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Zelensky accuse la Chine d'aider la Russie à bâtir un réseau satellite analogue à Starlink

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré au Financial Times que la Chine aide la Russie à construire le réseau satellite « Рассвет » (« Aube »), présenté comme un analogue de Starlink, et qu'il a demandé à plusieurs reprises au président américain Donald Trump de sanctionner les entreprises impliquées dans ce projet. Selon lui, le système pourrait devenir opérationnel fin 2026 ou début 2027 et améliorer la précision des frappes aériennes russes. Zelensky a également indiqué avoir demandé à Trump d'autoriser l'Ukraine à utiliser des drones équipés de Starlink pour frapper des cibles militaires jusqu'à 200 km à l'intérieur de la Russie, proposition que Trump aurait dite soutenir tout en laissant la décision à Elon Musk.

L'essentiel

  • Zelensky affirme que la Chine aide la Russie à mettre sur pied le réseau satellite « Рассвет », conçu comme un analogue de Starlink.
  • Il a dit avoir demandé « plusieurs fois » à Donald Trump des sanctions contre les entreprises russes et chinoises liées au projet.
  • La question a été évoquée pour la dernière fois en septembre, à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
  • Zelensky prévient que « Рассвет » pourrait devenir opérationnel fin 2026 ou début 2027 et renforcer la précision des frappes russes.
  • L'Ukraine a officiellement demandé le 1er octobre des sanctions américaines contre des entreprises et personnes impliquées dans le projet.
  • La Russie a placé 32 satellites de « Рассвет » en orbite, avec des lancements en mars et le 20 juillet depuis le cosmodrome de Plessetsk par la société Bureau 1440.
  • L'expert militaire Rob Lee juge « Рассвет » inférieur à Starlink mais utilisable pour relayer la vidéo de drones vers des postes de commandement, voire pour contrôler des drones au-delà de l'Ukraine.

Pourquoi c’est important

Cette déclaration élargit la liste des contributions chinoises présumées à l'effort de guerre russe, en y ajoutant un système de communications par satellite destiné à offrir à Moscou une alternative souveraine à Starlink. Une décision américaine sur les sanctions demandées par Kyiv pourrait affecter directement le calendrier et la portée du projet. Un réseau contrôlé par la Russie pourrait, selon les experts, améliorer la précision des frappes aériennes russes et étendre la portée de contrôle des drones russes, y compris, selon l'un d'eux, jusqu'au territoire des partenaires de l'Ukraine. La demande parallèle de Zelensky — autoriser des frappes ukrainiennes avec des drones Starlink jusqu'à 200 km à l'intérieur de la Russie — met en lumière un débat sur l'escalade, le rôle d'Elon Musk et les limites de l'aide américaine, et Zelensky la présente comme susceptible de déboucher sur une « vraie désescalade » et un retour à la table des négociations avec Poutine.

