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Émissaires américains à Kyiv : trois rounds de pourparlers, aucune percée annoncée

Les envoyés spéciaux américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus à Kyiv le 6 septembre, premier déplacement en Ukraine depuis le début des négociations en février 2025, un jour après plus de trois heures d'entretiens à Moscou avec Vladimir Poutine. Trois rounds de pourparlers ont eu lieu, dont le second avec les conseillers à la sécurité nationale des E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni). Aucune percée concrète n'a été annoncée et le contenu de la proposition américaine n'a pas été divulgué. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'a pas exclu un retour au format trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie tout en jugeant prématuré d'en parler.

L'essentiel

  • 6 septembre : Witkoff et Kushner sont arrivés à Kyiv par train, premier déplacement en Ukraine depuis le début des négociations en février 2025.
  • Trois rounds de pourparlers se sont tenus le 6 septembre ; les conseillers à la sécurité nationale des E3 ont rejoint le deuxième round.
  • Les émissaires ont publiquement appelé à un retour au format trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie.
  • Aucune percée concrète n'a été annoncée et le contenu de la proposition américaine n'a pas été divulgué.
  • Peskov a qualifié toute avancée de « petit pas vers la paix » et a jugé prématuré de discuter du lieu et de la date d'un éventuel format trilatéral.
  • La Russie contrôlerait environ 75 % du Donbass selon le rapport.
  • Des sources proches des pourparlers jugent improbable la fin de la guerre avant l'hiver.

Pourquoi c’est important

Ce déplacement était le premier des principaux négociateurs de Donald Trump en Ukraine depuis le lancement des négociations en février 2025, après que Witkoff eut déjà effectué huit voyages à Moscou. Pour la première fois, les conseillers à la sécurité nationale des E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) ont participé en personne à un round à Kyiv, élargissant le format au-delà des contacts bilatéraux Washington–Moscou. Les émissaires ont publiquement appelé à un retour au format trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie, signalant un changement de structure de la négociation. Malgré trois rounds jugés « très substantiels » par Zelensky, aucune percée concrète n'a été annoncée et la proposition américaine reste confidentielle, tandis que des sources proches des pourparlers jugent improbable la fin de la guerre avant l'hiver et que la Russie est attendue pour intensifier ses frappes sur les infrastructures critiques ukrainiennes.

Ce qui s’est passé

Le 5 septembre, les envoyés spéciaux du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou pendant plus de trois heures. Le lendemain, 6 septembre, ils sont arrivés à Kyiv par train — Zelensky ayant indiqué que les aéroports ukrainiens avaient été préparés pour les accueillir mais que les frappes russes avaient empêché le transport aérien. Le lieu initialement annoncé au palais Mariinski a été déplacé sur la place Sofiïvska (cathédrale Sainte-Sophie) et repoussé de deux heures sans explication officielle ; une visite rapide de la cathédrale a précédé les discussions.

Trois rounds de pourparlers se sont tenus le 6 septembre. Le deuxième round a été rejoint par les conseillers à la sécurité nationale des E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), élargissant le format. Côté ukrainien, la délégation comprenait Kyrylo Boudanov (ceur de l'Administration présidentielle), Roustem Oumerov (ceur du Service de renseignement extérieur), Davyd Arakhamia (ceur de la faction Serviteur du peuple) et Serhiy Kyslytsia (premier adjoint du ceur de l'Administration présidentielle).

Witkoff a déclaré que la délégation avait entendu à Moscou « des idées nouvelles qui n'avaient pas fonctionné auparavant » et les avait transmises à Kyiv, et que les envoyés souhaitaient revenir à un format trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie. Kushner a indiqué que Trump visait non seulement la fin de la guerre mais aussi les conditions d'une paix durable et des investissements en Ukraine, et a ajouté que mettre fin au conflit avant l'hiver n'était « pas garanti ». Zelensky a qualifié les trois rounds de « très substantiels », a présenté à Arakhamia un t-shirt « Kyiv Regime » — assortis à ceux préparés pour Witkoff et Kushner, qui ont souri — et a déclaré que la position de l'Ukraine sur le Donbass restait inchangée, la question devant être discutée « au niveau des dirigeants ». Aucun détail nouveau sur la proposition américaine n'a été divulgué et aucune percée concrète n'a été annoncée.

