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Le procureur général d'Ukraine Ruslan Kravchenko démissionne sur fond d'allégations de corruption

Le procureur général d'Ukraine, Ruslan Kravchenko, a présenté sa démission après que des enquêteurs anticorruption ont perquisitionné ses bureaux. Le Bureau national anticorruption (Nabu) et le Parquet spécialisé anticorruption (Sap) affirment avoir identifié un blanchiment d'argent orchestré par un responsable de son bureau en lien avec des centres d'appels illégaux. Kravchenko rejette les accusations et affirme ne pas vouloir que sa fonction soit exploitée comme outil d'affrontement politique.

L'essentiel

  • Le procureur général Ruslan Kravchenko a démissionné sur fond d'allégations de corruption liées à des centres d'appels illégaux.
  • Le Nabu et le Sap ont annoncé avoir identifié un schéma de blanchiment d'argent dirigé par un responsable du bureau de Kravchenko.
  • Une perquisition des bureaux de Kravchenko a été menée durant le week-end par les enquêteurs anticorruption.
  • Selon le Nabu, les sommes blanchies auraient servi à acheter des biens immobiliers, des bijoux et d'autres objets de valeur.
  • Kravchenko a qualifié les allégations de « totalement infondées » avant de démissionner le lendemain.
  • Zelensky n'avait pas commenté publiquement la démission au moment des faits rapportés.

Pourquoi c’est important

La démission d'un procureur général en exercice sous la pression d'allégations de corruption constitue un événement inhabituel et politiquement significatif pour une Ukraine en guerre. L'affaire met en lumière le rôle du Nabu et du Sap, les deux institutions anticorruptions qui avaient été au cœur des manifestations nationales de 2025, lorsque Zelensky avait tenté de restreindre leur indépendance. Elle s'ajoute à une série de démissions de hauts responsables ukrainiens liées à des soupçons de corruption au sein de l'entourage présidentiel.

Ce qui s’est passé

Le procureur général d'Ukraine, Ruslan Kravchenko, a remis sa démission après que les enquêteurs du Bureau national anticorruption (Nabu) et du Parquet spécialisé anticorruption (Sap) ont perquisitionné ses bureaux au cours du week-end. Selon ces deux institutions, un responsable de son bureau aurait dirigé un réseau de blanchiment d'argent protégeant des centres d'appels qui menaient des escroqueries téléphoniques et blanchissaient des millions d'actifs. Le Nabu précise que les fonds auraient été utilisés pour acheter des biens immobiliers, des bijoux et d'autres objets de valeur. Dimanche soir, Kravchenko a publié une déclaration rejetant ces allégations comme « totalement infondées » et niant toute faute. Le lendemain, il a présenté sa démission, affirmant ne pas vouloir que sa fonction serve d'« outil de confrontation politique » et remerciant le président Volodymyr Zelensky et le parlement ukrainien pour leur confiance. Au moment des faits rapportés, Zelensky n'avait pas commenté publiquement la démission.

Ce qu’en disent les sources internationales

Les deux articles disponibles proviennent de médias non ukrainiens (une agence azerbaïdjanaise et un média britannique). Tous deux présentent l'affaire comme un scandale de corruption ayant entraîné la démission du plus haut procureur du pays, le média britannique mettant particulièrement l'accent sur la dimension des centres d'appels et soulignant que Zelensky n'avait pas commenté publiquement.

Contexte

Le Nabu et le Sap ont été créés il y a plus de dix ans comme les deux organes anticorruption spécialisés de l'Ukraine. En 2025, des manifestations nationales avaient éclaté après que Zelensky eut tenté de réformer ces institutions pour restreindre leur indépendance ; les ambassadeurs du G7 avaient alors prévenu que cette réforme pourrait compromettre l'intégration européenne de l'Ukraine, poussant Zelensky à revenir sur sa décision. Le mois précédent, le Nabu avait annoncé avoir découvert un système de détournement de plus de 3 millions de dollars en monnaie ukrainienne destiné à payer la caution d'un ancien ministre de l'Énergie accusé de blanchiment, ce qui avait entraîné le licenciement d'un haut responsable du bureau présidentiel. Par ailleurs, l'ancien ministre de la Défense Mykhailo Fedorov avait été renvoyé à la mi-juillet, apparemment après une brouille avec le chef des forces armées ukrainiennes ; Fedorov avait déclaré à la BBC ne disposer d'aucune preuve que Zelensky soit personnellement impliqué dans des actes de corruption.