Régionales en Allemagne : l'AfD en tête en Mecklembourg-Poméranie, Die Linke en tête à Berlin, la CDU au plus bas
Les élections régionales du 20 septembre en Allemagne ont vu l'AfD arriver en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Die Linke mener à Berlin, et la CDU du chancelier Friedrich Merz s'effondrer à environ 5 % dans le Land de l'Est. Il s'agit du premier revers en 28 ans pour le SPD de Manuela Schwesig. Aucune coalition avec l'AfD n'étant envisageable, le Land restera probablement dirigé sans la formation d'extrême droite.
L'essentiel
- 20 septembre : élections régionales en Allemagne dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin.
- AfD en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale avec 37,3 % (exit poll ARD), SPD à 35,6 %, CDU à environ 5 %.
- À Berlin : Die Linke en tête avec 24,9 %, CDU deuxième à 20 %, AfD troisième à environ 16 %.
- Premier recul du SPD en Mecklembourg-Poméranie en 28 ans ; le candidat de l'AfD Leif-Erik Holm battu dans sa circonscription.
- Toutes les autres formations excluent une coalition avec l'AfD ; une coalition SPD-Die Linke-Verts est jugée la plus probable.
- Friedrich Merz qualifie le résultat de la CDU de « catastrophe » ; il a déclaré ne pas envisager de démissionner.
- L'AfD et Die Linke sont décrites comme pro-russes et opposées aux livraisons d'armes à l'Ukraine.
Pourquoi c’est important
L'AfD enlève un deuxième Land de l'Est allemand en quelques semaines, après la Saxe-Anhalt, confirmant la progression continue de l'extrême droite dans l'ex-RDA. Le SPD perd pour la première fois en 28 ans sa place de première force en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. La CDU de Merz s'effondre à environ 5 % dans ce Land — selon une source, elle n'aurait même pas franchi le seuil des 5 %, manquant pour la première fois l'entrée au parlement régional. À Berlin, Die Linke pourrait entrer pour la première fois au parlement régional. L'AfD comme Die Linke sont décrites comme pro-russes et opposées à l'aide militaire à l'Ukraine, donnant à ces résultats un retentissement direct sur la position allemande vis-à-vis de la guerre. Aucune coalition avec l'AfD n'étant formée, le Land restera toutefois vraisemblablement dirigé sans l'extrême droite. Au niveau national, l'AfD atteint un record d'environ 30 % dans les sondages pendant que la CDU chute à un plancher de 18-19 %.
Ce qui s’est passé
Le 20 septembre, deux élections régionales se sont tenues en Allemagne. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le Land d'environ 1,5 million d'habitants dirigé depuis 2017 par la SPD Manuela Schwesig, l'AfD est arrivée en tête avec 37,3 % des voix selon l'exit poll ARD, devant le SPD à 35,6 % et la CDU du chancelier Friedrich Merz à environ 5 %. Il s'agit du premier revers du SPD dans ce Land en 28 ans. Le candidat de l'AfD au poste de ministre-président, Leif-Erik Holm, a été battu dans sa circonscription par un candidat SPD et ne siégera pas au parlement régional. Toutes les autres formations ayant exclu une coalition avec l'AfD, une coalition SPD-Die Linke-Verts est jugée la plus probable.
À Berlin, Die Linke a pris la tête avec 24,9 % devant la CDU à 20 % et l'AfD à environ 16 %. Le maire sortant Kai Wegner (CDU) ne se représentait pas ; la CDU alignait le ministre régional des Finances Stefan Evers. Die Linke pourrait ainsi faire son entrée au parlement régional pour la première fois. Friedrich Merz a qualifié le résultat de la CDU de « catastrophe » tout en déclarant ne pas envisager de démissionner.
Ce qu’en disent les sources internationales
La couverture internationale met en avant le résultat brut — AfD première en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Die Linke première à Berlin — et l'effondrement historique de la CDU à l'Est, y compris la remarque du chancelier Merz parlant de « catastrophe ». La course à Berlin est traitée pour elle-même, avec en point d'orgue la perspective d'une première entrée de Die Linke au parlement régional. Les médias internationaux relèvent la progression parallèle de l'AfD au niveau national (autour de 30 %) et le plancher record de la CDU, mais présentent le résultat berlinois comme un récit distinct, à gauche, plutôt que comme un seul et même raz-de-marée d'extrême droite. Ils soulignent enfin que toutes les autres formations excluant une coalition avec l'AfD, le Land restera vraisemblablement dirigé sans l'extrême droite, avec une coalition SPD-Die Linke-Verts jugée la plus probable.
Là où les récits divergent
Les sources donnent des chiffres légèrement différents selon les dépouillements et projections. Pour l'AfD en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, les résultats vont de 37,3 % à 38,2 %. Pour le SPD dans le même Land, les chiffres oscillent entre 35,5 % et 35,7 %. Pour la CDU, une source indique « environ 5,3 % » ou « un peu plus de 5 % », une autre affirme 4,9 % et considère que la CDU a manqué le seuil de 5 % et n'entre pas au parlement régional. À Berlin, Die Linke est créditée de 24,9 % par certaines sources et de 24,5 % par d'autres. La date de la victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt est citée tantôt au 6, tantôt au 7 septembre.
Contexte
Berlin et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale sont deux des 16 Länder allemands ; les exécutifs régionaux disposent de compétences importantes, notamment en éducation et sur certaines questions de sécurité. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale compte environ 1,5 million d'habitants et présente l'un des plus forts taux de chômage du pays. Manuela Schwesig (SPD) est ministre-présidente depuis 2017 ; elle a auparavant été ministre fédérale de la Famille dans le troisième cabinet d'Angela Merkel. La presse allemande a révélé en 2022 qu'avant l'invasion russe de l'Ukraine elle était impliquée dans une fondation soutenue par Gazprom liée à Nord Stream 2. À Berlin, le maire sortant Kai Wegner (CDU) ne se représentait pas ; la CDU alignait le ministre régional des Finances Stefan Evers, l'AfD menant pour sa part Kristin Brinker. L'AfD avait remporté l'élection de Saxe-Anhalt le 6 ou 7 septembre avec environ 44 % des voix, précédent régional de la tendance à l'Est.