Zelensky rencontre Trump à New York : cessez-le-feu énergétique, trilateral et Xi Jinping au menu
Le 22 septembre, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rencontré le président américain Donald Trump pendant environ une heure. Zelensky a proposé un cessez-le-feu réciproque sur les infrastructures énergétiques, demandé à Trump d'impliquer le dirigeant chinois Xi Jinping et d'organiser un sommet trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie. Trump s'est dit « positivement disposé » à délivrer des licences pour la production de missiles Patriot en Ukraine, sans engagement concret sur la livraison d'intercepteurs.
L'essentiel
- La rencontre Zelensky–Trump s'est tenue le 22 septembre à New York, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU, et a duré environ une heure.
- Les délégations étaient menées côté américain par le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner ; côté ukrainien par Kyrylo Boudanov, Roustem Oumerov, Andriy Sybiha, Davyd Arakhamia et Pavlo Palisa.
- Les États-Unis transmettront à Moscou la proposition ukrainienne de cessez-le-feu réciproque sur les infrastructures énergétiques.
- Trump s'est dit « positivement disposé » à accorder des licences pour la production ukrainienne de systèmes Patriot, sans engagement concret sur la livraison d'intercepteurs ; le lancement de la production prendrait environ un an à un an et demi.
- Zelensky a demandé à Trump d'impliquer le dirigeant chinois Xi Jinping, en visite d'État aux États-Unis du 23 au 25 septembre, dans les efforts de paix et déclaré être prêt à toute rencontre trilatérale Ukraine–États-Unis–Russie.
- Trump a affirmé que Vladimir Poutine est « prêt à se rencontrer » et qu'il est lui-même disposé à rencontrer Poutine au G20 de Miami les 14–15 décembre.
- Kremlin : le porte-parole Dmitri Peskov a rejeté la proposition de cessez-le-feu énergétique au motif d'un règlement global.
- Sur l'utilisation de Starlink pour des frappes en Russie, Trump a renvoyé Zelensky à Elon Musk.
- Zelensky a averti d'un risque « très élevé » d'attaque russe contre d'autres pays européens, y compris via une opération terrestre.
Pourquoi c’est important
Cette rencontre se situe au cœur des efforts américains pour mettre fin à la guerre russe contre l'Ukraine. Zelensky y a explicitement demandé l'organisation d'un sommet trilatéral Ukraine–États-Unis–Russie et l'engagement de Xi Jinping, dont la visite d'État du 23 au 25 septembre offre une fenêtre diplomatique. Les trois pistes discutées — cessez-le-feu énergétique, cessez-le-feu maritime/grain, format trilatéral — dessinent une éventuelle feuille de route vers une désescalade, même si le Kremlin a déjà rejeté l'idée d'un cessez-le-feu énergétique et que la production ukrainienne de Patriot prendrait au moins un an.
Ce qui s’est passé
Le 22 septembre 2025, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rencontré pendant environ une heure le président américain Donald Trump. Zelensky a qualifié la rencontre de « positive et productive ». Il a proposé un cessez-le-feu réciproque sur les infrastructures énergétiques — l'Ukraine s'abstenant de frapper les installations russes (y compris les raffineries) si Moscou cesse ses attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes — et indiqué que les États-Unis transmettraient cette proposition à la Russie. Zelensky a demandé à Trump d'impliquer le dirigeant chinois Xi Jinping, en visite d'État aux États-Unis du 23 au 25 septembre, et déclaré être prêt à toute rencontre trilatérale Ukraine–États-Unis–Russie. Trump a affirmé que Poutine était « prêt à se rencontrer » et qu'il était lui-même disposé à rencontrer Poutine au G20 de Miami en décembre. Sur les Patriot, Trump s'est dit « positivement disposé » à délivrer des licences de production en Ukraine, sans engagement concret sur la livraison d'intercepteurs ; Zelensky a indiqué que « personne n'a dit non » mais qu'aucune réponse contraignante n'avait été donnée. Zelensky a par ailleurs soulevé la question de l'utilisation de Starlink pour des frappes en Russie, à quoi Trump a répondu qu'il devait en parler à Elon Musk. Le Kremlin, via Dmitri Peskov, a rejeté le cessez-le-feu énergétique au nom d'un règlement global.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les médias ukrainiens ouvrent sur la qualification de la rencontre par Zelensky comme « positive et productive » et mettent en avant les trois pistes de négociation qu'il a identifiées : cessez-le-feu énergétique, cessez-le-feu maritime/grain et format trilatéral. Ils relaient les avertissements de Zelensky sur un risque « très élevé » d'attaque russe contre d'autres pays européens, y compris via une opération terrestre, et reprennent sa rhétorique à l'ONU qualifiant Poutine de « patient zéro ». La couverture souligne aussi l'absence des États-Unis dans la déclaration commune de 50 pays et de l'UE appelant la Russie à cesser le feu, ainsi que les réticences américaines sur les livraisons concrètes d'intercepteurs Patriot. Des analystes ukrainiens comme Volodymyr Omelchenko (Razumkov) et Vladyslav Faraponov (Institut d'études américaines) sont cités pour nuancer les positions américaines, notamment sur le lien entre frappes ukrainiennes et prix du diesel.
Ce qu’en disent les sources internationales
Les médias allemands (Der Spiegel) et qataris (Al Jazeera) reprennent largement les éléments du fil américain : cessez-le-feu « limité » sur les cibles énergétiques (DE), discussion Trump–Zelensky sur une « trêve énergétique » et un éventuel sommet trilatéral (AR). Le cadrage international s'appuie surtout sur les déclarations de Trump — les deux variantes d'accord de paix, l'affirmation que Poutine est prêt à se rencontrer, sa disponibilité pour le G20 de Miami — ainsi que sur le théâtre diplomatique de l'AGNU et la visite de Xi Jinping. Le détail technique sur Starlink/Patriot, très présent côté ukrainien, est en revanche peu mis en avant.
Là où les récits divergent
Trois divergences principales apparaissent dans la couverture. Premièrement, sur la flambée des prix du diesel aux États-Unis : Trump l'attribue en partie aux frappes de drones ukrainiens contre les raffineries russes, tandis que Zelensky et l'analyste Volodymyr Omelchenko (Razumkov Center) affirment que la cause principale est la guerre contre l'Iran et que l'action ukrainienne n'est qu'un facteur partiel. Deuxièmement, sur l'état du cessez-le-feu énergétique : Trump assure qu'un accord tenait, Zelensky répond que la trêve s'est effondrée dès le lendemain, Moscou ayant frappé des stations-service à Kyiv et l'Ukraine ayant touché une raffinerie russe. Troisièmement, sur l'avancement concret du dossier Patriot : Zelensky note que « personne n'a dit non » sur les intercepteurs mais qu'il n'y a pas d'engagement ferme, le département d'État américain a publié un avis sur la vente de moyens de défense aérienne, tandis que l'analyste Vladyslav Faraponov (Institut d'études américaines) estime qu'il n'y a pas de signal public de progrès sur la licence elle-même.
Contexte
La rencontre était la neuvième réunion complète entre Trump et Zelensky depuis le début du second mandat de Trump et a duré environ une heure ; la délégation américaine comprenait aussi le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner. Trump avait signé la veille le « Graham Law », instrument de sanctions contre la Russie, et déclaré être prêt à l'utiliser si nécessaire. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a rejeté l'idée de cessez-le-feu énergétique au nom d'un règlement global. La visite de Xi Jinping aux États-Unis du 23 au 25 septembre constituait sa première visite d'État américaine en plus de dix ans.