La délégation de l'UE reste à Kyiv malgré les menaces de frappes massives russes
Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé les étrangers, y compris les diplomates, à quitter Kyiv et a menacé de nouvelles frappes massives sur la capitale ukrainienne. La Commission européenne a répondu que la délégation de l'UE reste à Kyiv, qualifiant ces menaces d'intimidation visant à réduire le soutien européen à l'Ukraine.
L'essentiel
- Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé les étrangers et le personnel diplomatique à quitter Kyiv et a annoncé de nouvelles « frappes massives » sur la ville.
- L'ambassadrice de l'UE Kateryna Maternova a déclaré le 4 octobre que la délégation de l'UE reste à Kyiv malgré les menaces russes.
- Le porte-parole de la Commission européenne, Christian Wiegand, a qualifié les menaces russes d'intimidation visant à pousser l'Europe à réduire son soutien à l'Ukraine.
- La Commission a affirmé que la délégation de l'UE continue de travailler à Kyiv sans changement.
- Wiegand a indiqué que l'UE prépare son plus grand paquet de sanctions jamais conçu contre la Russie.
- L'UE a condamné les menaces nucléaires russes envers les pays membres de l'OTAN, dans un contexte de document russe adressé à l'OTAN évoquant l'usage potentiel de l'arsenal complet, y compris nucléaire.
- Le 28 septembre, l'UE a imposé de nouvelles sanctions en réponse à la déportation d'enfants ukrainiens.
Pourquoi c’est important
L'épisode teste directement la volonté des diplomates occidentaux de rester à Kyiv face aux menaces russes de frappes massives, l'UE présentant ces menaces comme une tentative de fragiliser le soutien européen à l'Ukraine. Il s'inscrit dans un contexte d'escalade des signaux coercitifs russes — incluant des menaces nucléaires envers l'OTAN — et d'une nouvelle poussée de sanctions européennes, ce qui en fait un moment sensible pour la posture diplomatique occidentale en Ukraine.
Ce qui s’est passé
Le ministère russe des Affaires étrangères a rendu publique une mise en garde appelant les citoyens étrangers et le personnel des missions diplomatiques à quitter Kyiv, annonçant de nouvelles « frappes massives » sur la capitale ukrainienne, présentées comme une représaille à des attaques ukrainiennes contre des installations militaires russes. Le ministère a ajouté que la responsabilité de toute conséquence négative incombait entièrement à ceux qui ignoreraient cet avertissement. Le 4 octobre, l'ambassadrice de l'UE Kateryna Maternova a déclaré que la délégation de l'Union restait à Kyiv malgré ces menaces. Le porte-parole de la Commission européenne, Christian Wiegand, a répondu que les menaces russes visaient à intimider l'Europe pour qu'elle réduise son soutien à l'Ukraine, tout en soulignant que la délégation de l'UE poursuivait son travail à Kyiv sans changement. Wiegand a ajouté que la Russie avait déjà formulé de telles menaces par le passé, signe selon lui que le Kremlin perd la guerre et perd le contrôle de lui-même, et que l'UE continuerait à soutenir l'Ukraine, à dénoncer les actions russes et à accroître la pression sur Moscou, y compris via un paquet de sanctions présenté comme le plus important de l'histoire de l'Union.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les deux médias ukrainiens ayant fourni les éléments de cette synthèse recentrent leur couverture sur la réponse européenne aux menaces russes et sur le message selon lequel la délégation de l'UE reste à Kyiv. Le récit met en avant la pression russe sur les diplomates occidentaux et la contre-offensive diplomatique ukrainienne, notamment le démenti du ministère ukrainien des Affaires étrangères concernant des projets d'évacuation du personnel de certaines ambassades occidentales, ainsi que les déclarations du président Volodymyr Zelensky sur l'intensification des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes.
Là où les récits divergent
Le nom du porte-parole de la Commission européenne est orthographié « Wigand » dans certains faits et « Wiegand » dans d'autres. Par ailleurs, les faits divergent sur le déclencheur de la réponse de l'UE : certains la rattachent uniquement à l'appel russe invitant les étrangers à quitter Kyiv, tandis que d'autres l'inscrivent plus largement dans le contexte d'un document russe adressé à l'OTAN évoquant l'usage potentiel de l'arsenal complet, y compris nucléaire, si l'Alliance tentait d'isoler la région de Kaliningrad.
Contexte
En mai 2025, la Russie avait déjà formulé un avertissement analogue, rejeté à l'époque par les dirigeants des pays concernés. L'UE a récemment condamné les menaces nucléaires russes envers les États membres de l'OTAN et imposé, le 28 septembre, de nouvelles sanctions liées à la déportation d'enfants ukrainiens. Le 3 octobre, le président Volodymyr Zelensky avait déclaré, dans un entretien à Reuters, que les forces armées ukrainiennes intensifieraient leurs frappes contre les raffineries russes en réponse à l'escalade des frappes russes sur l'Ukraine, présentée comme visant à pousser les habitants de Kyiv et d'autres villes à partir. Le 2 octobre, le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait par ailleurs démenti des informations de presse évoquant l'intention de certaines ambassades occidentales d'évacuer leur personnel vers Lviv ou vers l'est de la Pologne.