La Russie pilonne les aéroports de Kiev et Boryspil avant une visite diplomatique américaine
Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026, la Russie a mené une attaque de drones à grande échelle contre l'Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky a affirmé que les aéroports de Kiev (Jouliany) et de Boryspil ont été visés délibérément, pour la première fois depuis longtemps, et a qualifié ces frappes de « réponse à la diplomatie américaine », en lien avec la visite prévue des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Un drone a touché un immeuble résidentiel à Boryspil, faisant deux blessés, et une frappe sur une entreprise civile à Kamianské, dans l'oblast de Dnipropetrovsk, a fait plusieurs morts et blessés.
L'essentiel
- Dans la nuit du 4 au 5 septembre, les forces russes ont attaqué Kiev et l'oblast de Kiev avec des drones ; quatre alertes aériennes ont été déclenchées à Kiev.
- Selon le président Zelensky, les aéroports de Kiev (Jouliany) et de Boryspil ont été visés délibérément pour la première fois depuis longtemps, à l'aide de « Shaheds russo-iraniens ».
- Zelensky a présenté ces frappes comme une réaction à la visite prévue des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou puis à Kiev.
- À Boryspil, un drone a frappé un immeuble résidentiel de neuf étages : deux femmes ont été hospitalisées et 15 résidents ont été évacués.
- Dans l'oblast de Dnipropetrovsk, une frappe russe sur une entreprise civile à Kamianské a fait, selon Zelensky, 4 morts et 5 blessés (un autre bilan évoque 5 morts).
- Dans le district de Boutcha (oblast de Kiev), des entrepôts ont pris feu et une frappe russe a touché un bâtiment voisin pendant l'extinction du sinistre.
- Zelensky a annoncé que l'Ukraine ajusterait la semaine suivante son opération concernant l'espace aérien russe ; le 1er septembre, Kiev avait déjà informé l'OACI du danger de cet espace aérien.
- Le 5 septembre, il a été signalé que la Russie avait refusé la proposition ukrainienne de cessez-le-feu temporaire et que les combats se poursuivaient sur la ligne de front.
Pourquoi c’est important
Les frappes russes contre les aéroports de Kiev et Boryspil constituent, selon Zelensky, les premières frappes délibérées contre ces infrastructures depuis longtemps. En les reliant à la visite imminente des émissaires américains Witkoff et Kushner, le président ukrainien présente cette attaque comme une démonstration de force destinée à perturber la diplomatie. L'Ukraine a annoncé une adaptation de ses opérations concernant l'espace aérien russe la semaine suivante, ce qui ouvre la perspective d'une nouvelle escalade au moment même où Washington tente une médiation. La frappe sur un immeuble résidentiel à Boryspil et celle sur une entreprise civile à Kamianské soulignent l'impact humain et civil de cette offensive.
Ce qui s’est passé
Dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026, les forces russes ont mené une attaque à grande échelle avec des drones (notamment des Shaheds) contre plusieurs régions ukrainiennes. À Kiev et dans l'oblast de Kiev, quatre alertes aériennes ont été déclenchées pendant la nuit. À Boryspil, un drone a touché un immeuble résidentiel de neuf étages, provoquant un incendie et la destruction partielle du toit et du 9e étage ; deux femmes ont été hospitalisées pour barotraumatisme et traumatisme thoracique fermé, et 15 résidents ont été évacués. Dans le district de Boutcha, des entrepôts ont pris feu et une seconde frappe russe a touché un bâtiment voisin pendant l'intervention des secours. Dans le district d'Oboukhiv, les pompiers ont éteint des incendies d'écosystèmes causés par la chute de débris de drones. Le président Zelensky a déclaré que les aéroports de Kiev (Jouliany) et de Boryspil avaient été visés délibérément pour la première fois depuis longtemps, et a qualifié l'attaque de « Shaheds russo-iraniens en réponse à la diplomatie américaine ». Il a annoncé que l'Ukraine ajusterait la semaine suivante son opération concernant l'espace aérien russe, tout en soulignant que l'Ukraine ne menaçait pas les processus diplomatiques. Dans l'oblast de Dnipropetrovsk, une frappe russe a visé une entreprise civile à Kamianské, faisant, selon Zelensky, 4 morts et 5 blessés. Des drones russes ont également endommagé des habitations à Kherson, dans l'oblast de Kharkiv et à Boryspil, et frappé des centres commerciaux à Soumy et Mykolaïv. Le ministère russe de la Défense a revendiqué des frappes contre des combinats métallurgiques, des centres logistiques et des sous-stations électriques.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
L'ensemble des médias ukrainiens insistent sur la responsabilité russe dans les frappes et leurs conséquences sur les infrastructures civiles, en particulier l'immeuble résidentiel détruit à Boryspil et les pertes civiles à Kamianské. La couverture met fortement en avant la lecture qu'en donne Zelensky : les frappes contre les aéroports seraient délibérées et démonstratives, visant à perturber la diplomatie américaine autour de la visite prévue des émissaires Witkoff et Kushner. Les sources ukrainiennes soulignent la retenue diplomatique de Kiev — engagement à ne pas frapper le territoire russe pendant la visite et appel à la réciprocité — et rappellent l'avertissement du 1er septembre de Zelensky sur la dangerosité de l'espace aérien russe ainsi que la notification officielle à l'OACI.
Là où les récits divergent
Le bilan des frappes sur l'entreprise civile de Kamianské (oblast de Dnipropetrovsk) diverge : Zelensky évoque 4 morts et 5 blessés, tandis qu'un bilan rapporté via un autre article fait état de 5 morts. Par ailleurs, les sources ne s'accordent pas sur l'existence d'un régime de cessez-le-feu temporaire sur la ligne de front : Ukrainska Pravda a signalé un ordre de silence de combat du 5 au 8 septembre, mais des sources de Suspilne ont nié tout cessez-le-feu, et la Direction principale des communications des forces armées a déclaré que les opérations de combat se poursuivaient intégralement.
Contexte
Le 1er septembre, le président Zelensky avait averti les compagnies aériennes que l'espace aérien russe devenait dangereux et l'Ukraine en avait officiellement informé l'OACI. Le 4 septembre, Zelensky avait confirmé la visite prochaine des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, prévus à Moscou samedi puis à Kiev dimanche (5–6 septembre). Selon le député Oleksiy Honcharenko, la coordination portait sur un atterrissage à Boryspil ; le 4 septembre, un incendie s'était déclaré dans le district de Solomiansky à Kiev près de l'aéroport de Jouliany, des médias spéculant qu'un drone russe aurait frappé un aéronef. D'après le New York Times, les États-Unis avaient insisté pour que l'Ukraine suspende temporairement ses attaques de drones contre Moscou et les installations énergétiques russes pendant la visite, tandis que la Russie devait cesser ses frappes de missiles sur Kiev. Ukrainska Pravda avait indiqué que les forces de défense ukrainiennes avaient reçu l'ordre d'observer un régime de silence unilatéral du 5 au 8 septembre, ce que des sources de Suspilne avaient démenti. Le ministère russe de la Défense avait revendiqué des frappes contre des combinats métallurgiques, des centres logistiques et des sous-stations électriques.