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Von der Leyen veut rediriger les fonds SAFE non utilisés vers des projets conjoints avec l'Ukraine, suscitant la colère des États membres

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé son intention d'utiliser les fonds restants du programme de prêts SAFE pour créer un programme distinct de projets conjoints avec des entreprises ukrainiennes. Plusieurs États membres, dont la Pologne, l'Italie et la Hongrie, affirment n'avoir été ni consultés ni informés, et un diplomate de l'UE à Bruxelles a déclaré qu'aucune discussion de ce type n'avait eu lieu avec la Commission.

L'essentiel

  • La Commission wants to use remaining SAFE funds for joint projects with Ukrainian companies, including the 'Freya' anti-ballistic coalition.
  • An EU diplomat in Brussels told RMF FM that no such discussion took place with the Commission and that member states were not consulted.
  • SAFE is a loan instrument taken by EU countries that must be repaid by the member states, not by the Commission.
  • Poland had declared it wanted to direct unused SAFE funds to its own defense projects in a second application round.
  • Unofficial estimates put remaining SAFE funds at around 10 billion euros, but the exact amount will be known after the end of October.
  • Italy (≈15 billion euros) and Hungary (≈16 billion euros) hold large SAFE allocations and have not yet signed their full agreements.
  • EU countries participating in SAFE have so far only marginally used the funds on joint programs with Ukraine.

Pourquoi c’est important

L'annonce ouvre un nouveau canal potentiel de financement pour l'industrie de défense ukrainienne, confrontée à un déficit budgétaire en matière de défense. Elle contourne toutefois la procédure habituelle de consultation avec les États membres, qui sont juridiquement responsables du remboursement des prêts SAFE. Plusieurs pays de l'UE, dont la Pologne, l'Italie et la Hongrie, avaient leurs propres projets pour ces fonds non utilisés.

Ce qui s’est passé

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé un projet de rediriger les fonds non utilisés du programme de prêts SAFE — un instrument de défense de l'UE — vers des projets conjoints avec des entreprises ukrainiennes, notamment au sein de la coalition antibalistique « Freya ». La nouvelle a pris de court Varsovie et d'autres capitales européennes : la Pologne avait déjà déclaré vouloir orienter les fonds restants vers ses propres projets de défense lors d'un deuxième tour de demandes SAFE. Selon un diplomate de l'UE à Bruxelles interrogé par RMF FM, aucune discussion de ce type n'a eu lieu avec la Commission, et les États membres n'ont pas été consultés sur une éventuelle redirection. Le diplomate a rappelé que les prêts SAFE sont contractés et remboursés par les États membres, et non par la Commission. Lors de réunions de travail, la Commission s'était jusqu'ici contentée d'évoquer d'éventuels changements dans l'utilisation des fonds restants, et les États membres avaient répondu que toute modification devait d'abord être convenue avec eux. La Commission souhaite trouver des financements pour Kiev, qui a signalé un déficit budgétaire dans ses dépenses de défense.

Là où les récits divergent

La Commission européenne a annoncé publiquement des plans de redirection des fonds SAFE vers des projets conjoints avec l'Ukraine, mais un diplomate de l'UE à Bruxelles a déclaré à RMF FM qu'aucune discussion de ce type n'avait eu lieu avec la Commission et que les États membres n'avaient pas été consultés sur cette redirection.

Contexte

SAFE est un instrument de prêt contracté par les pays de l'UE et remboursé par eux, et non un programme de subventions de la Commission. Des estimations non officielles évaluaient jusqu'à récemment les fonds SAFE restants à environ 10 milliards d'euros. Les États membres ont jusqu'à fin octobre pour transmettre à la Commission des informations sur l'exécution de leurs projets, après quoi le montant exact des fonds inutilisés pourra être calculé. L'Italie (environ 15 milliards d'euros) et la Hongrie (environ 16 milliards d'euros) détiennent d'importantes allocations SAFE et n'ont pas encore signé leurs accords pour la totalité des montants réservés.