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L'Ukraine et la Corée du Sud en désaccord sur le transfert de deux prisonniers nord-coréens

L'Ukraine a transféré en septembre deux soldats nord-coréens capturés dans la région de Koursk à la Corée du Sud. La Corée du Sud affirme qu'un accord de confidentialité avait été conclu et qu'il a été violé lorsque le président Volodymyr Zelensky a annoncé publiquement le transfert lors de l'Assemblée générale de l'ONU le 23 septembre ; Kiev nie l'existence de tout accord de ce type.

L'essentiel

  • Deux soldats nord-coréens capturés par les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk en janvier 2025 ont été transférés en Corée du Sud à la mi-septembre 2026.
  • Les deux prisonniers ont exprimé, selon le Service national de renseignement sud-coréen (NIS), leur souhait de s'installer en Corée du Sud.
  • Le 23 septembre 2026, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le président Volodymyr Zelensky a annoncé publiquement le transfert.
  • Le 24 septembre 2026, le président sud-coréen Lee Jae-myung a accusé l'Ukraine d'avoir violé un accord de confidentialité ; la Corée du Sud a convoqué le chargé d'affaires ukrainien Andrii Veshkin.
  • La Corée du Sud affirme que l'Ukraine avait elle-même demandé la confidentialité du transfert, craignant des critiques internes liées à des échanges de prisonniers ; l'Ukraine nie l'existence d'un tel accord.
  • Le NIS sud-coréen estime qu'environ 9 000 soldats nord-coréens étaient engagés dans des opérations de surveillance dans la région de Koursk.
  • La Corée du Sud fournit à l'Ukraine une aide humanitaire mais refuse, par principe, de livrer des armes à un pays en guerre.

Pourquoi c’est important

L'incident a tendu les relations entre l'Ukraine et la Corée du Sud, partenaire qui fournit une aide humanitaire mais refuse jusqu'ici de livrer des armes à Kiev. Il montre aussi comment la présence de troupes nord-coriennes combattant aux côtés de la Russie a ouvert un canal diplomatique inédit entre Kiev et Séoul. Le NIS sud-coréen estime que Zelensky a cherché, en annonçant le transfert, à pousser Séoul à envoyer des armes, ce qui accentue les enjeux politiques de la dispute.

Ce qui s’est passé

Deux soldats nord-coréens capturés par les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk en janvier 2025 ont été transférés en Corée du Sud à la mi-septembre 2026, sans problèmes majeurs de santé à leur arrivée. Le 23 septembre, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé publiquement le transfert. Le 24 septembre, le président sud-coréen Lee Jae-myung a accusé l'Ukraine d'avoir violé un accord de confidentialité, une affirmation que Kiev rejette. La Corée du Sud a convoqué le chargé d'affaires ukrainien Andrii Veshkin pour lui faire part de ses sérieuses préoccupations. Le NIS sud-coréen a indiqué aux parlementaires que l'Ukraine avait elle-même demandé le secret du transfert, notamment pour préserver d'éventuelles négociations d'échange de prisonniers, et qu'aucune excuse ni regret n'avait été présenté par Kiev.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La presse ukrainienne relaie la suggestion du koreaniste Mykola Polishchuk, interrogé par Radio NV, selon laquelle le président Lee Jae-myung aurait eu l'intention de remettre les deux soldats à Kim Jong Un pour les exploiter dans la propagande nord-coréenne, présentant ainsi la Corée du Sud comme destinataire final du transfert. Elle met aussi en avant, en se fondant sur le NIS sud-coréen, l'affirmation que l'Ukraine aurait été la première à demander la confidentialité, déplaçant la responsabilité de la rupture vers la gestion publique qu'en a faite Séoul.

Ce qu’en disent les sources internationales

La couverture anglophone interprète l'annonce de Zelensky à l'ONU comme un geste vraisemblablement calculé pour rallier l'opinion publique et la classe politique sud-coréennes en faveur d'une aide militaire à l'Ukraine, en s'appuyant sur une évaluation du service de renseignement sud-coréen. Elle souligne surtout les conséquences diplomatiques : accusation de violation d'un accord de non-divulgation, convocation du chargé d'affaires ukrainien et risque de dégradation durable de la relation bilatérale.

Là où les récits divergent

Kiev et Séoul s'opposent sur deux points. D'une part, l'existence même d'un accord de confidentialité : la Corée du Sud affirme que l'Ukraine en a pris l'initiative et que les deux parties se sont mises d'accord pour garder le transfert secret ; l'Ukraine nie l'existence d'un tel accord. D'autre part, la Corée du Sud soutient que Kiev l'a prévenue par voie diplomatique que Zelensky comptait évoquer les prisonniers à l'ONU et lui a demandé sa compréhension, ce qui constitue selon elle une rupture supplémentaire ; l'Ukraine rejette cette lecture en l'absence, selon elle, de tout engagement de non-divulgation.

Contexte

Les deux soldats nord-coréens faisaient partie des milliers d'hommes envoyés par Pyongyang pour soutenir l'effort de guerre russe ; la Corée du Sud estime qu'environ 9 000 d'entre eux étaient engagés dans des opérations de surveillance dans la région de Koursk. Pendant leur détention en Ukraine, ils ont exprimé leur souhait de s'installer en Corée du Sud, selon le NIS. Par le passé, la Corée du Nord a présenté les défections importantes de ses ressortissants comme des enlèvements ou des incitations au départ organisés par Séoul. Enfin, la Corée du Sud suit de longue date une politique de non-livrance d'armes aux pays en guerre, ce qui explique sa retenue face à la demande ukrainienne.