Le Congrès américain adopte une loi sur des droits de douane de 100 % contre les acheteurs d'énergie russe
Le Congrès américain a approuvé une loi imposant des droits de douane pouvant aller jusqu'à 100 % sur les importations en provenance des pays qui figurent parmi les cinq plus gros acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes, ou qui contribuent à contourner les sanctions énergétiques. Le texte, hérité du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé, a été envoyé au président Donald Trump pour signature. D'après le commissaire présidentiel ukrainien à la politique des sanctions, Vladyslav Vlasyuk, la Chine, l'Inde et la Turquie pourraient être directement visées.
L'essentiel
- Loi adoptée par le Congrès le 17 septembre, transmise à Trump pour signature "dans les jours à venir" (Maison-Blanche).
- Droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les importations des cinq plus gros acheteurs de brut et de gaz russes et des pays facilitant le contournement des sanctions.
- Texte à l'origine déposé en avril 2025 par le sénateur Lindsey Graham (républicain) et Richard Blumenthal (démocrate) avec un taux de 500 %, ramené à 100 % dans la version finale.
- Volodymyr Zelensky s'est entretenu le 29 juillet avec 60 sénateurs américains pour évoquer les sanctions contre la Russie.
- Sur les huit premiers mois de 2026, la Chine a importé 585 millions de barils de brut russe, l'Inde 453 millions et la Turquie 44 millions, selon Vlasyuk.
- Vlasyuk cite également la Hongrie et la Slovaquie comme pays susceptibles d'être ajoutés à la liste.
- Le président américain peut lever les droits de douane sous réserve de l'approbation du Congrès.
- En parallèle, l'UE a adopté une interdiction progressive du gaz russe : fin des contrats long terme de GNL au 1er janvier 2027 et du gazoduc au 30 septembre 2027.
Pourquoi c’est important
Cette loi cible les plus gros acheteurs restants d'exportations énergétiques russes et menace directement leurs relations commerciales avec les États-Unis. La Chine, l'Inde et la Turquie — trois des principaux importateurs actuels de brut russe — sont les premières concernées. La portée réelle dépendra toutefois de la manière dont l'administration Trump utilisera les prérogatives accordées par le texte, celui-ci prévoyant une clause de renonciation présidentielle sous réserve d'approbation du Congrès. La baisse du taux de 500 % à 100 % entre le dépôt initial du texte et sa version finale montre qu'il s'agit d'un compromis négocié.
Ce qui s’est passé
Le Congrès américain a approuvé le 17 septembre une loi imposant des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les importations en provenance des pays restant parmi les cinq plus grands acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes, ou aidant à contourner les sanctions énergétiques. Le texte, transmis au président Donald Trump pour signature, est issu d'un projet déposé en avril 2025 par le sénateur républicain Lindsey Graham, décédé, et le sénateur démocrate Richard Blumenthal. Sa version initiale proposait des droits automatiques de 500 % ; la version finale les a ramenés à 100 %. La Maison-Blanche a indiqué que Trump signerait le texte « dans les jours à venir ». Le commissaire présidentiel ukrainien à la politique des sanctions, Vladyslav Vlasyuk, a commenté la loi pour Ukrinform. Il a souligné que la Chine, l'Inde et la Turquie pourraient être visées, tout en évoquant la possibilité d'inclure également la Hongrie et la Slovaquie. Le texte prévoit des exemptions distinctes et permet au président de renoncer aux droits de douane sous réserve de l'approbation du Congrès.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes — Ukrinform, LIGA.net, Forbes Ukraine et Suspilne Novyny — présentent la loi comme un outil destiné à limiter la capacité de la Russie à financer la guerre contre l'Ukraine. Elles s'appuient largement sur les explications de Vladyslav Vlasyuk, commissaire présidentiel à la politique des sanctions, et relient l'adoption du texte à la rencontre du 29 juillet entre Volodymyr Zelensky et 60 sénateurs américains. La couverture détaille les volumes de brut russe importés par la Chine (585 millions de barils), l'Inde (453 millions) et la Turquie (44 millions) sur les huit premiers mois de 2026, ainsi que les flux de produits raffinés vers la Russie transitant par l'Inde, le Maroc, la Turquie et l'Égypte.
Là où les récits divergent
Une source désigne l'initiateur du projet de loi comme « Sergei Lindsey Graham », tandis que les autres l'identifient uniquement comme Lindsey Graham, décédé. Par ailleurs, certains articles formulent le taux initial du projet comme « 500 % automatiques », là où d'autres le présentent simplement comme « 500 % » ; le chiffre lui-même est cohérent entre les sources.
Contexte
Le projet de loi avait été déposé en avril 2025 par le sénateur républicain Lindsey Graham et le sénateur démocrate Richard Blumenthal, dans une version prévoyant des droits de douane automatiques de 500 %. Parallèlement, l'UE a adopté une interdiction progressive des importations de gaz russe : la date butoir pour le GNL sous contrats long terme est fixée au 1er janvier 2027 et celle pour le gazoduc au 30 septembre 2027. Entre janvier et août 2026, plusieurs pays de l'UE ont continué d'importer du GNL russe — 4,3 millions de tonnes pour la France, 3,06 millions pour la Belgique et 2,77 millions pour l'Espagne. Des flux de produits raffinés vers la Russie ont également persisté via des pays tiers : 673 000 barils d'essence depuis l'Inde, 325 000 depuis le Maroc, 309 000 depuis la Turquie et 186 000 barils de diesel depuis l'Égypte au cours des huit premiers mois de 2026.