Macron ordonne un plan de protection des infrastructures critiques face aux menaces hybrides russes
Le président français Emmanuel Macron a chargé le gouvernement de préparer un plan national de protection des infrastructures critiques et des sites sensibles du complexe de défense contre les drones hostiles et les cyberattaques russes. Annoncée le 18 septembre à l'Élysée après une réunion avec les chefs de partis parlementaires et le premier ministre Sébastien Lecornu, cette décision intervient dans un contexte de multiplication des incidents hybrides imputés à Moscou en Europe.
L'essentiel
- 18 septembre : Macron réunit à l'Élysée les chefs de partis, le premier ministre Sébastien Lecornu, les responsables du renseignement et le directeur général de l'Énergie.
- Le gouvernement est chargé d'élaborer un plan contre les cyberattaques et les drones, avec un focus sur les sites sensibles du complexe de défense.
- Macron affirme que la menace hybride russe s'est intensifiée ces dernières semaines et que la France y répondra.
- Exemples cités : drone sur un train Kyiv–Varsovie (13 septembre), drone avec explosifs à l'aéroport de Leipzig, fusée éclairante près d'une frégate danoise (14 septembre), violations d'espace aérien européen.
- Le ministre de l'Intérieur a réuni les préfets de zone défense et sécurité pour relever le niveau de préparation.
- La France copréside avec le Royaume-Uni la Coalition des volontaires ; des exercices sont prévus en Europe dans les semaines à venir.
Pourquoi c’est important
La France se dote d'un plan national formel contre les menaces hybrides russes, faisant de la protection des infrastructures critiques et du complexe de défense une priorité gouvernementale. En reliant explicitement cette protection au maintien du soutien à l'Ukraine, Macron inscrit la défense du territoire dans la continuité de l'effort européen face à Moscou. La coordination entre renseignement, intérieur, défense et préfets traduit une réponse interministérielle, dépassant le seul cadre des déclarations politiques.
Ce qui s’est passé
Le 18 septembre 2026, le président Emmanuel Macron a réuni à l'Élysée, dans une nouvelle salle de crise au niveau de sécurité maximal, les chefs des partis parlementaires — y compris des candidats déclarés à la présidentielle de 2027 — ainsi que le premier ministre Sébastien Lecornu, les chefs des services de renseignement et de sécurité et le directeur général de l'Énergie. À l'issue de cette rencontre, il a chargé le gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites les plus sensibles du complexe industriel et technologique de défense contre les attaques de drones et les cyberattaques. Le ministre de l'Intérieur a parallèlement convoqué les préfets de zone défense et sécurité pour renforcer la vigilance et mettre en place, dans la semaine, des états-majors de sécurité et de défense dans chaque département.
Macron a justifié cette décision par l'intensification, depuis l'été, de la menace hybride russe : attaque de drone contre un train de passagers entre Kyiv et Varsovie le 13 septembre, tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig au moyen d'un drone piégé que les services allemands attribuent au GRU russe, tir d'une fusée éclairante à proximité d'une frégate danoise le 14 septembre, et violations répétées de l'espace aérien de plusieurs pays européens. Il a promis une réponse française sans en préciser la forme, et réaffirmé que le soutien à l'Ukraine était plus nécessaire que jamais pour la sécurité de la France et l'avènement d'une paix juste et durable.
Contexte
Plusieurs incidents récents attribués à la Russie ont alimenté la décision française : découverte de drones russes en Moldavie, Roumanie, Lettonie, Estonie, Pologne et Lituanie, sabotage et espionnage présumés en Allemagne — dont la préparation d'attaques contre les routes d'aide militaire à l'Ukraine et l'incendie d'un colis dans un centre logistique DHL — et, selon les services danois, planifications de sabotages contre des entreprises de défense danoises. La France fut l'un des premiers pays européens à créer le service Viginum, dédié à la détection des ingérences numériques étrangères. Macron a par ailleurs rappelé que la France et le Royaume-Uni coprésidaient la Coalition des volontaires, des exercices devant se tenir en Europe dans les semaines à venir. Le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que les renseignements indiquaient des plans russes de frappes hybrides contre les pays soutenant l'Ukraine, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé qu'une nouvelle stratégie de sécurité de l'UE, complémentaire à l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord, serait présentée. Une note confidentive vue par France Télévisions cite comme cibles potentielles les centrales et réseaux électriques, les chemins de fer, les télécommunications et les réseaux d'eau potable, les services français se préparant à d'éventuelles attaques de grande ampleur d'ici l'automne 2027, avec un horizon 2030.