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Le Pen : la France ne peut plus aider financièrement l'Ukraine, Attal critique sa position

Marine Le Pen a déclaré jeudi au sommet Playbook Paris Live que la France ne peut plus aider financièrement l'Ukraine en raison de l'état de ses finances publiques, tout en se disant prête à maintenir la formation militaire et une aide matérielle limitée. Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal a répondu sur X que ce programme « sacrifie la sécurité de la France et de l'Europe » et livre l'Ukraine à Vladimir Poutine.

L'essentiel

  • Le Pen a déclaré jeudi au sommet Playbook Paris Live : « La France ne peut plus aider financièrement l'Ukraine. C'est dommage, mais nous n'en avons plus les moyens. »
  • Elle exclut tout abandon de Kyiv et se dit prête à poursuivre la formation des militaires ukrainiens et à fournir une aide matérielle limitée.
  • Elle veut que la France utilise sa diplomatie pour rechercher la paix et regrette que Paris reste à l'écart des négociations.
  • Elle souhaite retirer la France du commandement intégré de l'OTAN, mais pas tant que la guerre frappe aux portes de l'Europe.
  • Le Pen est en tête des sondages pour la présidentielle du printemps 2027 ; si elle l'emporte, Jordan Bardella, 31 ans, dirigera le gouvernement.
  • Gabriel Attal l'a accusée sur X de « sacrifier notre sécurité » et de « livrer l'Ukraine et l'Europe à Poutine sur un plateau d'argent ».
  • Attal a affirmé que « l'Ukraine est notre bouclier » et que la Russie attend la victoire électorale de Le Pen.

Pourquoi c’est important

Le Pen étant en tête des sondages pour la présidentielle française du printemps 2027, sa position sur l'Ukraine pèsera directement sur l'avenir de la politique française et européenne envers Kyiv. Sa proposition mettrait fin à l'aide financière française à l'Ukraine, alors même qu'elle propose de maintenir la formation militaire et une assistance matérielle limitée. Elle appelle également à un retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, ce qui remodelerait la place de la France dans l'Alliance. La virulence de la réponse d'Attal montre que le sujet ukrainien est devenu un axe central d'attaque contre Le Pen dans la campagne.

Ce qui s’est passé

Lors du sommet Playbook Paris Live jeudi, Marine Le Pen a affirmé que la France ne pouvait plus aider financièrement l'Ukraine, invoquant l'état du budget français. Elle a toutefois écarté tout abandon de Kyiv et s'est dite prête à continuer la formation des militaires ukrainiens ainsi qu'à fournir une aide matérielle ponctuelle. Le Pen a ajouté que la France devait mettre sa diplomatie au service de la recherche de la paix et regretté que Paris reste à l'écart des négociations. Elle a justifié sa position en estimant que la France ne devait pas combattre la Russie, puissance nucléaire, et a rejeté l'idée que la France soit déjà en conflit avec Moscou malgré les attaques hybrides du Kremlin contre des États européens. Elle a par ailleurs confirmé son intention de retirer la France du commandement intégré de l'OTAN, mais pas tant que la guerre se déroule aux portes de l'Europe. Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal a répondu sur X en accusant Le Pen de sacrifier la sécurité de la France et de l'Europe et en avertissant que la Russie attendait sa victoire électorale.

Là où les récits divergent

Le Pen affirme ne pas abandonner Kyiv puisqu'elle maintiendrait la formation militaire et une aide matérielle limitée, tandis qu'Attal présente son programme comme une livraison de l'Ukraine et de l'Europe à Vladimir Poutine et un abandon du « bouclier » ukrainien. Le Pen soutient que la France ne doit pas affronter la Russie, puissance nucléaire, et conteste que la France soit déjà en conflit avec Moscou ; ses détracteurs répliquent qu'abandonner l'Ukraine revient à placer une cible sur la France et que la Russie agit déjà contre l'Europe par des attaques hybrides.

Contexte

Le Pen peut se présenter à l'élection de 2027 grâce à une décision de la cour d'appel de Paris du 7 juillet, qui a confirmé sa condamnation dans l'affaire de détournement de fonds du Parlement européen tout en réduisant la durée de son ineligibilité. En mai, elle adoptait une ligne plus dure et promettait de quitter le commandement de l'OTAN dès son premier mandat, sans mentionner la guerre en Ukraine ; sa position actuelle reporte cette étape tant que la guerre frappe aux portes de l'Europe. En septembre, Le Pen et Bardella avaient publié un communiqué commun condamnant les actions hostiles de la Russie et affirmant que Moscou ne devait pas faire pression sur la France par des menaces, ce que Politico a interprété comme une volonté de répondre aux accusations de la droite modérée et de la gauche l'accusant d'être alliée à Poutine. Jordan Bardella avait auparavant proposé d'exiger des garanties de Kyiv en contrepartie de l'aide, l'argent reçu devant être dépensé en armes auprès des industriels de la défense des pays européens qui financent l'aide.