Le procureur général révoque un membre contesté de la commission de sélection du parquet anti-corruption ukrainien
Le procureur général ukrainien Rouslan Kravtchenko a signé le 4 septembre un ordre révoquant les pouvoirs de l'avocat Oleksiï Chevtchouk au sein de la commission chargée de sélectionner les candidats aux postes de direction du Parquet spécialisé anti-corruption (SAPO), après la démission de l'intéressé et une recommandation de cinq des six autres membres. Chevtchouk affirme que la commission perdra sa légitimité sans lui; Transparency International Ukraine conteste cette lecture et rappelle que quatre membres sur six suffisent pour adopter des décisions.
L'essentiel
- L'ordre de révocation a été signé le 4 septembre 2026 par le procureur général Rouslan Kravtchenko, sur la base d'une proposition de la commission soutenue par la majorité absolue de ses membres le 1er septembre.
- Chevtchouk avait lui-même présenté une déclaration de cessation de ses pouvoirs à compter du 7 septembre, annoncée sur Facebook.
- Cinq des six membres de la commission (tous sauf Chevtchouk) ont recommandé son éviction après son comportement lors de la séance du 1er septembre (entraves à la parole et menaces envers les autres membres, y compris via la justice autrichienne).
- La commission de sélection du SAPO est composée de six membres: trois proposés par le Conseil des procureurs, trois par les partenaires internationaux; la composition finale est approuvée par le procureur général.
- Kravtchenko a demandé au Conseil des procureurs de tenir au plus vite un concours pour désigner un sixième membre et appelé les membres restants à ne pas interrompre le travail de sélection.
- Les candidatures au poste de chef adjoint du SAPO sont acceptées jusqu'au 21 septembre.
- Chevtchouk avait été inscrit parce qu'aucun autre candidat n'était disponible après le retrait d'un des trois noms proposés par le Conseil des procureurs.
Pourquoi c’est important
La commission sélectionne les candidats aux postes de direction du SAPO, dont le chef et ses adjoints, ce qui rend sa composition et sa légitimité déterminantes pour l'infrastructure anti-corruption ukrainienne. Le passé controversé de Chevtchouk — suspension antérieure du droit d'exercer pour manquements à l'éthique et défense de figures liées aux cercles pro-russes — avait conduit la société civile et des médias à exiger son retrait. Le désaccord sur le quorum teste la résilience procédurale du processus de sélection dans le contexte des réformes anti-corruption en cours.
Ce qui s’est passé
Le procureur général Rouslan Kravtchenko a signé le 4 septembre un ordre mettant fin par anticipation aux pouvoirs d'Oleksiï Chevtchouk en tant que membre de la commission de sélection du Parquet spécialisé anti-corruption (SAPO). Chevtchouk avait lui-même déposé le 3 septembre une demande de cessation de ses pouvoirs à compter du 7 septembre, annoncée publiquement sur Facebook; il a justifié sa décision par l'influence extérieure sur la commission et par la compromission résultant, selon lui, des actions et déclarations publiques des directions du SAPO et du NABU.
La révocation s'appuie sur une recommandation adoptée lors de la séance du 1er septembre par cinq des six membres — tous sauf Chevtchouk —, après le comportement de Chevtchouk lors de cette réunion (il aurait empêché les autres membres de parler, proféré des menaces, y compris une plainte auprès du parquet autrichien, et évalué publiquement des communications destinées au secrétariat du concours sans concertation). Chevtchouk a affirmé qu'après son départ la commission n'aurait plus le quorum nécessaire pour travailler; Transparency International Ukraine a répondu que quatre membres sur six suffisent pour adopter des décisions, rendant l'argument infondé.
Kravtchenko a demandé au Conseil des procureurs de lancer au plus vite un concours pour proposer un sixième membre, et appelé les membres restants à ne pas interrompre le processus de sélection des candidats aux postes administratifs du SAPO pendant la durée de ce concours. Les candidatures au poste de chef adjoint du SAPO restent acceptées jusqu'au 21 septembre. Chevtchouk, inscrit dans la commission parce que le Conseil des procureurs n'avait pu proposer que deux noms sur trois, avait déjà vu sa demande d'inscription contestée en janvier par le Centre d'action anti-corruption et avait fait l'objet d'appels à révocation de la part de dizaines de représentants d'OSC, de médias et de signataires individuels.
Là où les récits divergent
Les sources divergent sur la légitimité de la commission après le départ de Chevtchouk: Chevtchouk lui-même affirme que la commission opérera en composition incomplète sans le quorum requis pour travailler et adopter des décisions; Transparency International Ukraine soutient au contraire que quatre membres sur six suffisent pour adopter des décisions et que son argument sur la perte de légitimité est inexact.
Contexte
La commission de sélection des postes de direction du SAPO a été formée au début de 2025. Elle se compose de six membres: trois proposés par le Conseil des procureurs et trois proposés par les partenaires internationaux; la composition finale est approuvée par le procureur général. Chevtchouk y avait été inscrit par le procureur général après que le Conseil des procureurs n'a pu proposer que deux des trois candidats requis (l'un s'étant retiré), sans autre candidat disponible. Les candidatures au poste de chef adjoint du SAPO sont acceptées jusqu'au 21 septembre. La commission devra également sélectionner à terme un nouveau chef du SAPO après l'expiration du mandat d'Oleksandr Klymenko.