Lee Jae-myung regrette que l'Ukraine ait rendu publique la remise de deux soldats nord-coréens capturés à Séoul
Le président sud-coréen Lee Jae-myung a regretté que l'Ukraine ait annoncé publiquement le transfert de deux prisonniers nord-coréens vers Séoul, estimant qu'il s'agissait d'une violation d'un accord de confidentialité. La divulgation est intervenue après que Volodymyr Zelensky eut mentionné le transfert lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agit de la première confirmation officielle du transfert par Séoul.
L'essentiel
- Lee Jae-myung a publié sa déclaration sur X le jeudi, au lendemain du discours de Zelensky à l'Assemblée générale de l'ONU
- C'est la première confirmation officielle du transfert par la partie sud-coréenne
- L'Ukraine avait annoncé le transfert le mercredi pendant le discours de Zelensky à l'ONU
- L'Office présidentiel ukrainien a répondu à Yonhap qu'il n'avait divulgué que le fait du transfert, sans détails du processus
- Les deux prisonniers — Pek, 21 ans, et Ri, 26 ans — avaient été capturés dans l'oblast de Koursk en janvier 2025
- Tous deux avaient exprimé par écrit leur souhait d'être transférés en Corée du Sud, signalé en décembre 2025
Pourquoi c’est important
Cet épisode met en lumière une friction diplomatique entre l'Ukraine et la Corée du Sud sur la gestion d'un transfert sensible de prisonniers de guerre nord-coréens. Il marque la première confirmation officielle de Séoul et pose la question de la coordination entre la diplomatie publique à l'ONU et les arrangements bilatéraux plus discrets sur des sujets de sécurité. Il touche aussi au statut juridique et politique des citoyens nord-coréens selon la Constitution de la République de Corée.
Ce qui s’est passé
Le président sud-coréen Lee Jae-myung a publié jeudi 24 septembre 2026 un message sur X dans lequel il a exprimé ses regrets que l'Ukraine ait rendu public le transfert de deux soldats nord-coréens capturés vers Séoul. Il a qualifié cette divulgation de violation d'un accord de non-divulgation. Sa déclaration constitue la première confirmation officielle du transfert par la partie sud-coréenne — jusqu'alors, le gouvernement de Séoul avait refusé de confirmer l'arrivée des prisonniers, évoquant des risques pour leur sécurité et pour celle de leurs familles restées au Nord. La veille, lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, Volodymyr Zelensky avait annoncé le transfert. Après ce discours, la partie ukrainienne a précisé que l'opération avait été menée dans le cadre d'un dialogue direct avec Séoul et que seul le fait du transfert avait été rendu public, sans détails du processus.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les titres en ukrainien se concentrent sur les critiques adressées à Zelensky et présentent l'affaire à travers le prisme du reproche sud-coréen et de l'accusation de Kyiv d'avoir divulgué une opération secrète. La couverture met en avant la réponse de l'Office présidentiel ukrainien, qui défend la divulgation en la limitant au fait du transfert et souligne qu'elle a eu lieu dans le cadre d'un dialogue direct avec Séoul.
Ce qu’en disent les sources internationales
La presse anglophone de Hong Kong présente l'épisode comme un coup dur pour la propagande nord-coréenne, en insistant sur l'impact pour Pyongyang plutôt que sur la friction diplomatique entre Séoul et Kyiv. La couverture internationale accorde davantage de poids aux conséquences géopolitiques pour la péninsule coréenne et aux implications plus larges de la confirmation de l'implication nord-coréenne dans la guerre.
Là où les récits divergent
Lee Jae-myung a qualifié la divulgation ukrainienne de violation d'un accord de non-divulgation, tandis que l'Office présidentiel ukrainien a affirmé n'avoir publié que le fait du transfert lui-même, sans détails du processus, et jugé qu'il aurait été étrange de garder l'ensemble de l'opération secrète.
Contexte
Les deux prisonniers nord-coréens — Pek, 21 ans, et Ri, 26 ans — avaient été capturés dans l'oblast de Koursk en janvier 2025 par les Forces spéciales ukrainiennes et des parachutistes. Tous deux ont exprimé par écrit leur souhait d'être transférés en Corée du Sud, demandes signalées en décembre 2025. Selon la Constitution de la République de Corée, les résidents du Nord sont citoyens du pays et Séoul est tenue de les accueillir sur son territoire s'ils le souhaitent. Fin mai 2025, la Corée du Sud avait demandé que les prisonniers nord-coréens ne soient pas inclus dans les listes d'échange de prisonniers au format 1000 contre 1000. En juin 2026, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré être prêt à accueillir tous les soldats nord-coréens capturés par l'Ukraine qui le souhaiteraient, et s'est opposé à leur retour forcé vers la Russie ou la Corée du Nord.