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Fico déclare que la Slovaquie n'honorera pas l'article 5 de l'OTAN en cas d'attaque russe

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a affirmé, lors d'un discours prononcé le 17 septembre devant des étudiants et du personnel hospitalier à Prešov, qu'il n'avait pas l'intention de remplir les obligations découlant de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord et qu'il ne ferait pas participer la Slovaquie à la défense d'alliés en cas d'attaque russe. Il a dit vouloir tout faire, en tant que chef du gouvernement, pour que la Slovaquie ne soit jamais entraînée dans un conflit militaire. Au cours de son allocution, il n'a à aucun moment désigné la Russie comme agresseur ou comme source de menace militaire pour l'Europe, accusant au contraire ces « conversations belliqueuses » des dirigeants européens. Fico doit se rendre à Kyiv le 18 septembre pour y rencontrer le président Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Serhii Koretsky.

L'essentiel

  • Fico a déclaré ne pas vouloir remplir les obligations de l'article 5 de l'OTAN en cas d'attaque russe.
  • Le discours a été prononcé le 17 septembre devant des étudiants et le personnel d'un hôpital à Prešov.
  • Fico a dit ne pas vouloir que la Slovaquie soit entraînée dans un conflit militaire « à cause d'un article 5 ».
  • Fico n'a pas mentionné la Russie comme agresseur et a accusé les dirigeants européens de « rhétorique belliciste ».
  • Il a affirmé que le risque de conflit militaire paneuropéen n'a jamais été aussi « sérieux et tendu ».
  • Fico devait se rendre à Kyiv le 18 septembre pour rencontrer Zelensky et le Premier ministre Serhii Koretsky.

Pourquoi c’est important

La déclaration provient du chef du gouvernement d'un État membre de l'OTAN qui refuse explicitement et à l'avance l'engagement central de défense collective de l'Alliance. Elle intervient dans un contexte d'incursions répétées de drones russes et d'opérations de sabotage présumées sur le territoire de l'OTAN dans les semaines précédentes. Le refus de nommer la Russie comme source de menace, conjugué aux accusations de rhétorique belliciste adressées aux dirigeants européens, a été présenté par les médias ukrainiens comme un signe d'alignement sur Moscou. Fico devait se rendre à Kyiv dès le lendemain pour rencontrer la direction ukrainienne.

Ce qui s’est passé

Le 17 septembre, lors d'un discours devant des étudiants et des employés d'un hôpital à Prešov, le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré qu'il n'avait pas l'intention d'honorer les obligations découlant de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord et qu'il ne ferait pas participer la Slovaquie à la défense d'alliés en cas d'attaque russe. Il a affirmé ne pas pouvoir s'imaginer que la Slovaquie reçoive l'ordre de préparer des milliers de soldats pour aller combattre « sans savoir avec qui, pourquoi et pour quoi ». Fico a également déclaré que la probabilité d'un conflit militaire paneuropéen n'avait jamais été aussi « sérieuse et tendue » qu'aujourd'hui. Tout au long de son allocution, il n'a pas une seule fois mentionné la Russie comme agresseur ou source de menace militaire pour l'Europe, reprochant au contraire aux dirigeants européens leur « rhétorique belliciste » et déclarant ne pas comprendre contre qui l'OTAN devait se défendre. Il a ajouté que la Slovaquie accordait de l'importance à son adhésion à l'OTAN et respectait ses obligations au sein de l'Alliance. Le Premier ministre a annoncé qu'il se rendrait à Kyiv le 18 septembre pour y rencontrer le président Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Serhii Koretsky.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les sept articles fournis proviennent tous de médias ukrainiens et présentent l'événement en insistant sur le fait que le dirigeant d'un allié de l'OTAN refuse publiquement de défendre d'autres membres en cas d'attaque russe. Les titres reprennent la formule du refus et citent les propos de Fico tournant en dérision l'idée même de défense collective, dans un cadrage pro-russe perçu comme tel. Les textes replacent ce discours dans le contexte de l'arrêt slovaque de l'aide militaire à l'Ukraine depuis l'automne 2023, de l'opposition de Fico à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et de son refus en juin 2026 d'un soutien financier et militaire à grande échelle avant le sommet de l'OTAN d'Ankara. Plusieurs articles soulignent que Fico n'a à aucun moment désigné la Russie comme agresseur et l'ont présenté comme s'inscrivant dans une série de déclarations justifiant l'invasion russe. Ils rapprochent aussi ce discours des incidents récents impliquant des drones russes et des sabotages présumés sur le territoire de l'Alliance — Pologne, Danemark, Lituanie, Allemagne, et même Slovaquie — perçus comme une pression russe active sur l'OTAN.

Là où les récits divergent

Les sources ukrainiennes divergent légèrement dans la lecture du discours : certaines le présentent comme un rejet pur et simple des obligations de l'article 5, d'autres insistent sur la formulation par Fico de sa volonté de défendre la liberté de la Slovaquie de choisir comment remplir ses engagements au sein de l'Alliance. La transcription du nom du Premier ministre ukrainien pour la rencontre prévue à Kyiv varie également d'une source à l'autre (translittérations Koretsky, Koreckyi, Koretskyi).

Contexte

L'article 5 du traité de l'Atlantique Nord prévoit qu'une attaque armée contre un ou plusieurs membres de l'OTAN est considérée comme une attaque contre tous, la forme précise de l'assistance étant toutefois déterminée par chaque État membre. Depuis son retour à la tête du gouvernement slovaque à l'automne 2023, Fico a mis fin à l'aide militaire slovaque à l'Ukraine et a multiplié les déclarations perçues par les médias ukrainiens comme justifiant l'invasion russe. Tout au long de 2024-2025, il s'est opposé à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et a menacé d'y opposer son veto, et en juin 2026 il s'est déclaré opposé à un soutien financier et militaire à grande échelle à l'Ukraine avant le sommet de l'OTAN d'Ankara. Avant la formation Fico, la Slovaquie avait transféré à l'Ukraine 13 paquets d'aide militaire totalisant environ 671 millions d'euros et une dizaine d'avions MiG-29. Dans les semaines précédant le discours, plusieurs incidents impliquant des drones russes et des activités de sabotage présumées ont été signalés sur le territoire de l'OTAN : le 13 septembre, un drone a frappé un train de passagers à la gare de Yahodyn, près de la frontière polonaise ; le 17 septembre, un autre drone russe est tombé près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk ; le 14 septembre, un hélicoptère militaire danois a été pris pour cible par des fusées de signalisation tirées depuis une frégate russe ; le 3 septembre, le renseignement danois a annoncé avoir détecté des préparatifs de sabotage russe contre des entreprises de défense danoises ; le 15 septembre, un drone russe a été abattu au-dessus de la Lituanie. En août, la police slovaque a annoncé avoir déjoué une tentative d'incendie de l'usine de drones Skyeton dans l'est du pays et arrêté trois suspects étrangers, l'entreprise reliant l'incident à la Russie. Fico a également rappelé le programme slovaque d'environ 100 millions d'euros pour la restauration des infrastructures énergétiques ukrainiennes.