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La Russie appelle les diplomates à quitter Kiev : l'UE et ses ambassades refusent de partir

Le ministère russe des Affaires étrangères a exhorté les étrangers, y compris le personnel diplomatique, à quitter Kiev et menacé de nouveaux « bombardements massifs » sur la capitale ukrainienne. L'UE, l'ambassadrice de l'UE en Ukraine Kateryna Maternova, ainsi que les ambassades des 25 États membres, l'Estonie et la Pologne ont répondu publiquement qu'ils restaient à Kiev. La réponse européenne s'inscrit dans le cadre de la préparation du plus grand paquet de sanctions jamais envisagé contre Moscou.

L'essentiel

  • Le ministère russe des Affaires étrangères a publié le 3 octobre un avertissement appelant les étrangers, y compris les diplomates, à quitter Kiev et menaçant de nouveaux « bombardements massifs » sur la capitale.
  • L'ambassadrice de l'UE en Ukraine, Kateryna Maternova, a déclaré que la délégation de l'UE et les 25 ambassades des États membres présentes à Kiev y restaient et continuaient à travailler.
  • Maternova a renvoyé aux conventions de Vienne régissant les missions diplomatiques et a averti la Russie de ne pas en tester la solidité.
  • Le porte-parole de la Commission européenne Christian Wigand a affirmé que les menaces russes visaient à intimider l'Europe pour qu'elle réduise son soutien à l'Ukraine ; la délégation de l'UE « continue de travailler à Kiev sans changement ».
  • L'Estonie et la Pologne ont confirmé que leurs ambassades demeuraient à Kiev malgré les menaces russes.
  • The Guardian a rapporté que des diplomates occidentaux préparaient en privé des plans de relocalisation ; le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères Heorhiy Tykhyi a nié avoir reçu une telle notification de la part des partenaires.
  • L'UE prépare son « plus grand paquet de sanctions de l'histoire » contre la Russie, après les nouvelles sanctions adoptées le 28 septembre sur la déportation d'enfants ukrainiens.

Pourquoi c’est important

La Russie a explicitement désigné la présence des ambassades étrangères à Kiev dans sa menace, faisant planer le risque de frappes sur des cibles diplomatiques en violation des conventions de Vienne. En retour, les institutions européennes, les ambassades des 25 États membres, l'Estonie et la Pologne ont rejeté la menace et annoncé qu'elles restaient, livrant un signal coordonné de soutien politique continu à l'Ukraine. L'échange intervient alors que l'UE travaille à son plus vaste paquet de sanctions jamais conçu contre Moscou, et que The Guardian rapporte que des diplomates occidentaux préparent en privé des plans de relocalisation — un écart entre posture publique et préparation qui est en soi un élément notable.

Ce qui s’est passé

Le 3 octobre, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un avertissement appelant les étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques, à quitter Kiev et annonçant de nouveaux « bombardements massifs » contre la capitale, justifiés par Moscou comme une réponse à des frappes ukrainiennes contre des installations militaires russes. Le ministère a ajouté que la responsabilité de toute conséquence négative incomberait à ceux qui ignoreraient l'avertissement.

Le 4 octobre, la réponse européenne s'est organisée publiquement. L'ambassadrice de l'UE en Ukraine, Kateryna Maternova, a déclaré que la délégation de l'UE et les 25 ambassades des États membres à Kiev y restaient et continuaient à travailler. Elle a renvoyé aux conventions de Vienne régissant les missions diplomatiques et averti la Russie de ne pas en tester la solidité, et a publié sur X que les menaces « ne stopperont pas le soutien de l'Europe à l'Ukraine ». Le porte-parole de la Commission européenne Christian Wigand a affirmé que les menaces visaient à intimider l'Europe pour qu'elle réduise son soutien à Kiev, a souligné que la délégation de l'UE « continue de travailler à Kiev sans changement », et a indiqué que l'UE préparait le plus grand paquet de sanctions de son histoire contre la Russie. L'Estonie et la Pologne ont également confirmé que leurs ambassades restaient à Kiev.

Le contexte immédiat incluait une frappe russe contre le pont Nord de Kiev le matin même, et un entretien la veille, le 3 octobre, du président Volodymyr Zelensky à Reuters, dans lequel il annonçait une intensification des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes en représailles à l'escalade des bombardements.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les sources ukrainiennes font de la déclaration de l'ambassadrice de l'UE Kateryna Maternova — « nous restons » — le message principal, ainsi que de sa référence aux conventions de Vienne et de son post sur X. Elles mettent également en avant la promesse de Zelensky d'intensifier les frappes contre les raffineries russes comme réponse ukrainienne à l'escalade. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Heorhiy Tykhyi, a rejeté les informations du Guardian sur une relocalisation des ambassades, en faisant valoir qu'aucune notification en ce sens n'avait été reçue. Le récit présente la Russie comme l'agresseur menaçant une capitale souveraine et l'UE comme un soutien ferme et continu, adossé à des plans d'achats de défense, à une aide militaire et à de nouvelles sanctions.

Là où les récits divergent

Une première divergence porte sur le déplacement des ambassades occidentales : The Guardian a rapporté que des diplomates préparaient en privé des plans de relocalisation vers Lviv ou l'est de la Pologne, tandis que le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères Heorhiy Tykhyi a nié toute notification de ce type, et que l'ambassadrice de l'UE Maternova ainsi que l'UE elle-même ont affirmé que la délégation de l'UE et les 25 ambassades des États membres restaient à Kiev. Une seconde divergence concerne la date d'un précédent avertissement russe analogue : certaines sources le situent en mai 2025, d'autres en mai 2026, avec dans les deux cas le contraste avec 2022, où les ambassades avaient alors quitté la capitale.

Contexte

La Russie a déjà proféré des menaces analogues à l'encontre des diplomates étrangers à Kiev, notamment fin mai, sans que les missions diplomatiques ne quittent la capitale. Cette fois, l'avertissement s'inscrit dans une intensification des frappes russes sur Kiev, recourant de plus en plus à des drones à réaction plus difficiles à intercepter, selon les informations disponibles. Côté européen, l'UE a approuvé cette année des plans d'achats de défense pour l'Ukraine totalisant 28,3 milliards d'euros, ainsi qu'une enveloppe distincte de 6,6 milliards d'euros d'assistance militaire. Le 28 septembre, l'UE a imposé de nouvelles sanctions liées à la déportation d'enfants ukrainiens, et elle a récemment condamné les menaces nucléaires russes envers les États membres de l'OTAN, après un document russe adressé à l'OTAN évoquant l'éventuel recours à l'ensemble de l'arsenal, y compris nucléaire, en cas de tentative d'isolement de la région de Kaliningrad.