Les Suisses rejettent l'initiative de l'UDC pour une neutralité « éternelle et armée »
Lors du référendum du 27 septembre, les électeurs suisses ont rejeté une initiative de l'UDC visant à inscrire dans la Constitution une neutralité plus stricte, « éternelle et armée », qui aurait interdit à la Suisse de rejoindre des alliances militaires et d'imposer des sanctions non approuvées par l'ONU. Selon les résultats préliminaires, environ 69 % ont voté contre l'initiative.
L'essentiel
- Référendum organisé le 27 septembre en Suisse.
- Environ 69 % des votants ont rejeté l'initiative (résultats préliminaires), les sondages à la sortie des urnes de SRF et le résultat final de la NZZ indiquant 70,15 % contre.
- L'initiative, proposée par l'UDC (Union démocratique du centre), visait à inscrire une neutralité « éternelle et armée » dans la Constitution.
- Adoptée, elle aurait interdit à la Suisse d'adhérer à des alliances militaires comme l'OTAN et d'imposer des sanctions non approuvées par le Conseil de sécurité de l'ONU.
- Le gouvernement, le parlement et tous les grands partis sauf l'UDC s'opposaient à l'initiative.
- L'ancien chef de l'UDC Christoph Blocher a financé la campagne à hauteur d'environ 2 millions de francs suisses (≈ 2,4 millions de dollars).
- Moscou avait appelé les électeurs suisses à voter en faveur de l'initiative.
Pourquoi c’est important
Ce rejet préserve la capacité de la Suisse à continuer à s'aligner sur les sanctions de l'Union européenne contre la Russie après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Il constitue une défaite pour l'UDC et pour Christoph Blocher, principal promoteur du texte, qui avait consacré environ 2 millions de francs à la campagne. Moscou ayant publiquement appelé à voter pour l'initiative, le résultat marque aussi le rejet de cette injonction russe. Enfin, le vote confirme le modèle suisse d'une neutralité flexible, gérée par le gouvernement selon les circonstances, plutôt qu'une interdiction constitutionnelle des sanctions et de la coopération avec des alliances.
Ce qui s’est passé
Le 27 septembre, la Suisse a tenu un référendum sur une initiative populaire de l'UDC visant à inscrire dans la Constitution le principe d'une neutralité « éternelle et armée ». Si elle avait été adoptée, la Suisse n'aurait plus pu rejoindre d'alliances militaires ni coopérer avec elles, ni imposer des sanctions non approuvées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le texte était né après la décision prise par Berne en février 2022 de s'aligner sur les sanctions européennes contre la Russie à la suite de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Le gouvernement, le parlement et l'ensemble des grands partis à l'exception de l'UDC y étaient opposés. Selon les résultats préliminaires rapportés par Bloomberg et Politico, environ 69 % des votants ont rejeté l'initiative (70,15 % selon les sondages de sortie des urnes de SRF et le résultat final de la Neue Zürcher Zeitung), et aucun canton ne l'a soutenue. Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral et figure de l'UDC, avait dépensé quelque 2 millions de francs pour la campagne. Le résultat laisse au gouvernement la flexibilité d'appliquer le principe de neutralité au cas par cas, y compris en continuant à rejoindre les sanctions européennes.
Là où les récits divergent
Les sources divergent légèrement sur la part du « non » : les résultats préliminaires cités par plusieurs médias donnent environ 69 % contre l'initiative, tandis que les sondages de sortie des urnes de SRF et le résultat final officiel rapporté par la Neue Zürcher Zeitung indiquent 70,15 %. Par ailleurs, la mise en avant diffère selon les articles : certains insistent sur le fait que la Suisse « conserve le droit de rejoindre les sanctions de l'UE contre la Russie », d'autres sur le rejet d'une initiative qui aurait obligé Berne à abandonner ces sanctions — le résultat étant le même, seul l'angle varie.
Contexte
La neutralité de la Suisse est inscrite dans sa Constitution depuis 1848, et sa neutralité armée permanente a été reconnue internationalement en 1815, au sortir des guerres napoléoniennes. Après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, la Suisse a largement rejoint les sanctions de l'Union européenne contre Moscou : en mars 2022, elle a gelé des avoirs russes d'environ 5,75 milliards de francs, et en août elle a encore élargi ses listes de sanctions en y ajoutant 9 personnes et 45 entreprises. Le 19 septembre, le Conseil fédéral a par ailleurs adopté une nouvelle stratégie de sécurité prévoyant le renforcement des capacités de défense et la protection contre les attaques hybrides. Il s'agit de la deuxième initiative de l'UDC rejetée par les électeurs suisses en 2025, après celle de juin qui proposait de plafonner la population du pays à 10 millions d'habitants.