Des élus américains révèlent une campagne d'influence russe en ligne visant les soutiens de l'Ukraine avant les législatives
Deux parlementaires américains ont annoncé le 21 octobre qu'une campagne d'influence en ligne menée par la Russie visait, avant les élections législatives du 3 novembre, à discréditer les élus démocrates et républicains soutenant l'Ukraine. Selon eux, le renseignement américain n'a pas détecté de tentatives de piratage de l'infrastructure électorale, mais Moscou utiliserait l'intelligence artificielle pour diffuser plus rapidement de la désinformation.
L'essentiel
- Les sénateurs Mark Warner et Jim Himes ont rendu publiques le 21 octobre les conclusions d'un rapport classifié du renseignement américain sur l'ingérence étrangère dans les élections.
- La campagne russe vise à affaiblir les positions des démocrates comme des républicains qui soutiennent l'Ukraine, selon les deux élus.
- Aucune preuve de piratage de l'infrastructure électorale ou des réseaux de campagne n'a été trouvée, ont précisé les élus.
- Mark Warner a déclaré que Moscou utilisait probablement l'IA pour accélérer la diffusion de la désinformation et mieux cibler les audiences.
- Le réseau social X a annoncé avoir supprimé plus de 13 000 comptes liés à des campagnes de désinformation russes, chinoises et iraniennes.
- Les élections législatives américaines sont prévues le 3 novembre.
- Les élus n'ont pas nommé de candidats spécifiques visés par la campagne russe.
Pourquoi c’est important
La campagne présumée cible des élus des deux partis qui soutiennent l'Ukraine, liant le processus électoral américain au maintien du soutien à Kyiv. L'absence de preuves de piratage de l'infrastructure électorale limite la menace opérationnelle immédiate, mais le recours à l'IA pour amplifier la désinformation signale une évolution des tactiques qui complique la détection et la réponse. La divulgation bipartisane est elle-même politiquement sensible, le porte-parole du président de la commission du renseignement de la Chambre accusant les deux élus d'avoir fuité des informations de manière sélective.
Ce qui s’est passé
Le 21 octobre, Mark Warner, vice-président de la commission sénatoriale du renseignement, et Jim Himes, membre éminent de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, ont rendu publiques les conclusions d'un rapport classifié du renseignement américain concernant l'ingérence étrangère dans les élections. Selon eux, la Russie a déployé une campagne d'influence en ligne clandestine visant à discréditer les élus démocrates et républicains qui soutiennent l'Ukraine, à semer la méfiance envers les institutions américaines et à alimenter les doutes sur la fiabilité des machines à voter. Les deux élus ont indiqué que le renseignement américain n'avait détecté aucune preuve de tentatives de piratage de l'infrastructure électorale ou des réseaux de campagne. Mark Warner a précisé que Moscou utilisait probablement l'intelligence artificielle pour diffuser plus rapidement la désinformation et mieux cibler les audiences. Le réseau social X a annoncé avoir supprimé plus de 13 000 comptes liés à des campagnes de désinformation russes, chinoises et iraniennes à l'approche du scrutin.
Là où les récits divergent
Un porte-parole de Rick Crawford, président républicain de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a critiqué Mark Warner et Jim Himes pour avoir rendu publiques ces informations, affirmant que les élus ont fourni à la presse des détails sélectionnés. Ce même porte-parole a accusé les démocrates de chercher à mettre en lumière les actions de la Russie mais jamais celles du Parti communiste chinois. Les deux sources ukrainiennes (ZN.UA et LIGA.net) relaient cette critique sans la contredire.
Contexte
La Russie est accusée d'avoir diffusé de la désinformation à chaque cycle électoral américain depuis 2016. En 2016, des agents russes ont été liés à des piratages du Comité national démocrate et à des opérations visant Hillary Clinton. La Russie a également été accusée d'ingérence dans des élections en Géorgie, en Moldavie et en France. Le rapport classifié du renseignement américain mentionne aussi des opérations d'influence chinoises et iraniennes, mais les élus ont indiqué que c'est l'ampleur de la campagne russe qui a le plus retenu leur attention. Des experts ont souligné que le suivi de ces opérations est devenu plus difficile en raison de la réduction des efforts des réseaux sociaux en matière de confiance et de sécurité, après des années de critiques de la part de conservateurs.