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Jusqu'à 20 % des agriculteurs ukrainiens pourraient cesser leur activité après la saison actuelle

Le responsable de l'Association des agriculteurs du district de Poltava, Oleh Slyzko, a averti que jusqu'à 20 % des agriculteurs ukrainiens pourraient ne pas poursuivre leur activité après la saison en cours. Il cite la chute des prix du blé et du tournesol, la hausse du coût du carburant et les difficultés à l'exportation.

L'essentiel

  • Jusqu'à 20 % des agriculteurs ukrainiens pourraient cesser leur activité après la saison actuelle, selon Oleh Slyzko.
  • Les causes citées : chute des prix du blé et du tournesol, hausse des coûts du carburant et problèmes d'exportation.
  • Le blé de 4ᵉ classe se vend à 4 400 hryvnias la tonne, contre 9 000 à 10 000 hryvnias l'année précédente.
  • Le tournesol est passé de 33 000 à 35 000 hryvnias la tonne au printemps à 15 000 à 16 000 hryvnias la tonne actuellement.
  • Slyzko accuse les négociants de maintenir artificiellement bas les prix d'achat malgré les ports bloqués et l'exportation ralentie.
  • L'Association des agriculteurs du district de Poltava appelle à un contrôle étatique des exportations agricoles.
  • La récolte céréalière 2026 est estimée à environ 60,4 millions de tonnes, comparable à l'année dernière, avec un volume de blé plus de quatre fois supérieur aux besoins intérieurs.

Pourquoi c’est important

Une part significative des agriculteurs ukrainiens fait face à une possible sortie du marché, ce qui pourrait toucher la production alimentaire intérieure et l'emploi rural. Le décalage entre des prix d'achat en baisse et des coûts de production en hausse est présenté comme une crise systémique, et un responsable de la filière appelle à un contrôle étatique des exportations, signe d'un débat de politique agricole en temps de guerre.

Ce qui s’est passé

Lors d'une prise de parole relayée par les médias ukrainiens, Oleh Slyzko, chef de l'Association des agriculteurs du district de Poltava, a déclaré que jusqu'à 20 % des agriculteurs ukrainiens pourraient cesser leur activité après la saison en cours. Il attribue cette situation à la chute des prix d'achat du blé et du tournesol, à la hausse du coût du carburant et aux difficultés d'exportation. Selon lui, les prix du blé de 4ᵉ classe sont tombés à 4 400 hryvnias la tonne contre 9 000 à 10 000 hryvnias un an plus tôt, et le tournesol a glissé de 33 000 à 35 000 hryvnias la tonne au printemps à 15 000 à 16 000 hryvnias la tonne actuellement. Il accuse les négociants de comprimer artificiellement les prix malgré les ports bloqués et l'exportation ralentie, et prévient qu'un basculement des exportations vers la farine de tournesol pourrait empêcher 40 % des agriculteurs de travailler et de commercialiser leur production. L'association qu'il dirige réclame un contrôle étatique des exportations agricoles.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les deux sources ukrainiennes relaient le diagnostic d'Oleh Slyzko et de l'Association des agriculteurs du district de Poltava. La couverture met l'accent sur l'effondrement concret des prix du blé et du tournesol, sur la pression entre coûts et prix de vente, et reprend l'accusation portée contre les négociants. Elle insiste sur la nécessité d'un contrôle étatique des exportations et avertit qu'une réorientation des exportations, notamment vers la farine de tournesol, pourrait fragiliser 40 % des agriculteurs.

Contexte

Les agriculteurs ukrainiens se concentrent sur les cultures les plus rentables en raison de la guerre et de conditions météorologiques défavorables, ce qui ne les met pas pour autant à l'abri de la baisse des profits. Les silos publics et privés sont pleins, et la plupart des agriculteurs n'ont pas la capacité de stocker leur récolte en attendant une amélioration du marché. La récolte céréalière de l'année est attendue à environ 60,4 millions de tonnes, un volume comparable à celui de l'an passé, avec une production de blé plus de quatre fois supérieure aux besoins intérieurs, ce qui accentue la pression sur les circuits d'exportation. Les agriculteurs affirment par ailleurs que les négociants maintiennent artificiellement bas les prix d'achat alors que les ports restent bloqués et que les exportations sont ralenties.