Sybiha à l'ONU : la Russie provoque une catastrophe humanitaire à Olechky, en Khersonie occupée
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie prive les civils d'Olechky, ville occupée de la région de Kherson, d'électricité, de chauffage, de nourriture et d'eau, tout en les empêchant de quitter le territoire, et a appelé la communauté internationale à exiger l'ouverture de couloirs humanitaires. Il a comparé cette situation à l'Holodomor de 1932-1933, dénonçant une « arme de Moscou » alors et maintenant.
L'essentiel
- Sybiha s'est exprimé devant le Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation à Olechky, en Khersonie occupée.
- Les habitants d'Olechky et de la communauté environnante seraient privés d'électricité, de chauffage, de nourriture et d'eau.
- La Russie empêcherait les civils de quitter les territoires occupés, selon Sybiha, qui évoque des « boucliers humains ».
- Plus de 6 000 personnes, dont environ 200 enfants, resteraient à Olechky et dans les environs, près de la ligne de front.
- Sybiha a comparé la situation à l'Holodomor de 1932-1933, qualifiant la famine d'arme de Moscou.
- Il a cité une résidente d'Olechky, Ala, qui ne survit qu'en mangeant du pain.
- Le dernier approvisionnement en nourriture remonterait à fin mai 2026.
Pourquoi c’est important
En portant ces accusations devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Ukraine place la situation d'Olechky au cœur de l'agenda international et cherche à mobiliser une pression diplomatique pour ouvrir des couloirs humanitaires. Si les conditions décrites sont confirmées — privation de nourriture, de chauffage et d'électricité conjuguée à une interdiction de partir — elles constitueraient une famine forcée de civils en territoire occupé. En établissant un parallèle explicite avec l'Holodomor de 1932-1933, Kiev inscrit le conflit dans un cadre historique et moral particulièrement lourd.
Ce qui s’est passé
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha est intervenu au Conseil de sécurité de l'ONU pour dénoncer la situation humanitaire à Olechky, ville située dans la partie occupée de la région de Kherson, près de la ligne de front. Selon lui, les habitants d'Olechky et de la communauté environnante sont privés d'accès à l'électricité, au chauffage, à la nourriture et à l'eau, et la Russie les empêcherait de quitter le territoire occupé, les utilisant comme « boucliers humains ». Il a cité le cas d'une résidente nommée Ala qui ne survit qu'en mangeant du pain, et indiqué que plus de 6 000 personnes, dont environ 200 enfants, se trouveraient encore dans la zone. Sybiha a par ailleurs affirmé que les forces russes ont commis plus de 90 actes de violence sexuelle contre des civils et militaires ukrainiens, y compris des enfants. Il a comparé la situation à l'Holodomor de 1932-1933, parlant d'une « arme de Moscou » d'hier et d'aujourd'hui, et a appelé la communauté internationale à exiger de Moscou l'ouverture de couloirs humanitaires.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les deux sources ukrainiennes — l'agence Interfax-Ukraine et le média hromadske — placent au centre l'intervention de Sybiha au Conseil de sécurité et son parallèle avec l'Holodomor. Interfax-Ukraine met l'accent sur le cadre historique et moral, évoquant la « reproduction des crimes du passé », tandis que hromadske privilégie le message humanitaire immédiat sur la famine imposée aux civils. Les deux sources soulignent les appels ukrainiens à la communauté internationale — l'ONU dans le cas de Sybiha, le pape Léon XIV dans celui du Conseil panukrainien des Églises et organisations religieuses — pour agir à Olechky.
Contexte
Olechky se trouve dans la partie de la région de Kherson occupée par les forces russes et est proche de la ligne de front, ce qui rend l'évacuation et l'acheminement de l'aide difficiles. Le 16 septembre, le Commissaire aux droits de l'homme de la Rada, Dmytro Lubinets, avait déclaré que la Russie refusait depuis longtemps de confirmer sa disponibilité pour une mission humanitaire d'évacuation. Le Conseil panukrainien des Églises et organisations religieuses a par ailleurs lancé un appel au pape Léon XIV pour qu'il use de tous les moyens possibles afin de sauver les habitants d'Olechky de la famine. Le dernier approvisionnement en nourriture de la ville remonterait à fin mai 2026.