Le chef du parquet anti-corruption détaille le codage « Disneiland » des opérations « Fémida » et « Forest Gamp »
Le patron du Parquet spécialisé anti-corruption (SAPO), Oleksandr Klymenko, a révélé que l'opération « Fémida » portait initialement le nom de code « Disneiland », le suspect principal étant surnommé « Miky Maus ». L'affaire a ensuite été scindée en deux volets — « Forest Gamp » et « Fémida » — impliquant une ancienne vice-chef de la cellule présidentielle, un ex-député, des responsables de banques d'État et une responsable de Sense Bank, avec plusieurs mesures préventives imposées par la Haute Cour anti-corruption.
L'essentiel
- Selon Klymenko, l'opération « Fémida » avait d'abord pour nom de code « Disneiland » parce que le suspect principal était surnommé « Miky Maus »
- L'affaire s'est ensuite divisée en deux volets : « Forest Gamp » et « Fémida »
- Le 19 août, le NABU et le SAPO ont notifié plusieurs officiels d'un soupçon de blanchiment dans le dossier « Forest Gamp »
- Le 20 août, le NABU a notifié d'autres participants d'un soupçon d'appartenance à une organisation criminelle dans le dossier « Fémida »
- Le 25 août, la Haute Cour anti-corruption a placé Iryna Mudra, alors vice-chef du Bureau du Président, en détention avec une caution alternative de 20 millions de hryvnias ; l'appel a confirmé la mesure
- L'ancien député Maksym Mykytas a été placé en détention avec une caution alternative de 30 millions de hryvnias, mesure confirmée en appel le 1er septembre
- Liudmyla Snihur, ancienne responsable du suivi financier à Sense Bank, s'est vu imposer une caution de 3 millions de hryvnias
Pourquoi c’est important
Les dossiers « Fémida » et « Forest Gamp » ciblent des présumés schémas de corruption de grande ampleur qui touchent le Bureau du Président et des banques d'État. La mise en détention d'une vice-chef en exercice du Bureau du Président, Iryna Mudra, après perquisition et révocation, fait de cette action une opération anti-corruption emblématique contre la cellule présidentielle. Ces dossiers s'inscrivent dans la campagne plus large du NABU et du SAPO, qui a déjà impliqué l'ancien ministre de l'Énergie Herman Halushchenko via l'affaire connexe « Midas ».
Ce qui s’est passé
Le chef du Parquet spécialisé anti-corruption (SAPO), Oleksandr Klymenko, a détaillé le nom de code initial « Disneiland » de l'opération, lié au surnom « Miky Maus » du suspect principal, avant sa division en deux volets distincts : « Forest Gamp » et « Fémida ». Selon l'enquête, le 29 juin, les suspects ont fait verser 150 millions de hryvnias de caution pour un protagoniste du dossier « Midas » en utilisant des fonds d'origine illégale. Le groupe comprenait, d'après les enquêteurs, une vice-chef du Bureau du Président, un ancien député, le président du conseil d'administration d'une banque d'État, le président du conseil de surveillance d'une banque d'État et d'autres personnes. Le 19 août, le NABU et le SAPO ont annoncé la notification de soupçons de blanchiment dans le volet « Forest Gamp » ; des perquisitions ont visé la vice-chef du Bureau du Président Iryna Mudra, qui a été révoquée le même jour par le président Volodymyr Zelensky. Le 20 août, le NABU a notifié d'autres participants de soupçons d'appartenance à une organisation criminelle dans le volet « Fémida », que l'enquête présente comme un schéma d'appropriation de biens immobiliers et d'actifs de personnes morales via l'intrusion non autorisée dans les réseaux informatiques du ministère de la Justice et la falsification de décisions judiciaires et de titres de propriété. Le 25 août, la Haute Cour anti-corruption (VAKS) a placé Iryna Mudra en détention avec une caution alternative de 20 millions de hryvnias, mesure confirmée en appel ; l'ancien député Maksym Mykytas a été placé en détention avec une caution alternative de 30 millions de hryvnias, mesure également confirmée en appel le 1er septembre. Toujours le 21 août, selon Transparency International Ukraine, un juge d'instruction du VAKS a imposé la détention avec une caution alternative de 7 millions de hryvnias au responsable du Bureau du Président Viktor Doubovyk, qui a quitté le centre de détention après versement de la caution. Liudmyla Snihur, ancienne responsable du suivi financier à Sense Bank, s'est vu imposer une caution de 3 millions de hryvnias ; en cas de versement, elle devra notamment remettre son passeport étranger. Selon les enquêteurs, Snihur aurait été consciente de l'origine illégale des fonds transitant par la banque pour la caution de l'ancien ministre de l'Énergie Herman Halushchenko et aurait veillé à ce que le suivi financier des paiements soit validé et que les fonds soient crédités sur les comptes des personnes morales utilisées dans le schéma de blanchiment avant d'être transférés vers d'autres entités sans être bloqués.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes se concentrent sur les détails opérationnels et procéduraux de l'enquête du NABU et du SAPO, notamment les noms de code des opérations et la justification de leur usage : selon Klymenko, détectives et procureurs évitent d'utiliser les vrais noms des suspects dans leurs échanges informels pour prévenir les fuites, y compris une éventuelle surveillance du SBU. Elles insistent sur les perquisitions, les notifications de soupçons et les mesures préventives spécifiques imposées par la Haute Cour anti-corruption (VAKS) à chaque suspect, avec le détail des montants de caution et des confirmations en appel.
Là où les récits divergent
Les sources ne s'accordent pas sur les circonstances du départ d'Iryna Mudra du Bureau du Président : selon le décret présidentiel, le président Volodymyr Zelensky l'a révoquée le 19 août, mais Mudra a affirmé par la suite avoir elle-même présenté une demande de démission.