Macron ordonne un plan de protection des infrastructures critiques face aux attaques hybrides russes
Le président français Emmanuel Macron a ordonné au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites sensibles de la base industrielle et technologique de défense contre les drones et les cyberattaques. Il a cité plusieurs exemples d'incidents récents en Europe qu'il attribue à une intensification des opérations hybrides russes depuis l'été.
L'essentiel
- Macron a ordonné au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites industriels et technologiques sensibles de défense.
- Il a affirmé que la Russie avait sensiblement accru ses attaques hybrides contre des intérêts européens depuis cet été.
- Il a cité une attaque de drone contre un train entre Kiev et Varsovie, une tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig et le tir d'une fusée de signalisation près d'une frégate danoise.
- Les services de renseignement allemands lient la tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig au GRU russe, selon un article.
- Macron a déclaré que le soutien à l'Ukraine était plus que jamais nécessaire à la sécurité de la France et à un retour à une paix juste et durable.
- La réunion avec les chefs des partis parlementaires s'est tenue vendredi 18 septembre à l'Élysée, en présence notamment du Premier ministre Sébastien Lecornu.
- La France codirige avec le Royaume-Uni la Coalition des volontaires, et Macron a annoncé des exercices en Europe dans les prochaines semaines pour la renforcer.
Pourquoi c’est important
La France traite formellement les opérations hybrides russes contre les infrastructures européennes comme une menace croissante et transnationale, et y répond au plus haut niveau de l'État. Les mesures prévues visent les drones, les cyberattaques et les actifs sensibles du complexe industrialo-militaire et technologique. En reliant explicitement la poursuite du soutien à l'Ukraine à la sécurité nationale, l'exécutif inscrit la politique vis-à-vis de Kiev dans le cadre de la défense contre les actions hybrides. La démarche intervient alors que la France copilote avec le Royaume-Uni la Coalition des volontaires et prépare des exercices en Europe.
Ce qui s’est passé
Le 18 septembre, Emmanuel Macron a réuni à l'Élysée les responsables des partis parlementaires, en présence notamment du Premier ministre Sébastien Lecornu, des chefs des services de renseignement et de sécurité français et du directeur général de l'énergie, pour évoquer la guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient et leurs conséquences sécuritaires et énergétiques. À cette occasion, il a ordonné au gouvernement d'élaborer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites les plus sensibles de la base industrielle et technologique de défense contre les drones et les cyberattaques. Il a affirmé que la Russie avait sensiblement intensifié ses attaques hybrides contre les intérêts européens depuis l'été, citant notamment l'attaque de drone contre un train entre Kiev et Varsovie, la tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig — que les services allemands lient au GRU russe — et le tir d'une fusée de signalisation à proximité d'une frégate danoise. Il a aussi mentionné plusieurs violations de l'espace aérien européen par la Russie. Après le Conseil de défense et de sécurité nationale, le Premier ministre a transmis les directives aux ministres et aux services, et le ministre de l'Intérieur a réuni les préfets des zones de défense et de sécurité afin de renforcer la préparation face aux attaques hybrides russes.
Là où les récits divergent
Un article attribue la directive préparant le plan de protection des infrastructures critiques au ministre de l'Intérieur français, tandis que les éléments factuels relient plus directement cet ordre à l'instruction du président Macron au gouvernement ; le même article indique que le ministre de l'Intérieur a par ailleurs réuni les préfets des zones de défense et de sécurité pour renforcer la préparation.
Contexte
La France a créé Viginum, service dédié à la détection des ingérences numériques étrangères, présenté comme une des premières structures européennes de ce type. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que des renseignements faisaient état de « plans de frappes hybrides » russes contre les pays soutenant l'Ukraine, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a évoqué une prochaine stratégie de sécurité de l'UE destinée à compléter l'article 4 du traité de l'OTAN.