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L'Ukraine cherche à exporter son grain via les ports baltes face au blocus russe de la mer Noire

Les attaques russes contre le transport maritime en mer Noire perturbent gravement les exportations agricoles ukrainiennes, faisant chuter le volume de céréales en août à 2,5 fois moins qu'un an plus tôt. Le ministre Vysotsky évalue que des itinéraires alternatifs peuvent couvrir au moins la moitié des volumes nécessaires, tandis que l'Ukraine envisage désormais les ports baltes, capables d'exporter jusqu'à 20 millions de tonnes, mais à un coût logistique supplémentaire d'environ 100 dollars par tonne.

L'essentiel

  • Les ports de la mer Noire assuraient auparavant environ 90 % des exportations ukrainiennes de céréales
  • En août, l'Ukraine a exporté 981 000 t de céréales, soit 2,5 fois moins qu'à la même période en 2025
  • Les livraisons vers les ports du Grand Odessa ont chuté de 94,9 % en août, à 68 500 t
  • Les expéditions ferroviaires vers les ports danubiens ont presque triplé en août par rapport à juillet, atteignant 248 800 t
  • La Russie a attaqué 52 navires civils en juillet et durant la première quinzaine d'août 2026
  • Les ports baltes pourraient exporter jusqu'à 20 millions de tonnes de céréales ukrainiennes, à un coût supplémentaire d'environ 100 dollars par tonne
  • L'Ukraine a saisi l'Organisation maritime internationale en raison de l'escalade en mer Noire

Pourquoi c’est important

L'Ukraine est l'un des principaux exportateurs agricoles mondiaux ; la perturbation de ses exportations de céréales affecte les marchés alimentaires mondiaux et l'économie ukrainienne en guerre. La réorientation depuis les ports de la mer Noire vers le rail et le Danube, puis vers la Baltique, redessine en profondeur la logistique agricole du pays. Les estimations de plusieurs milliards de dollars de recettes perdues soulignent les enjeux économiques des attaques russes contre le transport maritime civil.

Ce qui s’est passé

Le ministre ukrainien de l'Agriculture Vysotsky a déclaré que l'Ukraine étudiait l'utilisation des ports baltes pour exporter ses céréales, alors que les attaques russes rendent le transport par la mer Noire de plus en plus difficile. Les ports de la mer Noire assuraient auparavant environ 90 % des exportations ukrainiennes de céréales, mais après les frappes russes, la plupart des marchandises ont été redirigées vers trois ports ukrainiens sur le Danube. En août, l'Ukraine n'a exporté que 981 000 tonnes de céréales, soit 2,5 fois moins qu'à la même période en 2025. Les livraisons ferroviaires de céréales vers les ports danubiens ont presque triplé par rapport à juillet, atteignant 248 800 tonnes, tandis que les expéditions vers les ports du Grand Odessa chutaient de 94,9 %, à 68 500 tonnes. La Russie a attaqué 52 navires civils en juillet et durant la première quinzaine d'août 2026, poussant des dizaines de navires sous pavillon étranger à cesser d'entrer dans les ports de la région d'Odessa. L'Ukraine a saisi l'Organisation maritime internationale face à cette escalade.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens centrent leur couverture sur l'évaluation du ministre de l'Agriculture et insistent sur la nécessité de développer des itinéraires logistiques alternatifs pour compenser les pertes. Ils soulignent la saisine de l'Organisation maritime internationale et l'ampleur du choc, notamment la division par 2,5 des exportations de céréales en août par rapport à l'année précédente.

Là où les récits divergent

Les estimations des pertes de recettes varient : le scénario du ministère évoque jusqu'à 10 milliards de dollars de recettes d'exportation perdues en cas de restrictions prolongées, tandis que Forbes Ukraine estime à plus de 5 milliards de dollars les pertes si le blocage des exportations par la mer Noire se poursuit jusqu'à la fin de la campagne 2026/27. Une troisième évaluation, en volume, envisage une baisse pouvant atteindre 30 millions de tonnes des exportations annuelles.

Contexte

Environ 70 % de la production agricole ukrainienne est traditionnellement orientée vers l'exportation, et 25 à 30 % vers la consommation intérieure. Selon le ministre Vysotsky, la sécurité alimentaire intérieure du pays reste stable. Une estimation distincte de Forbes Ukraine chiffre à 5 milliards de dollars les pertes potentielles de recettes d'exportation si le blocage persiste jusqu'à la fin de la campagne 2026/27 — un montant inférieur aux 10 milliards évoqués par le ministère.