4 septembre 2026 · Mis à jour le 4 septembre 2026

Les prix alimentaires mondiaux atteignent leur plus haut niveau depuis fin 2022

En août, l'indice des prix alimentaires de la FAO est monté à 133,3 points, son plus haut niveau depuis fin 2022, avec une hausse de 1,9 % par rapport à juillet. Les cinq catégories suivies par l'indice ont augmenté, le sucre (+11,9 %) et les céréales (+2,2 %) menant la hausse. Les attaques en mer Noire pèsent sur les exportations ukrainiennes, tandis que la FAO a revu à la baisse sa prévision de production céréalière mondiale pour 2026.

L'essentiel

  • Indice FAO des prix alimentaires à 133,3 points en août, en hausse de 1,9 % sur un mois
  • Les cinq catégories de l'indice ont augmenté ; le sucre bondit de 11,9 %, les céréales de 2,2 %
  • L'indice reste près de 17 % en dessous du record de mars 2022
  • La FAO abaisse sa prévision de production céréalière 2026 de 3,4 Mt, à 2,980 Md de tonnes, soit –2 % sur un an
  • L'Ukraine a exporté 981 000 tonnes de céréales en août, 2,5 fois moins qu'il y a un an
  • Les attaques russes sur les ports ukrainiens depuis mi-juillet ont réduit les exportations maritimes de céréales
  • Sécheresse en Europe, El Niño attendu en Asie et conflit Iran-États-Unis ajoutent des risques pour les récoltes et les engrais

Pourquoi c’est important

Le retour de l'indice FAO à son plus haut niveau depuis fin 2022 signale une nouvelle vague d'inflation alimentaire, d'autant plus que la hausse touche simultanément les cinq catégories suivies, ce qui indique un choc systémique et non localisé. Les exportations ukrainiennes, déjà perturbées, contribuent à tendre le marché mondial.

Ce qui s’est passé

L'indice FAO des prix alimentaires a atteint 133,3 points en août, en hausse de 1,9 % par rapport à juillet, son plus haut niveau depuis fin 2022. Les prix ont augmenté dans les cinq catégories de l'indice : céréales (+2,2 %, plus haut depuis mai 2024), huiles végétales (+0,6 %, plus haut depuis juin 2022), sucre (+11,9 %, plus haut depuis juin 2025), viande et produits laitiers. La FAO a réduit sa prévision de production céréalière mondiale pour 2026 de 3,4 millions de tonnes, à 2,980 milliards de tonnes, ce qui représente une baisse de 2 % sur un an — la plus forte contraction annuelle depuis 2018. Les stocks mondiaux de céréales en fin de saison 2026/27 sont estimés à 947,2 millions de tonnes, en baisse de 1,1 %. En Ukraine, les exportations de céréales sont tombées à 981 000 tonnes en août, contre 2,5 fois plus un an plus tôt, et les ports sont de facto en situation de blocus après l'intensification des attaques russes sur les infrastructures portuaires depuis la mi-juillet.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les sources ukrainiennes着重 mettent l'accent sur l'impact direct sur l'économie nationale : chute brutale des exportations maritimes en août, recul de 7,2 % sur les deux premiers mois de la saison 2026/27 (3,726 Mt), avec –34,3 % pour le blé et –34,5 % pour l'orge, tandis que les exportations de maïs ont presque doublé. Selon l'analyse de Forbes Ukraine, si les restrictions persistent jusqu'à la fin de la saison 2026/27, l'Ukraine pourrait perdre plus de 5 milliards de dollars de recettes d'exportation et ne pas écouler environ 24 millions de tonnes de céréales.

Contexte

L'indice d'août reste environ 17 % en dessous du record de mars 2022. La région de la mer Noire est l'un des principaux corridors d'exportation céréalière mondiale ; l'intensification des attaques depuis la mi-juillet 2026 limite les expéditions depuis l'Ukraine comme depuis la Russie. La FAO anticipe une production céréalière 2026 en baisse de 2 % par rapport à 2025.