Ce qui s’est passé

Dans un entretien au Financial Times rapporté notamment par « European Truth » de Ukrainska Pravda, le président Volodymyr Zelensky a affirmé que la Chine aide la Russie à mettre sur pied « Рассвет », un réseau de communications par satellite conçu comme un équivalent de Starlink. Il a dit avoir demandé « plusieurs fois » au président américain Donald Trump des sanctions contre les entreprises russes et chinoises participant au projet, et avoir soulevé la question pour la dernière fois en septembre, à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Selon Zelensky, « Рассвет » pourrait devenir opérationnel fin 2026 ou début 2027 et permettre à la Russie d'améliorer la précision de ses frappes aériennes contre l'Ukraine. Il a également déclaré avoir demandé à Trump d'autoriser l'Ukraine à utiliser des drones équipés de Starlink pour frapper des lanceurs de missiles balistiques et des sites de lancement de drones jusqu'à 200 km à l'intérieur de la Russie, proposition que Trump aurait dite soutenir tout en laissant la décision à Elon Musk. Le vice-chef de la mission de l'ambassade d'Ukraine à Washington, Denys Senyk, avait déjà annoncé le 1er octobre que l'Ukraine sollicitait des sanctions américaines contre des entreprises et particuliers russes liés à « Рассвет ». La Russie a placé 32 satellites de ce système en orbite, avec des lancements en mars et le 20 juillet depuis le cosmodrome de Plessetsk, opérés par la société russe Bureau 1440. Le conseiller présidentiel ukrainien Serhii Beskrestnov (Flash) a estimé qu'il faudrait 12 à 15 lancements du Soyuz-2.1b — qui emporte 20 satellites par tir — pour constituer une constellation de base, et que la plupart de ses composants, à l'exception des moteurs, sont produits par l'entreprise Progress, ciblée par les missiles ukrainiens Flamingo. L'expert en communications satellitaires Volodymyr Stepanets a indiqué le 1er août que les satellites de « Рассвет » offrent au moins deux « fenêtres de communication » par jour au-dessus de l'Ukraine, chacune durant plus d'une heure. L'expert militaire du Foreign Policy Research Institute Rob Lee juge « Рассвет » inférieur à Starlink en efficacité, mais utilisable pour relayer la vidéo de drones vers des postes de commandement, pour des drones terrestres, navals et de frappe à moyenne portée, et considère que le réseau pourrait théoriquement permettre à la Russie de contrôler des drones au-delà du territoire ukrainien. Le ministère chinois des Affaires étrangères, le Kremlin et la Maison-Blanche n'ont pas répondu aux demandes de commentaire du FT ; Pékin a déjà nié les accusations de Zelensky selon lesquelles il fournirait des armes à l'armée russe. La Bundeswehr allemande a mis en garde contre la menace que représenterait cette alternative à Starlink, et le président finlandais Alexander Stubb a demandé à Elon Musk d'étendre la couverture Starlink en Ukraine pour permettre des frappes contre les lanceurs de missiles balistiques russes. Selon la synthèse, Donald Trump a récemment pressé Zelensky de cesser les frappes de drones ukrainiens sur les raffineries russes, qui, selon lui, font monter les prix du diesel aux États-Unis.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Tous les articles fournis proviennent de médias ukrainiens et sont centrés sur le récit livré par Zelensky : l'aide chinoise à la Russie, la demande de sanctions adressée à Washington et la menace que « Рассвет » ferait peser sur l'Ukraine. Ils apportent des détails techniques absents de la couverture internationale : la déclaration du 1er octobre du vice-chef de la mission de l'ambassade d'Ukraine à Washington Denys Senyk, le lancement du 20 juillet par la société russe Bureau 1440, le cosmodrome de Plessetsk, et l'estimation du conseiller présidentiel Serhii Beskrestnov (Flash) sur le nombre de lancements de Soyuz-2.1b nécessaires pour une constellation de base. Ils mettent également en avant des évaluations internes et alliées de la menace, notamment l'analyse de Rob Lee et le rapport de Stepanets sur les fenêtres de communication quotidiennes au-dessus de l'Ukraine, présentant « Рассвет » avant tout comme un danger pour l'Ukraine et pour les capacités de frappe par drone.

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur la formulation de l'échéance opérationnelle citée par Zelensky : « fin 2026 / début 2027 » dans certaines, formulation plus vague « fin de cette année ou début de l'année prochaine » dans d'autres, les deux étant compatibles avec fin 2026 / début 2027. Elles divergent aussi sur le rôle attribué à Elon Musk dans la demande d'utilisation de Starlink pour des frappes : Zelensky dit que Trump lui a rapporté que la décision dépendait de Musk, tandis que le Financial Times rapporte que Musk n'est pas opposé à une telle utilisation mais considère qu'il s'agit d'une décision politique relevant de l'administration américaine. Enfin, certains comptes-rendus précisent que Zelensky a demandé des sanctions contre des entreprises russes et chinoises, tandis que d'autres présentent la demande comme visant uniquement des entités russes.

Contexte

La Russie a placé 32 satellites du système « Рассвет » en orbite, avec des lancements en mars et le 20 juillet depuis le cosmodrome de Plessetsk, réalisés par la société russe Bureau 1440. Les forces russes ont déjà utilisé Starlink pour piloter certains drones d'attaque, dont les « Молнія » et « Італмас » BM-35, avant que leur accès au système à cette fin ne soit limité. Selon le conseiller présidentiel Serhii Beskrestnov (Flash), il faudrait 12 à 15 lancements du Soyuz-2.1b — qui emporte 20 satellites par tir et dont la plupart des composants sont produits par l'entreprise Progress, ciblée par les missiles ukrainiens Flamingo — pour constituer une constellation de base. L'expert en communications satellitaires Volodymyr Stepanets a indiqué le 1er août que les satellites de « Рассвет » offrent au moins deux fenêtres de communication par jour au-dessus de l'Ukraine, chacune durant plus d'une heure. Le ministère chinois des Affaires étrangères, le Kremlin et la Maison-Blanche n'ont pas répondu aux demandes de commentaire du FT ; Pékin a déjà nié les accusations de Zelensky selon lesquelles il fournirait des armes à l'armée russe. La Bundeswehr allemande a mis en garde contre la menace d'une alternative à Starlink que cherche à créer la Russie, et le président finlandais Alexander Stubb a demandé à Elon Musk d'étendre la couverture Starlink en Ukraine pour permettre des frappes contre les lanceurs de missiles balistiques russes. Selon la synthèse, Donald Trump a récemment pressé Zelensky de cesser les frappes de drones ukrainiens sur les raffineries russes, qui, selon lui, font monter les prix du diesel aux États-Unis.