5 septembre 2026 · Mis à jour le 5 septembre 2026

Des perquisitions nocturnes de l'ANBU au Bureau du procureur général dans le cadre de l'« opération Carthage »

Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026, des détectives de l'ANBU ont mené des perquisitions au Bureau du procureur général d'Ukraine (OPG), dans les bureaux du procureur général Rouslan Kravchenko, de sa première adjointe Maria Vdovychenko et d'autres agents. Ces perquisitions s'inscrivent dans l'opération « Carthage », annoncée la veille par l'ANBU et le SAP, qui vise un réseau de centres d'appels frauduleux. L'OPG a confirmé les perquisitions, a annoncé qu'elle vérifierait si les détectives avaient dépassé le cadre de l'autorisation judiciaire et a nié les informations de presse selon lesquelles Kravchenko serait introuvable.

L'essentiel

  • Dans la nuit du 5 septembre, l'ANBU a perquisitionné les locaux du procureur général Rouslan Kravchenko, de sa première adjointe Maria Vdovychenko et d'autres agents du Bureau du procureur général (OPG).
  • L'OPG dit vouloir vérifier si l'accès obtenu par les détectives correspondait au dossier autorisé par le tribunal et si des documents ont été consultés, copiés ou saisis.
  • Le 4 septembre, l'ANBU et le parquet spécialisé anticorruption (SAP) avaient annoncé l'opération « Carthage » contre un groupe criminel accused de couvrir des centres d'appels frauduleux.
  • Les enquêteurs ont diffusé des enregistrements évoquant un personnage au nom de code « Chef », qui aurait dirigé le fisc et dont le patronyme serait Andriyovitch — des détails que plusieurs médias rapprochent de Kravchenko.
  • Selon l'enquête, plus de 20 millions de UAH auraient été dépensés en immobilier, bijoux et biens de valeur, plus de 12 millions blanchis via des biens réenregistrés au nom de tiers, et plus de 10 millions placés sur des comptes de proches.
  • L'OPG affirme que les matériaux cités ne contiennent pas de preuve directe que Kravchenko ait facilité l'activité des centres d'appels, reçu des fonds ou entravé les investigations.
  • L'OPG a nié les informations de presse selon lesquelles Kravchenko était introuvable ou hospitalisé à la clinique Dobrobut ; sa porte-parole Natalia Bayurko a déclaré qu'il était à son poste depuis le matin.
  • L'OPG a lancé une enquête administrative interne concernant un employé impliqué et examine la question de son licenciement.

Pourquoi c’est important

Les perquisitions visent le plus haut responsable ukrainien du parquet, montrant que les enquêtes anticorruption atteignent le sommet de l'institution en temps de guerre. L'OPG conteste l'étendue de l'autorisation judiciaire et exige une appréciation juridique, ce qui ouvre un conflit institutionnel avec l'ANBU et le SAP susceptible d'affecter d'autres dossiers. Les informations de presse sur la disparition présumée de Kravchenko, démenties par l'OPG, soulèvent aussi des questions de transparence au sommet de l'appareil judiciaire.

Ce qui s’est passé

Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026, des détectives de l'ANBU ont mené des perquisitions au Bureau du procureur général d'Ukraine, dans les bureaux du procureur général Rouslan Kravchenko, de sa première adjointe Maria Vdovychenko et d'autres agents. L'OPG a confirmé les faits et indiqué examiner si l'accès accordé par le tribunal avait été respecté. Les détectives ont eu accès à des matériaux d'une procédure concernant d'éventuels agissements illicites de proches liés à la direction du SAP, ainsi qu'à des informations issues d'actions d'enquête secrètes sur de possibles activités illicites d'agents de l'ANBU et du SAP. L'OPG souligne que la décision judiciaire s'appuie sur des conversations à caractère domestique — notamment une mention de « carrelage foncé » et l'installation d'alarmes — et que le lien avec d'éventuels fonds illicites n'est qu'une supposition. L'OPG a annoncé une enquête administrative interne concernant un employé mis en cause et examine son licenciement éventuel. Le Service fiscal de l'État s'est dit prêt à coopérer avec les enquêteurs.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

L'ensemble des sources disponibles étant ukrainien et en langue ukrainienne, la comparaison « ukrainien vs international » ne peut pas être tirée de ce corpus. Au sein des médias ukrainiens, les agences centrées sur les dépêches de l'OPG mettent en avant la confirmation des perquisitions, la demande d'appréciation juridique et le démenti officiel de la disparition de Kravchenko, tandis que les médias d'investigation insistent sur l'identification possible du personnage « Chef » à Kravchenko, sur la détention présumée de Serhiy Kropyva (« Kantsler ») et sur les informations le plaçant à la clinique Dobrobut.

Là où les récits divergent

Sur la localisation du procureur général : selon des sources citées par Ukrainska Pravda, Kravchenko serait « introuvable » depuis le début de l'opération ; ZN.UA indique qu'il se trouverait à la clinique Dobrobut à Kiev (quartier Novopecherski Lipky) ; l'OPG dément ces informations et affirme qu'il est à son poste.

Sur la portée des perquisitions : l'ANBU et le SAP justifient les perquisitions par une décision judiciaire incluant des extraits de conversations d'agents de l'OPG, tandis que l'OPG estime que ces matériaux ne contiennent aucune preuve directe d'une implication de Kravchenko et reposent sur des formulations hypothétiques (« probablement », « ne peut exclure », « peut être »).

Sur un éventuel dépassement du cadre autorisé : l'OPG exige une appréciation juridique et annonce une vérification, alors que les organes anticorruption, dans les éléments disponibles, n'ont à ce stade reconnu aucun dépassement.

Contexte

Le 4 septembre 2026, l'ANBU et le SAP ont annoncé l'opération « Carthage », présentée comme le démantèlement d'un groupe criminel couvrant un réseau de centres d'appels frauduleux ciblant des citoyens ukrainiens et étrangers, et ont désigné un haut responsable de l'OPG comme suspect. Les enquêteurs ont publié des enregistrements évoquant un personnage au nom de code « Chef », présenté comme ancien dirigeant du fisc et désigné par le patronyme Andriyovitch — éléments que l'analyse médiatique rapproche du procureur général Rouslan Kravchenko. Des médias ont par ailleurs rapporté l'interpellation de Serhiy Kropyva, chef de l'un des départements de l'OPG (nom de code « Kantsler » sur les enregistrements).