L'ombudsman ukrainien accuse la Russie de bloquer l'évacuation humanitaire d'Olechkhy
L'ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets a déclaré le 16 septembre 2026 que la Russie refuse de confirmer sa participation à l'évacuation humanitaire des civils de la ville occupée d'Olechkhy, dans l'oblast de Kherson. Environ 6 000 personnes, dont quelque 200 enfants, y seraient toujours piégées sans nourriture, eau ni médicaments, tandis que des civils tentent de fuir par eux-mêmes à travers des champs minés.
L'essentiel
- L'ombudsman Dmytro Lubinets affirme que la Russie ne confirme pas depuis longtemps sa disposition à mener une mission d'évacuation humanitaire depuis Olechkhy.
- Le bureau de l'ombudsman a vérifié les données de 358 personnes ayant un besoin urgent d'aide pour quitter les territoires occupés.
- Plus de 6 000 personnes, dont environ 200 enfants, resteraient à Olechkhy et dans le district environnant.
- Les civils restants sont exposés quotidiennement aux tirs d'artillerie et aux attaques de drones et manquent de nourriture, d'eau potable et de médicaments.
- Certains civils quittent Olechkhy à pied en traversant des champs minés, au risque d'explosions ou de frappes de drones.
- L'Ukraine et la Russie avaient précédemment convenu d'algorithmes d'action et d'une liste de personnes à évacuer.
- Le CICR s'est déclaré prêt, dans le cadre de son mandat, à participer à l'évacuation des habitants d'Olechkhy.
Pourquoi c’est important
Une population civile importante reste piégée dans une zone occupée sans accès aux biens de première nécessité et sous la menace quotidienne de tirs d'artillerie et d'attaques de drones. Malgré des accords antérieurs entre l'Ukraine et la Russie sur les modalités techniques de l'évacuation, la Russie refuse de confirmer sa participation, laissant la mission au point mort et poussant des civils à tenter une fuite périlleuse à travers des champs minés.
Ce qui s’est passé
Le 16 septembre 2026, l'ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets a déclaré que la Russie ne confirmait pas sa disposition à mener une mission d'évacuation humanitaire depuis la ville occupée d'Olechkhy, dans l'oblast de Kherson. Son bureau a vérifié les données de 358 personnes ayant un besoin urgent d'aide pour quitter les territoires occupés et reçu 176 appels concernant la situation humanitaire dans la partie temporairement occupée de l'oblast de Kherson. Selon les estimations, plus de 6 000 personnes, dont quelque 200 enfants, seraient toujours à Olechkhy et dans le district environnant, exposées quotidiennement aux tirs d'artillerie et aux attaques de drones, et privées de nourriture, d'eau potable et de médicaments. Certains civils quittent la ville à pied en traversant des champs minés, au risque d'explosions ou de frappes de drones. Des négociations antérieures, notamment le 15 mai, avaient permis de s'accorder sur les algorithmes d'action et sur une liste de personnes à évacuer depuis Olechkhy et d'autres localités comme Stara Zbourivka, Nova Zbourivka et Hola Prystan. L'Ukraine avait par ailleurs coordonné avec ses forces de sécurité et de défense l'instauration d'un régime de cessez-le-feu pendant la mission humanitaire. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré prêt, dans le cadre de son mandat, à participer à l'évacuation.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les quatre sources de l'ensemble fourni sont ukrainiennes et concentrent le récit sur la déclaration de Lubinets, qui impute le blocage de l'évacuation au refus de la Russie de confirmer sa participation. Le bureau de l'ombudsman y est présenté comme l'acteur institutionnel central, avec la vérification de 358 personnes nécessitant une évacuation et la réception de 176 appels. La couverture met l'accent sur le danger couru par les civils contraints de s'auto-évacuer à travers des champs minés et qualifie la situation de catastrophe humanitaire causée par l'occupation russe. Les allégations de propagande russe selon lesquelles les forces armées ukrainiennes empêcheraient les livraisons d'aide sont rapportées comme contre-récit via le Centre de résistance nationale.
Là où les récits divergent
Les chiffres sur les enfants restant dans la communauté d'Olechkhy varient : un reportage de juin citait 182 enfants, tandis que l'estimation plus large pour Olechkhy et le district environnant évoque environ 200 enfants. Par ailleurs, la propagande russe, relayée par le Centre de résistance nationale, affirme que les forces armées ukrainiennes empêchent les livraisons d'aide à Olechkhy, ce qui contredit les récits ukrainien et onusien qui attribuent la responsabilité de la situation humanitaire à l'occupation russe.
Contexte
Des négociations tenues le 15 mai avaient déjà produit des algorithmes convenus et une liste de personnes à évacuer depuis Olechkhy et d'autres localités, dont Stara Zbourivka, Nova Zbourivka et Hola Prystan. Au 24 juin 2025, la Mission de surveillance des droits de l'homme des Nations Unies en Ukraine signalait qu'aucun approvisionnement alimentaire n'avait atteint Olechkhy sous occupation russe depuis le 26 mai. Olechkhy est située sur la rive gauche du Dniepr, près de Kherson, dans une zone grise. Selon le ministère ukrainien des Affaires étrangères, les infrastructures critiques dans certaines parties de l'oblast de Kherson occupé, y compris l'électricité et le gaz, ont été effectivement détruites. L'ONU et le siège du CICR à Genève avaient été informés de la situation critique à Olechkhy plusieurs mois avant la déclaration de Lubinets.