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Un tribunal croate autorise l'extradition vers l'Allemagne du suspect ukrainien du sabotage de Nord Stream

Le tribunal de district de Pula, en Croatie, a autorisé l'extradition du ressortissant ukrainien Volodymyr Zhuravlov vers l'Allemagne, où il est soupçonné d'avoir participé au sabotage en 2022 des gazoducs Nord Stream et Nord Stream 2 dans la mer Baltique. La décision a été adoptée le 18 septembre et la défense a annoncé son intention de faire appel.

L'essentiel

  • Le tribunal de district de Pula (Croatie) a autorisé l'extradition de Volodymyr Zhuravlov vers l'Allemagne.
  • La décision a été prise le 18 septembre ; la version écrite a été notifiée aux parties cinq jours plus tard.
  • Une fois la décision définitive, le ministère croate de l'Intérieur transférera Zhuravlov aux autorités allemandes compétentes.
  • L'avocat ukrainien Mykola Katerynchuk a qualifié la décision de « biaisée » et « politique » et annoncé un recours.
  • Zhuravlov avait déjà évité à deux reprises une arrestation et une extradition vers l'Allemagne avant sa détention en Croatie le 19 août 2026.
  • Le suspect principal de l'affaire est l'Ukrainien Serhiy Kuznetsov, arrêté en Italie en août 2025 et formellement inculpé en Allemagne le 1er juillet 2026.

Pourquoi c’est important

La décision rapproche l'un des plongeurs suspectés d'un procès en Allemagne dans une affaire de sabotage très médiatisée, et ravive le débat sur l'implication présumée de l'Ukraine dans l'explosion des gazoducs Nord Stream.

Ce qui s’est passé

Le tribunal de district de la ville croate de Pula a autorisé l'extradition du ressortissant ukrainien Volodymyr Zhuravlov vers l'Allemagne. La décision a été adoptée le 18 septembre par un collège de juges présidé par Edvina Sujević ; le texte écrit a été remis aux parties cinq jours plus tard. Une fois la décision devenue définitive, le ministère croate de l'Intérieur procédera au transfert de Zhuravlov vers les autorités allemandes compétentes.

L'avocat ukrainien de Zhuravlov, Mykola Katerynchuk, a qualifié la décision de « biaisée » et « politique » et indiqué que la défense formerait un recours. Son avocat croate, Matija Miloš, a fait valoir que l'Allemagne fonde sa demande d'extradition sur les mêmes éléments déjà rejetés par la Pologne en octobre 2025.

Zhuravlov est soupçonné par les enquêteurs allemands d'avoir participé, comme plongeur, à la pose des explosifs sur les gazoducs. Il avait déjà échappé à une arrestation en Pologne en 2024 avant d'être finalement détenu en Croatie le 19 août 2026, alors qu'il travaillait comme consultant sur un film hollywoodien consacré au sabotage, provisoirement intitulé « Snake Island » (« Острів Зміїний »).

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens insistent sur la nationalité du suspect et relaient largement la qualification de la décision comme « biaisée » et « politique » par la défense, ainsi que sa volonté de faire appel. Ils mettent en avant l'appel de l'avocat Katerynchuk à l'Office du procureur général d'Ukraine pour qu'il demande lui-même l'extradition de Zhuravlov vers l'Ukraine plutôt que vers l'Allemagne. Les démentis officiels ukrainiens sont également cités : la déclaration du président Volodymyr Zelenskyy selon laquelle l'Ukraine n'est pas impliquée, et la conclusion de l'Office du procureur général ukrainien selon laquelle aucune preuve d'implication de l'État ukrainien n'a été établie. La presse ukrainienne rappelle aussi le refus antérieur du tribunal polonais d'octobre 2025 d'extrader Zhuravlov.

Là où les récits divergent

Les sources ne s'accordent pas sur la date exacte de la détention de Zhuravlov en Croatie : certaines indiquent le 19 août, d'autres le 19–20 août, et plusieurs mentionnent qu'il a été formellement placé en détention le 20 août.

Contexte

Trois des quatre conduites des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 ont été détruites par des explosions dans la mer Baltique le 26 septembre 2022. La Pologne et l'Ukraine ont imputé la responsabilité à la Russie ; Moscou a rejeté la faute sur les « Anglo-Saxons » et nié toute implication. En février 2024, le Danemark a classé son enquête pour absence de motif d'ouverture de poursuites pénales ; la Suède a pris une décision analogue.

En août 2025, plusieurs médias allemands ont indiqué que tous les suspects avaient été identifiés et que des mandats d'arrêt avaient été délivrés contre six ressortissants ukrainiens. Un autre suspect, Serhiy Kuznetsov, a été arrêté en Italie en août 2025 et extradé vers l'Allemagne en novembre 2025 ; il a été formellement inculpé le 1er juillet 2026 pour avoir dirigé un groupe de sept personnes ayant saboté les gazoducs, en agissant, d'après l'accusation, comme membres des forces armées ukrainiennes. Le parquet allemand a évoqué une « trace étatique ukrainienne » ; l'Office du procureur général d'Ukraine a conclu à l'absence de preuves d'une telle implication.