La Turquie va recevoir une partie du diesel russe autorisé par l'accord Trump-Poutine, critiqué par Zelensky
Le ministre turc de l'Énergie, Alparslan Bayraktar, a annoncé que la Turquie recevra une partie du diesel russe que Moscou fournira aux marchés mondiaux dans le cadre d'un accord avec les États-Unis annoncé le 9 octobre par Donald Trump. Cette disposition, qui prend la forme d'une licence temporaire de l'OFAC, a été vivement critiquée par le président Volodymyr Zelensky, des responsables européens et des élus américains des deux partis.
L'essentiel
- Annonce par le ministre turc de l'Énergie Alparslan Bayraktar que la Turquie recevra une partie du diesel russe fourni aux marchés mondiaux.
- Le 9 octobre, Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine sur la fourniture de diesel russe aux marchés américains et mondiaux.
- Après cette annonce, le Trésor américain a indiqué que l'OFAC délivrait une licence temporaire pour l'exportation de diesel russe.
- Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l'équipe de négociation ukrainienne était « utilisée comme couverture » et qualifié la déclaration de Trump de « malhonnête ».
- Bayraktar a qualifié l'accord d'important pour la sécurité énergétique de la Turquie, sans préciser les volumes.
- Wright (Énergie) présente la licence comme une « carotte » pour pousser la Russie à mettre fin à la guerre ; Rubio (État) affirme que le diesel aurait été vendu de toute façon.
- Des sénateurs américains des deux partis exigent l'annulation de l'accord.
Pourquoi c’est important
L'accord permet d'élargir les exportations russes de diesel vers les marchés mondiaux, y compris la Turquie, offrant potentiellement un répit économique à Moscou en pleine guerre. Il a provoqué une fracture publique rare entre l'administration américaine et l'Ukraine, Zelensky accusant les États-Unis d'utiliser l'équipe de négociation ukrainienne comme « couverture ». Les responsables de l'administration Trump ont en outre livré publiquement des explications contradictoires sur la finalité de l'accord, et des sénateurs des deux partis demandent son annulation, signalant une pression politique intérieure sur la Maison-Blanche.
Ce qui s’est passé
Le 9 octobre, Donald Trump a annoncé qu'il s'était entendu avec Vladimir Poutine sur la fourniture de diesel russe aux marchés américains et mondiaux. Le Trésor américain a ensuite indiqué que l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) délivrait une licence temporaire d'exportation pour ce diesel. À la date de cette annonce, l'équipe de négociation ukrainienne se trouvait aux États-Unis ; le président Volodymyr Zelensky a affirmé qu'elle était « utilisée comme couverture » et qualifié la déclaration de Trump de « malhonnête » et « non partenariale ». Quelques jours après, la Russie a déclaré sa disposition à augmenter ses exportations de diesel, le vice-premier ministre russe Alexander Novak évoquant une capacité de 3 à 3,5 millions de tonnes par mois d'ici la fin de l'année. Trois jours après l'annonce de l'accord, le 12 octobre, le ministère russe de la Défense a indiqué que l'armée avait lancé une campagne de frappes massives contre les installations énergétiques ukrainiennes ; Zelensky a rapporté 76 attaques contre le secteur énergétique et gazier ukrainien durant la semaine suivant l'annonce du cessez-le-feu énergétique, accompagnées de près de 2 700 drones, 1 700 bombes guidées et 66 missiles, avant de lever le 15 octobre le moratoire ukrainien sur les frappes contre les installations énergétiques russes. Le ministre turc de l'Énergie Alparslan Bayraktar a annoncé que la Turquie recevrait une partie de ce diesel dans le cadre de ses propres négociations, qualifiant l'arrangement d'important pour la sécurité énergétique du pays sans en préciser les volumes. L'accord a été critiqué par Zelensky, des responsables européens et des élus républicains — membres du propre parti de Trump —, et des sénateurs des deux partis ont exigé son annulation.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les trois articles ukrainiens fournis (Бабель, ZN.UA) traitent l'accord sous un angle critique, en soulignant l'accusation de Zelensky selon laquelle l'équipe ukrainienne est « utilisée comme couverture », l'opposition de responsables européens et d'élus américains des deux partis, et le statut de « carotte » décrit par un responsable de Trump pour qualifier la transaction.
Là où les récits divergent
Le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright a décrit la licence d'exportation de diesel russe comme une « carotte » destinée à pousser Moscou à mettre fin à la guerre, tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a avancé une justification différente en affirmant que ce diesel aurait de toute façon été vendu sur le marché — une contradiction dans les motivations invoquées par des responsables de l'administration Trump.
Contexte
La Russie avait déjà restreint ses exportations de diesel ces derniers mois en raison de problèmes d'approvisionnement. La Turquie reste fortement dépendante des importations énergétiques en provenance de Russie, d'Iran et d'Azerbaïdjan, tout en cherchant à diversifier ses fournisseurs, y compris vers les États-Unis. Ankara prévoit par ailleurs de lancer une deuxième plateforme flottante de production de gaz en mer Noire en 2028, afin de porter la production quotidienne à 45 millions de mètres cubes.