Le 7 septembre, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov n'a pas exclu un rapprochement de la paix, qualifiant toute tentative de « petit pas vers la paix », et n'a pas écarté la reprise du format trilatéral tout en jugeant prématuré d'en préciser le lieu et la date. Le train des émissaires partant de Kyiv a été affiché sur le tableau de départ d'Ukrzaliznytsia sous le nom « Peace Express ». Selon le Kyiv Independent, Donald Trump prévoyait des entretiens téléphoniques séparés avec Poutine puis avec Zelensky après le retour de ses émissaires.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La presse ukrainienne a mis l'accent sur les détails symboliques et logistiques de la visite — le train « Peace Express », la place Sofiïvska, la visite de la cathédrale Sainte-Sophie, les t-shirts « Kyiv Regime » et les mèmes sur un « dôme américain au-dessus de Kyiv » — soulignant la dimension scénique de l'accueil de la délégation américaine à Kyiv. Plusieurs médias ukrainiens relaient la déclaration de Zelensky selon laquelle les frappes russes ont forcé la délégation à venir en train plutôt qu'en avion, mettant en avant une dimension sécuritaire. La participation des conseillers E3 au deuxième round est présentée comme la preuve d'une intégration plus étroite des Européens dans le format de négociation, et la qualification par Zelensky des trois rounds comme « très substantiels » est largement reprise.

Ce qu’en disent les sources internationales

L'article en français (Le Monde / fil AFP) et le fil en anglais de l'agence azerbaïdjanaise (APA) présentent la visite principalement comme un déplacement longtemps attendu mais sans résultat concret, soulignant l'absence de percée annoncée et la non-divulgation du contenu de la proposition américaine. La couverture internationale met en avant l'évaluation de sources proches des discussions selon laquelle la guerre ne finira probablement pas avant l'hiver et la conclusion de l'ISW (Institute for the Study of War) estimant que Poutine n'est pas disposé à faire des compromis substantiels — présentant l'arrêt à Kyiv comme l'un des volets d'un schéma plus large de négociations au point mort. Les médias étrangers insistent sur l'appel public des émissaires à un retour au format trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie et sur la perspective d'entretiens téléphoniques séparés TrumpPoutine puis TrumpZelensky après le retour des envoyés.

Là où les récits divergent

Les sources ne s'accordent pas sur la nature des propositions apportées à Kyiv : Witkoff et Zelensky ont parlé de « nouvelles idées » entendues à Moscou et proposées à Kyiv, tandis que le Financial Times rapporte que les émissaires n'ont apporté que des versions actualisées de documents antérieurs, sans idées fondamentalement nouvelles, cherchant surtout à resserrer les positions entre Kyiv et Moscou. L'éventualité d'une fin de la guerre avant l'hiver divise également : Kushner a affirmé que les États-Unis y travaillaient sans le garantir, là où des sources proches des pourparlers ont conclu que la guerre ne prendrait probablement pas fin avant l'hiver. Le ton de la rencontre à Moscou prête lui aussi à des lectures divergentes : Kushner l'a qualifiée de « constructive et substantielle » et Witkoff de « très significative », tandis que le porte-parole du Kremlin Peskov s'est refusé à dire que les discussions rapprochaient de la paix, évoquant de simples « petits pas ». Enfin, sur le choix du train plutôt que de l'avion, Zelensky a imputé la chose aux frappes russes empêchant le transport aérien, quand la délégation américaine n'a pas publiquement confirmé ni contesté ce cadrage.

Contexte

Plusieurs éléments contextuels entourent la visite. Witkoff et Kushner ont voyagé à Kyiv et en sont repartis en train, non en avion ; Zelensky a déclaré que les aéroports ukrainiens avaient été préparés pour les accueillir, mais que les frappes russes avaient empêché l'usage du transport aérien. Le lieu initialement annoncé au palais Mariinski a été déplacé sur la place Sofiïvska (cathédrale Sainte-Sophie) et repoussé de deux heures sans explication officielle. Au départ du train, Ukrzaliznytsia a affiché « Peace Express » sur le tableau ; une visite rapide de la cathédrale Sainte-Sophie a précédé les discussions. La délégation ukrainienne comprenait Kyrylo Boudanov (ceur de l'Administration présidentielle), Roustem Oumerov (ceur du Service de renseignement extérieur), Davyd Arakhamia (ceur de la faction Serviteur du peuple) et Serhiy Kyslytsia (premier adjoint du ceur de l'Administration présidentielle). Zelensky a montré à Arakhamia un t-shirt « Kyiv Regime », en disant que des exemplaires identiques l'étaient pour Witkoff et Kushner, qui ont souri ; pendant la visite, les alertes aériennes à Kyiv se sont tues, donnant lieu sur les réseaux sociaux à des plaisanteries sur un « dôme américain au-dessus de Kyiv ». Après les discussions, Zelensky a évoqué avec le groupe de négociation les besoins en défense aérienne, la coopération technologique et un « paquet hiver », et s'est entretenu en tête-à-tête avec Witkoff et Kushner. L'ISW a conclu après les visites que Poutine n'était pas disposé à des compromis substantiels et que ses exigences dépassaient l'ensemble de l'oblast de Donetsk ; selon le rapport, la Russie contrôlerait environ 75 % du Donbass.