Événement : 3 septembre · Publié le · Mis à jour :

La Hongrie maintient son blocage aux négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE

Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a conditionné le soutien de Budapest à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE au respect d’un accord bilatéral sur les droits de la minorité hongroise. L’Ukraine estime avoir rempli les conditions pour ouvrir les deuxième et troisième groupes de négociation, tandis que la Hongrie affirme que les engagements pris n’ont pas encore été mis en œuvre.

L'essentiel

  • L’Ukraine a rempli les conditions nécessaires pour ouvrir les deuxième et troisième groupes de négociation.
  • La Hongrie bloque des éléments des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
  • Péter Magyar a lié la position de Budapest aux droits de la minorité hongroise en Ukraine.
  • La Hongrie soutient un processus d’adhésion standard et fondé sur le mérite, sans procédure accélérée.
  • Les questions de l’éducation et des droits des minorités nationales relèvent du premier groupe, déjà ouvert.
  • Le 3 septembre, la Verkhovna Rada a condamné à l’unanimité les crimes de l’administration militaire soviétique en Transcarpatie en 1944-1946.

Pourquoi c’est important

La position hongroise influe directement sur le rythme d’avancement de l’Ukraine vers l’adhésion à l’UE. Le désaccord porte sur la mise en œuvre des droits de la minorité hongroise, mais aussi sur le choix entre une procédure d’adhésion fondée sur le mérite et une accélération du processus pour un pays en guerre.

Ce qui s’est passé

La Hongrie maintient son blocage à des éléments des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Selon Péter Magyar, Budapest ne soutiendra l’ouverture de nouveaux groupes que si l’Ukraine respecte les conditions d’une procédure standard et met en œuvre l’accord bilatéral relatif aux droits de la minorité hongroise. Le Premier ministre hongrois a affirmé que l’Ukraine n’avait pas encore soumis ni adopté les modifications législatives prévues, ni mis en œuvre les engagements dans les délais convenus. De son côté, l’Ukraine estime avoir rempli toutes les conditions pour ouvrir les deuxième et troisième groupes de négociation. Budapest avait accepté l’ouverture des premier et sixième groupes, sous réserve de la mise en œuvre des engagements associés. Le 3 septembre, la Verkhovna Rada a également adopté une déclaration condamnant les crimes de l’administration militaire soviétique en Transcarpatie entre 1944 et 1946, déclaration saluée par le Parlement hongrois.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les deux sources ukrainiennes mettent l’accent sur le blocage hongrois des négociations. Elles affirment que l’Ukraine a rempli les conditions pour ouvrir les deuxième et troisième groupes et que les questions de l’éducation et des droits des minorités nationales soulevées par la Hongrie concernent le premier groupe, déjà ouvert. Elles présentent également la position de Péter Magyar comme conditionnée par les droits de la minorité hongroise et comme opposée à une adhésion accélérée de l’Ukraine en temps de guerre.

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur l’évaluation du respect par l’Ukraine de ses obligations bilatérales. Un article présente le blocage hongrois comme une obstruction continue, tandis qu’un autre, relayant les déclarations de Péter Magyar, laisse entendre que l’Ukraine n’a pas encore mis en œuvre les engagements convenus concernant les droits de la minorité hongroise.

Contexte

Le processus de négociation d’adhésion à l’UE comprend six groupes couvrant plus de trente chapitres. La Hongrie avait accepté l’ouverture des premier et sixième groupes, à condition que les engagements connexes soient mis en œuvre. Péter Magyar a comparé la situation de l’Ukraine à celle de la Serbie, qui participe au processus d’adhésion depuis environ quinze ans et n’a ouvert que deux des six groupes.