Un porte-parole ukrainien accuse des soldats russes d'avoir exécuté des prisonniers de guerre sur le front de Goulaïpole
Le porte-parole du groupement de forces « Sud » (Південь), Maksym Kravtchouk, a rapporté à Ukraïnskka Pravda que des soldats russes avaient exécuté des militaires ukrainiens qu'ils venaient de capturer sur le front de Goulaïpole, dans l'oblast de Zaporijjia. Selon lui, les auteurs appartiennent probablement à la 38ᵉ brigade motorisée distincte de l'armée russe, dont le commandant, le colonel Valerii Kazak, serait à l'origine de tels ordres. Le Bureau du procureur général a ouvert une enquête pour crime de guerre.
L'essentiel
- Fait : des militaires ukrainiens précédemment capturés ont été exécutés sur le front de Goulaïpole, dans l'oblast de Zaporijjia.
- Les auteurs appartiennent probablement à la 38ᵉ brigade motorisée distincte des forces armées russes.
- Audio intercepté : les soldats russes ont reçu l'ordre « вот єтого которий 300-ий его добить п*дараса » et « обнуляйте сразу ».
- Bilan préliminaire : environ deux prisonniers ukrainiens sans armes auraient été tués.
- Vidéo : la scène a également été filmée par un drone ukrainien.
- Procédure : le Bureau du procureur général a ouvert une enquête préliminaire au titre de l'article 438, alinéa 2, du Code pénal ukrainien (crime de guerre ayant causé la mort).
- Contexte : le médiateur parlementaire ukrainien a recensé au moins 337 exécutions délibérées de militaires ukrainiens s'étant rendus (à mai 2026) ; l'ONU en a confirmé au moins 129.
Pourquoi c’est important
Cette affaire documente une nouvelle exécution présumée de prisonniers de guerre ukrainiens, étayée par des écoutes audio et des images de drone. Elle permet de remonter jusqu'à une unité russe précise — la 38ᵉ brigade motorisée distincte — et de nommer son commandant, le colonel Valerii Kazak, présenté comme l'instigateur de tels ordres. L'ouverture d'une procédure pour crime de guerre par le Bureau du procureur général ukrainien inscrit l'événement dans un cadre judiciaire, et les chiffres cumulés (au moins 337 exécutions recensées par le médiateur parlementaire ukrainien et 129 confirmées par l'ONU depuis le début de l'invasion à grande échelle) en font un élément d'un schéma plus large.
Ce qui s’est passé
Maksym Kravtchouk, porte-parole du groupement de forces « Sud », a déclaré à Ukraïnskka Pravda que des soldats russes avaient capturé puis exécuté des militaires ukrainiens sur le front de Goulaïpole, dans l'oblast de Zaporijjia. Selon lui, les auteurs appartiennent probablement à la 38ᵉ brigade motorisée distincte des forces armées russes. Les Forces de défense ukrainiennes ont obtenu, au moment des faits, des écoutes des communications des militaires russes dans lesquelles ont été prononcés les ordres « вот єтого которий 300-ий его добить п*дараса » (« achevez le blessé grave ») et « обнуляйте сразу » (« éliminez-le sur place »). Selon les données préliminaires, environ deux prisonniers ukrainiens sans armes ont été tués. La scène a également été filmée par un drone ukrainien. Kravtchouk a ajouté que, dans cette brigade, ce type d'ordres est donné à l'initiative du commandant de brigade, le colonel Valerii Kazak. Le Bureau du procureur général de l'Ukraine a ouvert une enquête préliminaire au titre de l'article 438, alinéa 2, du Code pénal ukrainien (crime de guerre ayant causé la mort), sous la direction procédurale du parquet de l'oblast de Zaporijjia.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
La couverture, exclusivement ukrainienne, s'organise autour du porte-parole Maksym Kravtchouk et d'Ukraïnskka Pravda comme source initiale. Elle met en avant les preuves documentaires : écoutes des ordres en russe et images de drone. Les médias ukrainiens soulignent l'implication du Bureau du procureur général et le transfert des pièces à la police, qualifiant l'épisode de crime de guerre documenté. La 38ᵉ brigade motorisée distincte et son commandant, le colonel Valerii Kazak, sont nommément désignés comme auteurs probables, ce qui place l'incident dans un cadre de responsabilité individuelle. L'événement est inscrit dans un contexte plus large : 337 exécutions délibérées de militaires ukrainiens s'étant rendus recensées par le médiateur parlementaire (à mai 2026) et au moins 129 morts confirmées par l'ONU depuis le début de l'invasion à grande échelle.
Là où les récits divergent
Les sources ukrainiennes divergent sur deux points. Premièrement, le bilan : les informations issues du porte-parole et des procureurs évoquent environ deux prisonniers sans armes tués, tandis que le Bureau du procureur général n'a pas précisé le nombre ni la date exacte de l'incident. Deuxièmement, l'attribution : la responsabilité de la 38ᵉ brigade motorisée distincte est présentée comme probable, et non confirmée, et certaines sources ajoutent — toujours selon le porte-parole — que les ordres de ce type dans cette brigade émanent de son commandant, le colonel Valeriy Kazak.
Contexte
Le front de Goulaïpole (Houliaïpole), dans l'oblast de Zaporijjia, est un secteur où les Forces de défense ukrainiennes affrontent notamment la 38ᵉ brigade motorisée distincte de l'armée russe. Les expressions interceptées — « вот єтого которий 300-ий его добить п*дараса » (« achever le 300ᵉ, celui qui est à 300 ») et « обнуляйте сразу » (« remettre à zéro immédiatement ») — désignent l'achèvement d'un soldat ukrainien blessé et son élimination sur place.