Erdogan appelle Poutine après les frappes de drones contre des navires en mer Noire
Le 7 octobre, le président turc Recep Erdogan a eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine pour évoquer la sécurité de la navigation en mer Noire, au lendemain de deux attaques de drones contre des navires marchands dans les eaux bulgares et roumaines. Zelensky impute ces frappes à la Russie ; l'UE les juge inacceptables et fournira des images satellites à Bucarest et Sofia.
L'essentiel
- Le 7 octobre, le président turc Recep Erdogan s'est entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine.
- Erdogan a souligné l'importance d'assurer la sécurité de la navigation en mer Noire et s'est dit prêt à faciliter des contacts directs entre Moscou et Kiev.
- Le 6 octobre, deux navires marchands, ALFA WATAN (pavillon togolais) et ABLE (pavillon palauan), ont été frappés par des drones dans la zone économique exclusive bulgare ; le bilan fait état de deux morts.
- Le 5 octobre, le navire Royad Mammadov, transportant du maïs ukrainien vers l'Italie, a été touché près de la plateforme gazière roumaine Pescăruș ; le capitaine est mort et 11 membres d'équipage ont été secourus.
- Les trois navires attaqués appartiennent à des compagnies turques.
- Volodymyr Zelensky affirme que la Russie est responsable des frappes et que la marine ukrainienne a contacté ses homologues bulgares.
- L'UE juge les attaques russes inacceptables et fournira, à la demande de la Roumanie et de la Bulgarie, des images satellites des zones concernées.
Pourquoi c’est important
Le président d'un État membre de l'OTAN a directement interpellé le Kremlin sur la sécurité maritime après des frappes meurtrières dans les eaux d'alliés bulgares et roumains. Trois attaques de drones en deux jours contre le transport commercial ont fait au moins trois morts et touchent des navires au moins en partie turcs, ce qui donne à Ankara un intérêt matériel direct et une fenêtre diplomatique pour servir de médiateur. L'UE a condamné ces frappes et décidé de fournir des images satellites à la Roumanie et à la Bulgarie, signalant un possible durcissement de la réponse occidentale.
Ce qui s’est passé
Le 5 octobre, le navire Royad Mammadov, qui transportait du maïs ukrainien vers l'Italie avec à son bord des citoyens azerbaïdjanais et indiens, a été frappé par des drones près de la plateforme gazière roumaine Pescăruș ; selon Volodymyr Zelensky, deux drones russes ont été utilisés, le capitaine a péri et 11 membres d'équipage ont été secourus. Le 6 octobre, dans la zone économique exclusive bulgare, deux autres navires marchands ont été attaqués : l'ALFA WATAN (pavillon togolais) a coulé et l'ABLE (pavillon palauan) a pris feu ; le ministère roumain de l'Intérieur fait état de deux morts. Zelensky affirme que la marine ukrainienne a contacté ses homologues bulgares et attribue les frappes à la Russie. L'Union européenne a condamné ces attaques et annoncé, à la demande de Bucarest et Sofia, la fourniture d'images satellites des zones maritimes concernées. Le 7 octobre, le président turc Recep Erdogan a eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, annoncé par la présidence turque sur le réseau X ; les deux dirigeants ont évoqué les questions bilatérales, régionales et mondiales, et Erdogan a souligné l'importance d'assurer la sécurité de la navigation en mer Noire et s'est dit prêt à faciliter des contacts directs entre Moscou et Kiev.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les six sources disponibles sont ukrainiennes et centrent le récit sur l'attribution par Zelensky des deux attaques à la Russie, en soulignant leur impact sur le transport civil et les exportations ukrainiennes de céréales. Elles présentent l'appel d'Erdogan comme une riposte diplomatique aux frappes contre des navires liés à des compagnies turques, tout en rappelant les propositions antérieures d'Ankara pour stopper les hostilités en mer Noire. Les médias ukrainiens mettent en avant la condamnation européenne et la fourniture d'images satellites à la Roumanie et à la Bulgarie comme une réponse occidentale à l'escalade russe en mer.
Là où les récits divergent
Le bilan de l'attaque du Royad Mammadov du 5 octobre diverge selon les sources : un premier compte rendu fait état d'au moins un mort, tandis que des informations ultérieures attribuent deux décès, dont celui du capitaine, à la frappe.
Contexte
Les trois navires attaqués appartenaient à des compagnies turques, ce qui lie directement Ankara aux frappes. La Turquie avait déjà transmis à Kiev et Moscou des propositions visant à stopper les hostilités et les attaques en mer Noire, et Erdogan avait indiqué avoir reçu un signal positif du président ukrainien concernant la reprise des exportations de céréales par la mer Noire.