Merz accuse la Russie de soutenir l'AfD, sans présenter d'éléments concrets
Le chancelier Friedrich Merz a affirmé à Münster que la Russie soutient le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), sans avancer de preuve concrète. Le discours est intervenu lors de la cérémonie du prix international de la paix de Westphalie, dont le lauréat 2025 est l'OTAN.
L'essentiel
- Friedrich Merz a déclaré le 1er octobre à Münster que Moscou soutient l'AfD.
- Selon lui, la Russie cherche à diviser la société allemande, à affaiblir l'aide à l'Ukraine et à bloquer les investissements dans la défense.
- Aucune preuve concrète d'un soutien russe à l'AfD n'a été présentée.
- Le discours a été prononcé lors de la cérémonie du prix international de la paix de Westphalie, dont l'OTAN était le lauréat 2025.
- L'AfD prône la fin de l'aide militaire allemande à l'Ukraine et la reprise des importations de gaz russe.
- En Mecklembourg-Poméranie, l'AfD a remporté 37 % des voix selon les estimations ARD, contre 5,5 % pour la CDU ; à Berlin, Die Linke est en tête avec 24,5 %.
- Merz a qualifié le résultat de la CDU en Mecklembourg-Poméranie de « catastrophe ».
Pourquoi c’est important
Le chef de la plus grande économie européenne a publiquement mis en cause le soutien de Moscou à une force politique nationale majeure. L'accusation survient alors que l'AfD arrive en tête dans la plupart des enquêtes nationales et vient de remporter des élections régionales, accentuant la pression sur la CDU de Merz. En reliant les positions de l'AfD sur l'aide à l'Ukraine et le gaz russe aux intérêts russes, Merz inscrit la politique intérieure allemande dans le cadre du conflit en Ukraine.
Ce qui s’est passé
Le 1er octobre, à Münster, le chancelier allemand Friedrich Merz a accusé la Russie de soutenir le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) lors de la cérémonie du prix international de la paix de Westphalie, dont le lauréat 2025 est l'OTAN. D'après Merz, Moscou chercherait à diviser la société allemande, à affaiblir l'aide à l'Ukraine et à bloquer les investissements dans la défense. Le chancelier n'a pas apporté de preuve concrète à ces affirmations. Il a par ailleurs qualifié de « catastrophe » le score de 5,5 % obtenu par la CDU en Mecklembourg-Poméranie, où l'AfD a obtenu 37 % selon les estimations ARD, et annoncé une accélération des réformes. À Berlin, Die Linke est arrivée en tête avec 24,5 %, devant la CDU (20 %) et l'AfD (16 %).
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les deux sources ukrainiennes ouvrent sur l'accusation de Merz contre le soutien russe à l'AfD, et l'une d'elles met en avant la cérémonie du prix international de la paix de Westphalie comme cadre de la déclaration. Le récit est ainsi construit : un dirigeant allemand accuse publiquement Moscou d'opérations d'influence ayant un lien direct avec l'aide à l'Ukraine.
Là où les récits divergent
L'accusation de Merz sur un soutien russe à l'AfD est rapportée sans élément concret. Dans le même temps, les articles relèvent que certains responsables de l'AfD ont eu des contacts avec des réseaux pro-russes, mais qu'aucun élément disponible ne montre que la Russie finance le parti ou dicte sa ligne politique.
Contexte
La cérémonie du prix international de la paix de Westphalie s'est tenue à Münster, ville où fut signé en 1648 l'un des traités de Westphalie qui mirent fin à la guerre de Trente Ans ; l'OTAN en était le lauréat 2025. L'AfD prône la fin de l'aide militaire allemande à l'Ukraine et la reprise des importations de gaz russe, et quelques-uns de ses responsables ont eu des contacts avec des réseaux pro-russes, sans qu'aucune preuve publique d'un financement ou d'un contrôle direct russe du parti n'ait été rendue publique. En Mecklembourg-Poméranie, l'AfD a obtenu 37 % contre 5,5 % à la CDU, ce qui a conduit Merz à parler de « catastrophe » ; à Berlin, Die Linke a mené avec 24,5 % devant la CDU (20 %) et l'AfD (16 %). Les déclarations de Merz font suite à un entretien d'une vingtaine de minutes entre le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul et son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, après lequel Merz a indiqué que Berlin miserait sur la poursuite du soutien à l'Ukraine.