3 septembre 2026 · Mis à jour le 4 septembre 2026

Les auditeurs de l'UE jugent l'objectif de défense 2030 difficile à atteindre

La Cour des comptes européenne a publié un rapport avertissant que l'Union européenne reste dépendante des États-Unis et confrontée à des systèmes de défense nationaux fragmentés, rendant difficile l'atteinte de sa propre préparation de défense d'ici 2030. Entre février 2022 et juin 2023, 78 % des achats de défense des gouvernements de l'UE ont été effectués hors du bloc, dont 63 % aux États-Unis. Les dépenses de défense des pays de l'UE ont néanmoins augmenté de 79 % entre 2020 et 2025.

L'essentiel

  • La Cour des comptes européenne (CCE) a publié un rapport jugeant difficile l'objectif de préparer la défense de l'UE d'ici 2030.
  • Entre février 2022 et juin 2023, 78 % des achats de défense des pays de l'UE ont eu lieu hors du bloc.
  • Les États-Unis ont représenté 63 % de ces achats extracommunautaires sur la même période.
  • Les dépenses de défense des pays de l'UE ont augmenté de 79 % entre 2020 et 2025.
  • L'objectif de préparer la défense de l'UE d'ici 2030 a été fixé après des avertissements des services de renseignement selon lesquels la Russie pourrait être prête pour une grande guerre en Europe vers cette date.
  • Les auditeurs citent la fragmentation des systèmes nationaux et les goulets d'étranglement industriels comme causes principales des difficultés.
  • L'audit a été dirigé par le membre de la CCE Marek Opiola.

Pourquoi c’est important

Le rapport remet directement en question la capacité de l'UE à se préparer de manière crédible à une menace militaire majeure d'ici 2030, un horizon désormais soutenu par les agences européennes de renseignement. Il met en évidence une dépendance structurelle aux États-Unis — 63 % des achats de défense extracommunautaires des pays de l'UE entre février 2022 et juin 2023 — tout en documentant une hausse réelle de 79 % des dépenses de défense entre 2020 et 2025. Il illustre aussi des échecs concrets d'intégration, comme l'abandon par la France et l'Allemagne d'un projet commun de chasseur de 100 milliards d'euros. Enfin, il se connecte directement aux besoins immédiats de l'Ukraine, Kiev demandant une dérogation aux règles « Acheter européen » pour acheter des intercepteurs américains Patriot grâce à une partie d'un crédit européen de 90 milliards d'euros.

Ce qui s’est passé

La Cour des comptes européenne a publié un rapport concluant que l'aptitude de l'UE à répondre à une invasion étrangère d'ici 2030 reste douteuse, en raison d'une dépendance continue aux États-Unis et de la fragmentation des systèmes de défense nationaux. Entre février 2022 et juin 2023, 78 % des achats de défense des gouvernements de l'UE ont été effectués hors du bloc, dont 63 % aux États-Unis. Les auditeurs ont jugé justifiés les achats d'armements américains au début de l'invasion russe à grande échelle, tout en soulignant la nécessité, à long terme, de développer la production de défense de l'UE. Le rapport documente néanmoins une hausse de 79 % des dépenses de défense des pays de l'UE entre 2020 et 2025. Il cite comme exemples concrets de fragmentation l'abandon par la France et l'Allemagne d'un projet commun de chasseur de 100 milliards d'euros, ainsi que la livraison à l'Ukraine d'un million d'obus d'artillerie achevée en novembre 2024, avec huit mois de retard. L'audit a été dirigé par le membre de la CCE Marek Opiola.

Contexte

L'objectif de préparer la défense de l'UE d'ici 2030 a été fixé en réponse à des avertissements des services de renseignement indiquant que la Russie pourrait être prête pour une guerre à grande échelle en Europe à cette échéance, et a été établi l'année précédant le rapport. Les pays de l'UE ont achevé en novembre 2024 leur promesse d'envoyer un million d'obus d'artillerie à l'Ukraine, avec huit mois de retard. Les règles « Acheter européen » de l'UE pour les dépenses de défense communes définissent largement l'industrie européenne, en incluant les producteurs d'États étroitement liés comme l'Ukraine et la Norvège. Après une série de frappes russes de missiles et de drones sur l'Ukraine, Kiev a demandé cette semaine une dérogation à ces règles afin d'utiliser une partie d'un crédit européen de 90 milliards d'euros pour acheter des intercepteurs américains Patriot. La Cour des comptes est dirigée, pour cet audit, par le membre Marek Opiola.