5 septembre 2026 · Mis à jour le 5 septembre 2026

Marine Le Pen et Édouard Philippe s'affrontent sur l'aide à l'Ukraine

Les candidats à la présidentielle française Marine Le Pen (Rassemblement national) et Édouard Philippe (Horizons) se sont publiquement opposés sur la promesse du RN de couper l'aide à l'Ukraine en cas d'arrivée au pouvoir. Philippe a accusé Le Pen de servir les intérêts de Moscou ; elle lui a reproché son propre bilan diplomatique et a réclamé une « grande conférence pour la paix ».

L'essentiel

  • L'échange a été déclenché par Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, qui a confirmé sur BFMTV la volonté du parti de cesser le soutien à l'Ukraine.
  • Édouard Philippe a affirmé que « couper le robinet » de l'aide à l'Ukraine équivaudrait à servir la Russie et menacerait la sécurité européenne et française.
  • Marine Le Pen a qualifié de « pitoyable » le bilan international de Philippe et rappelé que Vladimir Poutine avait été reçu à Versailles et au fort de Brégançon lorsque Philippe était Premier ministre.
  • Philippe a qualifié Le Pen de « voix de la faiblesse et de l'accommodement criminel avec le Kremlin ».
  • Le Pen a réclamé la tenue urgente d'une « grande conférence pour la paix » en vue d'un règlement diplomatique.
  • L'élection présidentielle française est prévue en deux tours fin avril et début mai 2027 ; Le Pen mène dans les sondages.
  • En août, l'ancien Premier ministre et candidat Gabriel Attal a déposé plainte contre une campagne présumée de désinformation russe ; le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a averti que Paris « ne tolérerait aucune tentative d'ingérence étrangère ».

Pourquoi c’est important

L'échange confirme que le dossier ukrainien est devenu un enjeu central de la campagne présidentielle française à l'approche de 2027. Le Pen étant en tête dans les sondages, l'engagement du RN de couper l'aide à l'Ukraine représente une perspective concrète qui pèse sur le soutien futur à Kyiv. Le débat cristallise une opposition de fond : l'aide à l'Ukraine comme garantie de sécurité européenne versus l'idée qu'elle servirait les intérêts russes.

Ce qui s’est passé

La passe d'armes a débuté après les déclarations de Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national et maire de Perpignan, sur BFMTV, où il a confirmé la volonté du parti d'extrême droite de mettre fin au soutien à l'Ukraine en cas de victoire. Édouard Philippe, candidat de Horizons et figure du centre droit, a aussitôt dénoncé cette orientation, y voyant un service rendu à la Russie et une menace pour la sécurité de l'Europe et de la France. Il a accusé Marine Le Pen d'être la « voix de la faiblesse et de l'accommodement criminel avec le Kremlin » et d'avoir soutenu que les livraisons d'armes à l'Ukraine et les sanctions contre Moscou étaient inutiles. Marine Le Pen a répliqué en qualifiant de « pitoyable » le bilan international de Philippe, rappelant que Vladimir Poutine avait été reçu à Versailles et au fort de Brégançon lorsque Philippe était Premier ministre. Elle a également réitéré son appel à la convocation urgente d'une « grande conférence pour la paix » en faveur d'un règlement diplomatique du conflit.

Là où les récits divergent

Marine Le Pen a affirmé que la guerre en Ukraine a déjà coûté la vie à deux millions de personnes, un chiffre très supérieur aux estimations habituelles des bilans de victimes rapportées.

Contexte

L'élection présidentielle française est prévue en deux tours fin avril et début mai 2027. Édouard Philippe a été Premier ministre sous le premier mandat d'Emmanuel Macron, période durant laquelle Vladimir Poutine a été reçu au château de Versailles puis au fort de Brégançon. En août, l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Gabriel Attal a déposé une plainte au sujet d'une prétendue opération russe de désinformation en amont du scrutin. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a prévenu que Paris « ne tolérerait aucune tentative d'ingérence étrangère ».