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L'Ukraine met en garde contre une crise de liquidités des agriculteurs en raison du blocage des exportations en mer Noire

Le ministre ukrainien de la Politique agraire et de l'Alimentation, Taras Vysotsky, prévient que les agriculteurs ukrainiens sont à court de liquidités et qu'une crise de financement plus aiguë pourrait survenir au printemps, à cause du blocage persistant des exportations agricoles en mer Noire. La Commission européenne a rejeté une demande d'aide de 220 millions d'euros, et l'Ukraine compte sur un prêt concessionnel de 250 millions de dollars de la Banque mondiale.

L'essentiel

  • L'Ukraine a demandé à la Commission européenne 220 millions d'euros (250 millions de dollars) pour soutenir les agriculteurs touchés par les frappes russes sur les infrastructures portuaires.
  • La Commission européenne a refusé cette demande, selon le ministre Taras Vysotsky.
  • L'Ukraine mise sur un prêt concessionnel de 250 millions de dollars de la Banque mondiale, considéré comme suffisant jusqu'au début de l'année prochaine.
  • Les routes d'exportation alternatives ne permettent d'expédier qu'environ 45 % du volume agricole requis.
  • Les stocks ukrainiens de céréales et de légumineuses atteignaient 24,6 millions de tonnes au 1er septembre, soit 10,1 millions de tonnes de plus qu'à la même période en 2025.
  • La Russie a rejeté toutes les propositions de cessez-le-feu ou de moratoire sur les frappes en mer Noire visant à permettre la reprise des exportations de céréales.
  • L'Ukraine a demandé à l'UE d'augmenter les contingents tarifaires pour le bioéthanol et le sucre pour 2027.

Pourquoi c’est important

Le secteur agricole est un pilier de l'économie ukrainienne et une source essentielle de revenus d'exportation. Une crise de liquidités chez les agriculteurs pourrait compromettre les semis de printemps, et donc les récoltes futures ainsi que l'approvisionnement alimentaire. Le blocage des exportations en mer Noire renforce la dépendance de l'Ukraine à des routes alternatives plus coûteuses.

Ce qui s’est passé

Le ministre ukrainien de la Politique agraire et de l'Alimentation, Taras Vysotsky, a averti que les agriculteurs ukrainiens manquent de liquidités à l'approche d'une crise de financement plus aiguë attendue au printemps. Cette situation découle du blocage persistant des exportations agricoles en mer Noire. L'Ukraine avait demandé à la Commission européenne une enveloppe de 220 millions d'euros pour soutenir les agriculteurs affectés par les frappes russes sur les infrastructures portuaires, mais cette demande a été rejetée. L'Ukraine compte désormais sur un prêt concessionnel de 250 millions de dollars de la Banque mondiale, qui devrait couvrir les besoins jusqu'au début de l'année prochaine. Selon Vysotsky, la Russie a rejeté toutes les propositions des pays facilitant les négociations concernant un cessez-le-feu ou un moratoire sur les frappes en mer Noire permettant la reprise des exportations de céréales. Toutes les séries de négociations possibles ont été tentées sans résultat. L'Ukraine peut actuellement exporter environ 45 % du volume requis via des routes alternatives, mais le ministère estime qu'au mieux 50 % pourraient être acheminés par ces voies. Il existe un risque qu'environ 30 millions de tonnes de produits agricoles ne soient pas exportés cette année de commercialisation. Les stocks de céréales et de légumineuses atteignaient 24,6 millions de tonnes au 1er septembre, en hausse de 10,1 millions de tonnes par rapport à la même période en 2025. En parallèle, l'Ukraine a demandé à l'UE d'augmenter les contingents tarifaires pour le bioéthanol et le sucre pour 2027.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne présente la situation comme une crise imminente, en s'appuyant sur les avertissements du ministre Vysotsky. Elle souligne le lien direct entre les difficultés financières des agriculteurs et le refus russe de permettre la reprise des exportations en mer Noire. Elle met également en avant les efforts diplomatiques de Kyiv à Bruxelles, tant la demande rejetée de 220 millions d'euros que la demande d'élargissement des contingents tarifaires pour 2027.

Contexte

Les routes d'exportation alternatives — par voie terrestre et fluviale — permettent à l'Ukraine d'expédier environ 45 % du volume d'exportations agricoles normalement acheminé par la mer Noire, avec un plafond estimé à 50 %. La Russie a rejeté les propositions des partenaires visant à rétablir les exportations agro-alimentaires en mer Noire. Face au refus de la Commission européenne d'accorder 220 millions d'euros d'aide, un prêt concessionnel de 250 millions de dollars de la Banque mondiale est prévu. L'Ukraine cherche par ailleurs à obtenir de l'UE des contingents tarifaires accrus pour le bioéthanol et le sucre en 2027. Le soutien de l'État en 2027 ciblera les zones frontalières, avec des compensations pour les récoltes détruites ou non moissonnées et des aides à la relocalisation des entreprises.