Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe alerte sur la catastrophe humanitaire à Olechky occupée
Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a exprimé son inquiétude face à la détérioration rapide de la situation humanitaire dans la ville occupée d'Olechky, dans la région de Kherson, et appelé à un cessez-le-feu local, à un accès humanitaire sans entrave et à l'évacuation des civils. Aucune livraison officielle de nourriture n'a atteint la ville depuis le 26 mai, les habitants sont privés de nourriture, d'eau, de médicaments et d'électricité, et l'unique route est minée et surveillée par des drones russes.
L'essentiel
- Le commissaire du Conseil de l'Europe Michael O'Flaherty a alerté, le 25 septembre, sur la crise humanitaire qui s'aggrave à Olechky.
- Selon lui, les civils, y compris des enfants, sont privés de nourriture, de médicaments, d'eau et d'électricité.
- La Russie, en tant que puissance occupante, est tenue par la IVe Convention de Genève de fournir nourriture et soins et de faciliter l'aide humanitaire, rappelle O'Flaherty.
- O'Flaherty a réclamé un cessez-le-feu local immédiat, un accès humanitaire sans entrave et l'évacuation sécurisée des civils.
- Aucune livraison officielle de nourriture n'a atteint Olechky depuis le 26 mai ; les tentatives ultérieures ont échoué.
- L'unique route vers la ville est minée et surveillée par des drones russes ; les convois humanitaires sont attaqués ou refoulés aux checkpoints.
- Sur les quelque 24 000 habitants d'avant l'invasion, environ 2 000 à 4 000 personnes (dont 47 à 200 enfants selon les sources) resteraient dans la ville.
Pourquoi c’est important
Des civils, dont des enfants et des personnes âgées, sont signalés en train de mourir de faim dans une ville européenne sous occupation russe depuis 2022. L'unique voie d'accès est minée et surveillée par des drones russes, ce qui bloque à la fois l'aide humanitaire et toute évacuation. Le commissaire du Conseil de l'Europe a publiquement mis en cause la Russie, en tant que puissance occupante, au regard de la IVe Convention de Genève. L'hiver approche et l'itinéraire de sortie à pied à travers des champs minés deviendra impraticable, rendant d'autant plus urgente l'ouverture de corridors humanitaires.
Ce qui s’est passé
Le 25 septembre, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a alerté sur la détérioration rapide de la situation humanitaire dans la ville occupée d'Olechky, sur la rive gauche du Dniepr, dans la région de Kherson. Selon ses déclarations, les civils, y compris des enfants, sont privés de nourriture suffisante, de médicaments, de soins médicaux, d'eau et d'électricité, et sont exposés à un risque élevé de mortalité selon les informations disponibles. Aucune livraison officielle de nourriture n'a atteint la ville depuis le 26 mai ; les tentatives ultérieures ont échoué. L'unique route est minée et surveillée par des drones russes : les convois humanitaires sont soit attaqués, soit refoulés aux checkpoints. O'Flaherty a réclamé un cessez-le-feu local immédiat, un accès humanitaire sans entrave et l'évacuation sécurisée des civils, et a rappelé que la Russie, puissance occupante au titre de la IVe Convention de Genève, est tenue de pourvoir aux besoins de la population et de faciliter l'aide humanitaire. Sur les quelque 24 000 habitants d'avant l'invasion, les estimations actuelles oscillent entre 2 000 et 4 000 personnes (les estimations varient selon les sources), dont une majorité de personnes âgées et à mobilité réduite, ainsi que des dizaines, voire des centaines, d'enfants. Des témoignages font état de cas où des familles mangent des chiens faute de nourriture, de soldats russes dérobant les dernières provisions aux habitants, et d'environ onze personnes ayant réussi à sortir à pied par des champs minés.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes mettent en avant Tetiana Hassanenko, chef de l'administration militaire d'Olechky, comme voix-clé documentant les conditions sur place : elle estime qu'environ 2 000 personnes restent dans la ville, dont 47 enfants, principalement des personnes âgées et à mobilité réduite. Le médiateur ukrainien Dmytro Loubinets a, pour sa part, cité plus de 6 000 personnes dans la zone élargie (dont environ 200 enfants) et déclaré que la Russie tarde à confirmer sa disposition à mener une évacuation, malgré des négociations antérieures. Le Conseil paneuropéen des Églises et des organisations religieuses s'est adressé au pape Léon XIV, à l'ONU et au CICR pour demander de l'aide. Le Centre national de la résistance ukrainien affirme que la Russie exploite la catastrophe humanitaire à des fins de propagande, accusant les forces armées ukrainiennes d'empêcher les livraisons d'aide.
Ce qu’en disent les sources internationales
Le principal porte-parole international cité est le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, qui a explicitement invoqué la IVe Convention de Genève et désigné la Russie comme puissance occupante responsable du bien-être des civils. La couverture internationale, notamment par le journal allemand Bild le 16 septembre, a qualifié la situation de blocus humanitaire et souligné la famine. Une pétition conjointe du Conseil paneuropéen des Églises adressée au pape Léon XIV est présentée comme un appel religieux et international à l'évacuation.
Là où les récits divergent
Les estimations du nombre de civils restés à Olechky divergent fortement : Tetiana Hassanenko, chef de l'administration militaire, avance environ 2 000 personnes dans la ville (dont 47 enfants) ; le médiateur Dmytro Loubinets a cité plus de 6 000 personnes dans la zone élargie, dont 200 enfants, un chiffre repris ailleurs avec 182 enfants ; le commissaire du Conseil de l'Europe a, lui, avancé une fourchette de 2 000 à 4 000 personnes. Par ailleurs, les forces russes sont signalées comme bloquant l'aide humanitaire, tandis que la propagande russe, telle que citée par le Centre national de la résistance ukrainien, affirme que ce sont les forces armées ukrainiennes qui empêcheraient les livraisons.
Contexte
Olechky est sous occupation russe depuis le premier jour de l'invasion à grande échelle en février 2022. La destruction du barrage de Kakhovka le 6 juin 2023 a privé la ville d'eau courante, d'électricité et de gaz centralisés. Avant la guerre, la communauté d'Olechky — la ville plus 12 autres localités — comptait environ 40 000 habitants, dont quelque 24 000 dans la ville elle-même. Cinq localités de la communauté ont été entièrement détruites et trois autres le sont à environ 80 %. En 2025, des « transporteurs » rémunérés évacuaient encore certaines personnes, mais ces filières n'existent plus.