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Le Premier ministre slovaque Robert Fico refuse de respecter l'article 5 de l'OTAN en cas d'attaque russe

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré qu'il n'entendait pas remplir les obligations découlant de l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord et ne souhaitait pas que la Slovaquie soit entraînée dans un conflit militaire en cas d'attaque russe contre l'Alliance. Il a tenu ces propos lors d'un discours devant des étudiants et du personnel d'un hôpital à Prešov, sans jamais mentionner la Russie comme agresseur, et en accusant les dirigeants européens de « rhétorique belliciste ». Le lendemain, il doit se rendre à Kyiv pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Serhiy Koretsky.

L'essentiel

  • Robert Fico a déclaré qu'il ne remplirait pas les obligations de l'article 5 de l'OTAN et ne participerait pas à la défense d'alliés en cas d'attaque russe.
  • Le discours a été prononcé devant des étudiants et du personnel d'un hôpital à Prešov.
  • Fico n'a à aucun moment mentionné la Russie comme pays agresseur ou source de menace militaire pour l'Europe.
  • Il a accusé les dirigeants européens de « rhétorique belliciste » et affirmé ne pas comprendre contre qui l'OTAN devrait se défendre.
  • Fico a affirmé qu'en tant que Premier ministre, il ferait tout pour que la Slovaquie ne soit jamais entraînée dans un conflit militaire.
  • Il a annoncé une visite à Kyiv le 18 septembre pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Serhiy Koretsky.
  • Depuis son retour au pouvoir à l'automne 2023, Fico a suspendu l'aide militaire slovaque à l'Ukraine et s'est régulièrement opposé au soutien à Kyiv ainsi qu'à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

Pourquoi c’est important

Un chef de gouvernement d'un État membre de l'OTAN remet publiquement en cause l'engagement central de défense collective de l'Alliance, ce qui constitue une rupture significative avec la solidarité atlantique. Les propos interviennent dans un contexte d'incidents hybrides russes répétés sur le territoire de pays de l'OTAN et de l'UE documentés par les faits disponibles. Fico a par ailleurs annoncé une visite à Kyiv dès le lendemain, illustrant la tension persistante entre sa rhétorique hostile à l'article 5 et le maintien de certains canaux de contact avec l'Ukraine.

Ce qui s’est passé

Lors d'un discours prononcé à Prešov devant des étudiants et du personnel hospitalier, le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de remplir les obligations découlant de l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord ni de participer à la défense d'alliés en cas d'attaque russe. Tout au long de son intervention, il n'a pas mentionné la Russie comme pays agresseur ni comme source de menace militaire pour l'Europe, et a accusé les dirigeants européens de « rhétorique belliciste ». Il a affirmé ne pas comprendre contre qui l'OTAN devrait se défendre et a déclaré qu'il ferait tout, en tant que Premier ministre, pour que la Slovaquie ne soit jamais entraînée dans un conflit militaire, refusant notamment d'envisager l'envoi de 5 000 ou 10 000 soldats sans savoir avec qui ni pourquoi ils se battraient. Il a néanmoins indiqué que l'adhésion de la Slovaquie à l'OTAN restait importante à ses yeux et que le pays respectait ses obligations au sein de l'Alliance. Il a jugé que la situation autour du risque de conflit militaire paneuropéen n'avait jamais été aussi « sérieuse et tendue qu'aujourd'hui ». Fico a annoncé qu'il se rendrait à Kyiv le 18 septembre pour y rencontrer le président Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Serhiy Koretsky.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne place ces déclarations en tête, en les présentant comme un reniement de la solidarité au sein de l'Alliance. Les sources ukrainiennes soulignent que Fico n'a à aucun moment nommé la Russie comme agresseur et qu'il a accusé les dirigeants européens de « rhétorique belliciste », ce qu'elles interprètent comme un alignement sur Moscou. Elles relient ce discours à la ligne suivie par Fico depuis son retour au pouvoir à l'automne 2023 — suspension de l'aide militaire à l'Ukraine, opposition à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et au soutien à Kyiv — et l'inscrivent dans le contexte immédiat des incidents hybrides russes récents près et à l'intérieur du territoire de l'OTAN : frappe de drone sur un train de passagers à la gare de Yahodyn près de la frontière polonaise le 13 septembre, chute d'un drone russe près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk le 17 septembre, tirs de fusées de signalisation contre un hélicoptère danois par une frégate russe le 14 septembre, sabotages présumés vis des entreprises de défense danoises, drone russe abattu en Lituanie près de la centrale hydroélectrique de Kruonis le 15 septembre, et enquêtes sur des sabotages et espionnages en Allemagne.

Là où les récits divergent

Le nom du chef du contre-espionnage danois est orthographié de manières différentes selon les articles : « Emil Græsholt », « Emil Grasholm » et « Emil Grøndahl ». L'orthographe du nom du Premier ministre ukrainien que Fico a dit vouloir rencontrer varie également : « Serhiy Koretsky » et « Serhiy Koreckyi ».

Contexte

L'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord établit le principe de la défense collective, les formes concrètes d'assistance étant déterminées par chaque État membre. Depuis son retour à la tête du gouvernement slovaque à l'automne 2023, Fico a suspendu l'aide militaire slovaque à l'Ukraine et multiplie les déclarations hostiles à Kyiv. En 2024-2025, il s'est systématiquement opposé à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, menaçant d'opposer son veto et qualifiant cette perspective de chemin direct vers la Troisième Guerre mondiale. En juin 2026, avant le sommet de l'OTAN d'Ankara de juillet, il s'est prononcé contre tout soutien financier et militaire d'envergure à l'Ukraine. Parmi les incidents hybrides russes récents figurent la frappe de drone contre un train de passagers à Yahodyn le 13 septembre, la chute d'un drone près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk le 17 septembre, les tirs contre un hélicoptère danois le 14 septembre, les projets de sabotage d'entreprises de défense danoises signalés le 3 septembre, le drone russe abattu en Lituanie le 15 septembre, ainsi que des enquêtes sur des sabotages en Allemagne. Fin août, la police slovaque a annoncé avoir déjoué un incendie criminel visant l'usine de drones Skyeton dans l'est du pays, que l'entreprise attribue à la Russie.