Publié le · Mis à jour :

Von der Leyen propose un Conseil de sécurité européen et un « protocole de sécurité d'urgence » analogue à l'article 4 de l'OTAN

Lors de son discours sur l'état de l'Union européenne prononcé le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé la création d'un Conseil de sécurité européen, présenté comme un format au niveau des chefs d'État et de gouvernement qui réunirait les pays de l'UE ainsi que des partenaires comme l'Ukraine, le Royaume-Uni, la Norvège et le Canada. Elle a également annoncé, avec la Haute Représentante Kaja Kallas, l'élaboration d'une nouvelle Stratégie européenne de sécurité et proposé un « protocole de sécurité d'urgence », mécanisme européen complémentaire de l'article 4 du traité de l'OTAN, activable par un État membre pour déclencher une concertation entre tous les membres face aux attaques hybrides.

L'essentiel

  • Discours sur l'état de l'Union prononcé le 16 septembre au Parlement européen à Strasbourg.
  • Proposition d'un Conseil de sécurité européen associant l'UE, l'Ukraine, le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada et d'autres partenaires.
  • Annonce con d'une Stratégie européenne de sécurité, élaborée avec la Haute Représentante Kaja Kallas.
  • Proposition d'un « protocole de sécurité d'urgence » conçu comme un équivalent européen de l'article 4 de l'OTAN.
  • Activation possible par un seul État membre : convocation de tous les membres pour coordonner une riposte européenne.
  • Von der Leyen affirme que les menaces hybrides (cyberattaques, sabotages, incendies criminels, incursions de drones) sont « de moins en moins hybrides » et s'intensifient quotidiennement.
  • Initiative présentée comme une réponse aux attaques russes et à l'affaiblissement des relations transatlantiques sous l'administration Trump.

Pourquoi c’est important

La proposition ouvre la voie à un possible basculement stratégique de l'UE vers une autonomie de défense accrue par rapport à l'OTAN. En qualifiant la Russie de menace directe pour l'ensemble de l'Union et non plus seulement pour les États du front oriental, von der Leyen pose les bases d'un mécanisme de réponse collective. L'initiative s'inscrit aussi dans la perception d'un désengagement américain sous la présidence Trump, notamment après les menaces d'annexion du Groenland et la révision du stationnement des troupes américaines en Europe.

Ce qui s’est passé

Le 16 septembre, Ursula von der Leyen a prononcé son discours annuel sur l'état de l'Union européenne devant le Parlement européen à Strasbourg. Elle y a proposé la création d'un Conseil de sécurité européen, un format au niveau des dirigeants associant les pays de l'UE et des partenaires partageant les mêmes vues — nommément l'Ukraine, le Royaume-Uni, la Norvège et le Canada — et consacré à la sécurité du continent. Avec la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Kaja Kallas, elle a annoncé la préparation d'une nouvelle Stratégie européenne de sécurité. Elle a également soumis un « protocole de sécurité d'urgence », présenté comme un équivalent ou un complément européen de l'article 4 de l'OTAN : un mécanisme activable par un seul État membre, qui convoquerait l'ensemble des membres pour coordonner une réponse européenne face aux incidents situés sous le seuil de l'agression armée mais menaçant la sécurité. Von der Leyen a qualifié les menaces hybrides — cyberattaques, sabotages, incendies criminels, incursions de drones — de « moins en moins hybrides » et a affirmé qu'elles s'intensifiaient chaque jour. Elle a cité plusieurs incidents récents : un drone russe tombé en Lituanie le 15 septembre, un hélicoptère militaire danois visé par des fusées de signalisation tirées depuis une frégate russe le 14 septembre, et les préparatifs de sabotage présumés découverts par le renseignement danois. La proposition est explicitement présentée comme une réponse à la fois à l'intensification des attaques russes et à l'affaiblissement des relations transatlantiques sous l'administration Trump.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les sources ukrainiennes présentent la proposition en plaçant explicitement l'Ukraine parmi les partenaires désignés du futur Conseil de sécurité européen, ce qui souligne la dimension sécuritaire directe pour Kyiv. Elles reprennent la lecture de von der Leyen selon laquelle la Russie ne s'en prend plus seulement aux États du front oriental mais à l'ensemble de l'UE, ce qui aligne la sécurité de l'Ukraine avec celle du continent. Les médias ukrainiens insistent aussi sur le double moteur de l'initiative : la menace russe d'une part, l'érosion du lien transatlantique de l'autre.

Là où les récits divergent

Une source situe le discours « aujourd'hui » au Parlement européen sans préciser la ville, tandis qu'une autre le localise à Strasbourg. Les deux formulations ne sont pas contradictoires — le Parlement européen siège à Strasbourg — mais sont formulées différemment.

Contexte

L'article 4 du traité de l'OTAN permet à tout État membre de demander des consultations avec ses alliés lorsqu'il perçoit une menace pour son intégrité territoriale ; il est souvent considéré comme une étape préalable à l'invocation de l'article 5. Parmi les incidents récents figurent la chute d'un drone russe en Lituanie le 15 septembre, le 14 septembre un hélicoptère militaire danois pris pour cible par des fusées de signalisation tirées depuis une frégate russe, et la découverte par le renseignement danois de préparatifs présumés de sabotage dans l'industrie de défense danoise. La formation du chancelier allemand Friedrich Merz et la ministre roumaine des Affaires étrangères Oana Țoiu ont publiquement appelé à activer l'article 4 de l'OTAN à la suite d'incidents récents impliquant des drones sur le territoire européen.