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Au moins 12 pétroliers du « shadow fleet » russe utilisent des dispositifs identiques pour falsifier leur position en mer Noire

Au moins 12 pétroliers sous sanctions opérant en mer Noire ont utilisé des dispositifs identiques pour transmettre par AIS des coordonnées falsifiées, certains paraissant simultanément à deux endroits différents. Selon des experts, il s'agit d'une manœuvre coordonnée visant à échapper aux frappes ukrainiennes et aux sanctions occidentales. Presque tous les navires concernés sont passés sous pavillon russe au cours de l'année écoulée.

L'essentiel

  • Au moins 12 pétroliers sous sanctions ont transmis via AIS des coordonnées falsifiées identiques, faisant apparaître leur position inchangée alors qu'ils se trouvaient à des centaines de milles.
  • Six d'entre eux ont émis simultanément deux jeux de coordonnées différentes, semblant se trouver à deux endroits à la fois.
  • Le 27 août, le pétrolier russe Pirop indiquait se trouver près du Bosphore tout en transmettant une position située à environ 800 km, près de la côte turque.
  • Les données de localisation de tous les navires utilisant ces dispositifs se sont figées au même moment, à 08:13 UTC.
  • Presque tous ces pétroliers du « shadow fleet » observés en mer Noire sont passés sous pavillon russe au cours de l'année écoulée.
  • Plus de 80 navires sont passés sous pavillon russe entre juillet et septembre, selon la société Windward.
  • Windward estime la taille du « shadow fleet » à 1 229 navires de plus de 20 000 tonnes de port en lourd, dont plus des trois quarts sont sous sanctions américaines, britanniques ou européennes.

Pourquoi c’est important

Ce comportement marque une nouvelle escalade dans l'évasion des sanctions et la falsification des positions par le « shadow fleet » russe, suggérant un schéma coordonné plutôt que des actes isolés. Il montre comment l'infrastructure maritime d'exportation de pétrole russe s'adapte à la pression combinée des frappes de drones marins ukrainiens et d'une application plus active des sanctions par l'UE. Le passage sous pavillon russe et le renommage des navires par des noms de pierres précieuses russes indiquent que Moscou resserre son contrôle direct sur sa flotte. Enfin, la falsification des données AIS mine la transparence du transport maritime mondial et complique le suivi des flux de pétrole sanctionnés qui financent la guerre contre l'Ukraine.

Ce qui s’est passé

Au moins 12 pétroliers sous sanctions opérant en mer Noire ont utilisé des dispositifs identiques pour transmettre par le système d'identification automatique (AIS) des coordonnées falsifiées, donnant l'impression que leur position restait inchangée alors qu'ils se trouvaient à des centaines de milles. Au cours des derniers mois, six de ces navires ont simultanément émis deux jeux de coordonnées différents, apparaissant à deux endroits à la fois sur les cartes. Le 27 août, le pétrolier russe Pirop signalait sa présence près du Bosphore tout en transmettant une position située à environ 800 km, près de la côte turque. Toutes les données de localisation des navires utilisant ces dispositifs se sont figées au même moment, à 08:13 UTC, et les coordonnées transmises étaient parfaitement identiques, alors qu'elles varient normalement légèrement à cause du mouvement sur l'eau. Presque tous les navires concernés sont passés sous pavillon russe au cours de l'année écoulée ; un seul est resté sous pavillon de la Guinée équatoriale, avec une conformité validée par le Registre maritime russe de la navigation.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les deux articles ukrainiens consultados présentent cette falsification comme une adaptation russe conçue spécifiquement pour échapper aux attaques ukrainiennes en mer Noire. Ils mettent en avant la menace que ce comportement fait peser sur la capacité de l'Ukraine à perturber les exportations de pétrole russe et insistent sur le fait qu'il s'agit d'un nouvel effort de Moscou pour financer la guerre malgré la pression occidentale et ukrainienne. Kyiv a d'ailleurs indiqué fin septembre que les forces ukrainiennes avaient frappé plus de 300 navires russes sur une période de onze semaines.

Contexte

Les navires du « shadow fleet » russe manipulent les données AIS depuis le début de la guerre à grande échelle pour masquer leurs cargaisons de pétrole et préserver leurs revenus malgré les sanctions occidentales. La plupart des pétroliers concernés sont passés sous pavillon russe au cours de l'année écoulée, les soumettant aux règles maritimes russes, et beaucoup ont été équipés de filets et de structures métalliques pour se protéger des attaques de drones. La société Windward estime la taille du « shadow fleet » à 1 229 navires de plus de 20 000 tonnes de port en lourd, dont plus des trois quarts sont sous sanctions américaines, britanniques ou européennes ; plus de 80 navires seraient passés sous pavillon russe entre juillet et septembre. En été, plus de trente pétroliers du « shadow fleet » ont été renommés d'après des pierres précieuses en russe — « Gagat », « Labrador » et « Saphir » notamment — quelques jours à peine après leur changement de pavillon.