Rubio: aucun cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie, mais les deux camps veulent négocier
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré qu'il n'existe actuellement aucun accord de cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie, tout en affirmant que les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un cessez-le-feu limité portant sur l'énergie et les céréales. Il a présenté la fin de la guerre comme le résultat de négociations, et non d'une victoire militaire décisive. Ses propos interviennent alors que Zelensky et Trump se sont rencontrés le 22 septembre à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
L'essentiel
- Rubio affirme qu'aucun accord de cessez-le-feu énergétique n'existe actuellement entre l'Ukraine et la Russie.
- Selon Rubio, les deux camps ont exprimé leur intérêt pour un cessez-le-feu limité couvrant l'énergie et les céréales.
- Rubio présente la fin de la guerre comme devant passer par une négociation, non par une victoire militaire décisive.
- Le 22 septembre, Zelensky et Trump se sont rencontrés à New York en marge de l'AGNU; le cessez-le-feu énergétique figurait parmi les sujets principaux.
- Zelensky a déclaré que les États-Unis n'avaient pas exigé que l'Ukraine cesse unilatéralement ses frappes sur les installations énergétiques russes.
- Lors de son discours à l'AGNU, Trump a affirmé que la guerre se terminerait «plus vite que les gens ne le pensent».
- Rubio a évoqué la possibilité, dans les semaines à venir, d'une feuille de route pour reprendre les pourparlers de paix.
Pourquoi c’est important
Les déclarations de Rubio précisent la position diplomatique américaine actuelle sur les chances de mettre fin à la guerre en Ukraine. En écartant l'hypothèse d'une victoire militaire décisive et en mettant en avant l'intérêt des deux parties pour un cessez-le-feu limité, Washington signale un changement notable dans sa manière de présenter l'issue du conflit. Ces propos prennent une dimension humanitaire particulière alors que la Russie intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes à l'approche de l'hiver.
Ce qui s’est passé
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré qu'il n'existait actuellement aucun accord de cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie, tout en affirmant que les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un cessez-le-feu limité portant sur l'énergie et les céréales. Il a ajouté que la guerre se terminerait par un accord négocié, et non par une victoire militaire écrasante d'un camp, et a évoqué la possibilité, dans les semaines à venir, d'une feuille de route pour reprendre les pourparlers de paix. Rubio s'est entretenu avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
La veille, le 22 septembre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait rencontré le président américain Donald Trump à New York. Selon Zelensky, les États-Unis n'ont pas exigé que l'Ukraine cesse unilatéralement ses frappes sur les installations énergétiques russes, et l'Ukraine s'est dite prête à tout format de cessez-le-feu énergétique à condition de réciprocité. Lors de son discours à l'Assemblée générale, Trump a affirmé que la guerre se terminerait «plus vite que les gens ne le pensent» et a mentionné la possibilité de sanctions supplémentaires contre la Russie. La délégation américaine à la réunion comprenait Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, l'envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner; la délégation ukrainienne était composée notamment de Kyrylo Budanov, Rustem Umerov, Andriï Sybiha, Davyd Arakhamia et Pavlo Palisa.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
La presse ukrainienne met en avant le fait que Zelensky a qualifié la rencontre avec Trump de «positive» et «productive», et souligne que les États-Unis n'ont pas exigé que l'Ukraine cesse unilatéralement ses frappes sur les installations énergétiques russes — présenté comme un succès diplomatique. Les médias relaient également la proposition de Zelensky d'associer le dirigeant chinois Xi Jinping aux négociations en raison de son influence sur Vladimir Poutine, ainsi que la composition des deux délégations à la réunion du 22 septembre. Enfin, la déclaration de Rubio selon laquelle la guerre prendra fin par la négociation, et non par une victoire militaire, est présentée comme une évolution significative du discours américain.
Là où les récits divergent
Plusieurs tensions internes au récit apparaissent. Rubio lui-même a reconnu que les deux camps ont fait des frappes sur les infrastructures énergétiques de l'autre un objectif militaire stratégique, ce qui rendrait un cessez-le-feu énergétique difficile à conclure — en contradiction apparente avec son affirmation d'un intérêt commun. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, était d'abord passé de l'idée d'un cessez-le-feu énergétique qualifié de «très bonne idée» le 15 septembre à une position antérieure excluant un tel cessez-le-feu et qualifiant l'énergie de «talon d'Achille» de l'Ukraine, produisant une incohérence dans la position russe. Enfin, l'annonce par Trump, le 14 septembre, d'un accord ukrainien et russe pour ne pas frapper les installations énergétiques de l'autre s'oppose à la déclaration ultérieure de Rubio selon laquelle il n'existe aucun accord de cessez-le-feu énergétique.
Contexte
Le 13 septembre, Trump avait publiquement appelé Zelensky à cesser les frappes ukrainiennes sur les infrastructures russes de diesel. Le lendemain, il a affirmé que Kiev et Moscou s'étaient entendus pour ne pas frapper leurs installations énergétiques respectives; Zelensky avait répondu que l'Ukraine était prête à un arrêt mutuel si des partenaires pouvaient garantir le respect par la Russie. Quelques jours plus tôt, Peskov avait qualifié l'énergie de «talon d'Achille» ukrainien, avant de juger le 15 septembre l'idée d'un cessez-le-feu énergétique «très bonne». Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient rendus à Kiev et à Moscou début septembre. Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Budanov, a suggéré un retour possible à un format trilatéral de négociations dès octobre. L'Ukraine, l'UE et une cinquantaine d'États membres de l'ONU ont par ailleurs appelé conjointement la Russie à accepter un cessez-le-feu.