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L'ISW analyse la campagne russe précoce contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes

L'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) a publié le 4 octobre une analyse expliquant pourquoi la Russie a commencé plus tôt que d'ordinaire sa campagne de frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes en vue de l'hiver 2026-2027. L'ISW évalue que Vladimir Poutine réoriente sa stratégie vers une capitulation forcée de l'Ukraine par des frappes à longue portée, face aux succès ukrainiens sur le terrain en 2026.

L'essentiel

  • L'ISW a publié son analyse le 4 octobre 2026.
  • La Russie mène chaque hiver une campagne de frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis l'hiver 2022-2023.
  • Cette année, la Russie a commencé cette campagne plus tôt que d'habitude, avant que l'Ukraine ne développe des contre-mesures efficaces contre les missiles balistiques et les drones à réaction russes.
  • Le ministère russe de la Défense a annoncé le 4 octobre une intensification des frappes sur les infrastructures de Kiev, de l'oblast de Kiev et d'autres régions.
  • L'ISW estime que les frappes visent à rendre la vie insupportable pour la population civile ukrainienne afin de forcer l'Ukraine à capituler.
  • Les succès ukrainiens sur le terrain en 2026 pousseraient Vladimir Poutine à abandonner sa théorie initiale de la victoire au profit d'une campagne de frappes en hiver 2026-2027.
  • Le ministère ukrainien de la Défense rapporte que plus de 51 % des capacités de raffinage de pétrole russes ont été mises hors service par les opérations ukrainiennes à longue portée.

Pourquoi c’est important

L'analyse de l'ISW suggère un changement stratégique de Vladimir Poutine : face aux succès ukrainiens sur le terrain en 2026, la Russie miserait désormais sur une capitulation forcée de l'Ukraine par des frappes à longue portée plutôt que sur des avancées militaires classiques. Les frappes russes visent à rendre la vie insupportable pour les civils ukrainiens, ce qui place l'hiver 2026-2027 sous une pression considérable pour la population et pour l'approvisionnement énergétique. Le cadrage rhétorique du ministère russe de la Défense, qui présente l'intensification des frappes comme une riposte à de prétendus attaques ukrainiennes sur des cibles civiles russes, cherche à justifier cette escalade auprès de l'opinion russe et sur la scène internationale. Dans ce contexte, les frappes ukrainiennes ont déjà mis hors d'état plus de 51 % des capacités de raffinage russes, un revers qui accentue la pression sur Moscou.

Ce qui s’est passé

L'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) a publié le 4 octobre 2026 une évaluation des frappes russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. L'ISW constate que la Russie a entamé cette campagne plus tôt que d'ordinaire, avant que l'Ukraine ne puisse mettre au point des contre-mesures efficaces contre les missiles balistiques et les drones à réaction russes. Le ministère russe de la Défense a annoncé le 4 octobre une intensification des frappes contre les infrastructures à Kiev, dans l'oblast de Kiev et dans d'autres régions, présentant cette intensification comme une réponse à de prétendus frappes contre des cibles civiles russes survenues à partir de juin 2026. L'ISW juge que l'objectif de la Russie est de rendre la vie des civils ukrainiens insupportable pour forcer l'Ukraine à capituler. Dans la nuit du 30 septembre, des frappes russes ont touché des installations énergétiques à Kiev, Kharkiv, Dnipropetrovsk, Soumy et Donetsk, privant certains abonnés d'électricité. Le Premier ministre ukrainien Serhiy Koretsky a déclaré que les Russes étaient passés à des attaques massives contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine.

Contexte

La Russie mène une campagne de frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes chaque hiver depuis l'hiver 2022-2023. Les missiles balistiques et les drones à réaction russes ont déjà causé des dégâts importants lors de la campagne en cours. En septembre, le ministère russe de la Défense avait menacé d'intensifier les frappes sur Kiev à la suite d'attaques ukrainiennes contre Moscou. Fin août, la Russie avait annoncé le début des préparatifs de frappes massives contre les installations énergétiques ukrainiennes. Le ministère ukrainien de la Défense indique que plus de 51 % des capacités de raffinage de pétrole russes ont été mises hors service par les opérations ukrainiennes à longue portée.