Les États-Unis menacent de couper le renseignement et le mécanisme PURL pour forcer l'Ukraine à stopper ses frappes sur les raffineries russes
L'administration Trump a menacé de bloquer le mécanisme PURL — qui permet aux partenaires européens de financer l'achat d'armes américaines pour l'Ukraine — et de cesser le partage de renseignement avec Kyiv, afin de pousser l'Ukraine à renoncer aux frappes sur les raffineries de pétrole russes. Parallèlement, Donald Trump a annoncé le 11 juin que l'Ukraine et la Russie se seraient mises d'accord sur un cessez-le-feu immédiat des frappes sur les infrastructures énergétiques, une affirmation contredite par Volodymyr Zelensky, qui signale une frappe russe sur la centrale thermique de Kharkiv après cette annonce.
L'essentiel
- L'administration Trump a menacé de bloquer le mécanisme PURL et d'interrompre le partage de renseignement avec l'Ukraine
- Le mécanisme PURL permet à des partenaires européens de financer l'achat d'armes américaines pour Kyiv
- Des responsables américains ont appelé entre le 10 et le 11 octobre des représentants européens et ukrainiens, parmi lesquels le conseiller militaire Pavlo Palisa
- Le 11 octobre, Trump a annoncé un cessez-le-feu immédiat des frappes sur les infrastructures énergétiques entre Kyiv et Moscou
- Zelensky affirme que l'Ukraine soutient l'arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, mais signale une frappe de Moscou sur la centrale CHP-5/TEC-5 de Kharkiv après l'annonce de Trump
- Les frappes ukrainiennes ont, selon les sources, mis hors service 51 % des capacités de raffinage russes
- La Maison Blanche a refusé de confirmer ou de commenter les appels téléphoniques rapportés par le Financial Times
Pourquoi c’est important
Les menaces américaines touchent au cœur de la stratégie de guerre ukrainienne : les frappes de longue portée qui ont neutralisé plus de la moitié des capacités de raffinage russes et réduit la capacité de Moscou à financer le conflit. Couper le renseignement et le mécanisme PURL affecterait directement la capacité de l'Ukraine à recevoir des armes américaines financées par ses alliés européens. La pression sur l'Ukraine s'accompagne de l'annonce par ce dernier d'un prétendu accord de cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques, que Kyiv affirme déjà violé par Moscou. Trump serait par ailleurs « veinieux » contre Kyiv, estimant que les frappes sur les raffineries font monter les prix du carburant aux États-Unis.
Ce qui s’est passé
Selon le Financial Times et Axios, citant des responsables européens et américains, l'administration de Donald Trump a multiplié les 10 et 11 octobre des appels vers des responsables européens et ukrainiens pour exiger l'arrêt des frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes. Au cours de ces entretiens, les responsables américains ont menacé de cesser tout partage de renseignement avec l'Ukraine et de bloquer le mécanisme PURL, par lequel des partenaires européens financent l'achat d'armes américaines livrées à Kyiv. Parmi les personnes contactées figurait le conseiller militaire du président ukrainien, Pavlo Palisa. La Maison Blanche a refusé de confirmer ces appels ou de les commenter.
Le 11 octobre, Donald Trump a annoncé de manière inattendue que l'Ukraine et la Russie se seraient mises d'accord sur un cessez-le-feu immédiat des frappes sur les infrastructures énergétiques. Volodymyr Zelensky a déclaré que l'Ukraine soutient un tel arrêt, mais a signalé qu'après l'annonce de Trump, Moscou a frappé la centrale thermique CHP-5/TEC-5 de Kharkiv. Selon les données, les frappes ukrainiennes ont mis hors service 51 % des capacités de raffinage russes. Axios rapporte, en citant la Maison Blanche et des responsables ukrainiens, que Washington attend de Kyiv qu'elle cesse la première les attaques contre les raffineries russes.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes (LIGA.net et hromadske) ouvrent sur le thème des menaces et de la pression américaines, présentant l'épisode comme une coercition exercée sur Kyiv pour mettre fin à ses frappes sur les infrastructures énergétiques russes. Elles associent la pression américaine à la déclaration de Zelensky, qui affirme que l'Ukraine accepte un arrêt des frappes tout en signalant des frappes russes sur une centrale thermique de Kharkiv après l'annonce de Trump — ce qui met en avant un prétendu non-respect russe.
Là où les récits divergent
Deux divergences ressortent des sources. Premièrement, Trump a annoncé publiquement le 11 octobre que l'Ukraine et la Russie s'étaient mises d'accord sur un cessez-le-feu immédiat des frappes sur les infrastructures énergétiques, tandis que ce dernier affirme soutenir l'idée mais signale une frappe de Moscou sur la centrale CHP-5/TEC-5 de Kharkiv après l'annonce. Deuxièmement, la Maison Blanche a refusé de confirmer ou de commenter les appels téléphoniques rapportés, alors que le Financial Times rapporte que des responsables américains ont mené ces appels et proféré les menaces.
Contexte
Le mécanisme PURL permet à l'Ukraine de recevoir des armes américaines financées par des partenaires européens. Les frappes sur les raffineries russes s'inscrivent dans la campagne ukrainienne visant à réduire la capacité de la Russie à produire du carburant et à financer la guerre. L'Ukraine affirme soutenir un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, mais signale que Moscou a frappé une centrale thermique de Kharkiv après l'annonce de Trump. Le Financial Times et Axios, citant des responsables européens et américains, ont rapporté la campagne de pression américaine.