine et autour de l'Iran, et à faciliter les exportations de brut et de produits pétroliers du Golfe persique. Les navires concernés ne pourraient être utilisés que pour acheminer du pétrole « légal », non soumis aux sanctions américaines, à l'exclusion du brut russe et iranien. Les sociétés souhaitant recourir à ces navires devront obtenir au cas par cas une licence spéciale du Département du Trésor. Le Département de l'Énergie a affirmé qu'un tel assouplissement n'aiderait pas la Russie à transporter son pétrole ou ses produits pétroliers. Quelques jours plus tôt, le 9 octobre, Trump avait annoncé son accord avec Vladimir Poutine sur la livraison de centaines de milliers de tonnes de diesel russe aux marchés mondiaux pour faire baisser les prix avant les élections de mi-mandat, et le Trésor américain avait délivré une licence autorisant la vente, la livraison, le déchargement et la réimportation de diesel d'origine russe jusqu'au 7 avril 2027.

Là où les récits divergent

Les sources divergent d'abord sur la durée exacte de la levée des sanctions américaines sur le diesel russe : la plupart des rapports et la licence du Trésor indiquent le 7 avril 2027, tandis qu'une formulation ne mentionne que le 7 avril sans année. Plus profondément, plusieurs médias ukrainiens laissent entendre que l'assouplissement des sanctions sur la flotte fantôme pourrait faciliter le transport du diesel russe, alors que le Département américain de l'Énergie et d'autres sources affirment que la mesure ne concernerait que du pétrole « légal » non soumis aux sanctions et n'aiderait pas la Russie à exporter son brut ou ses produits.

Contexte

Au début du mois d'octobre, Trump a temporairement levé les sanctions américaines sur le diesel russe, un choix critiqué par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, par plusieurs pays européens et par certains sénateurs républicains, qui y ont vu un cadeau à Vladimir Poutine et une source de revenus supplémentaires pour financer la guerre. Les tarifs de fret des tankers ont atteint des niveaux record sur fond de conflits liés à l'Iran et à l'Ukraine, alimentant l'inflation et poussant les raffineurs asiatiques à se tourner vers le Moyen-Orient et l'Amérique latine pour leurs approvisionnements. Début octobre, le Royaume-Uni a sanctionné huit navires impliqués dans les exportations russes de GNL — trois navires de la flotte fantôme, deux navires de soutage et trois navires russes de classe glaciaire —, et l'UE prévoit d'élargir sa mission navale en Méditerranée contre la flotte fantôme russe, une menace soulignée par la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas en raison des risques de marée noire près des côtes européennes. L'Ukraine a par ailleurs déclaré qu'elle pourrait considérer les navires de la flotte fantôme russe comme des objets militaires, une position formulée par le vice-Premier ministre chargé de la reconstruction.