Le président letton se dit prêt à accueillir des armes nucléaires si l'OTAN le décide
Le président de la Lettonie, Edgars Rinkēvičs, a déclaré que son pays accueillerait des armes nucléaires sur son territoire si l'OTAN en décidait collectivement. Il a précisé qu'aucune négociation concrète n'est en cours et que la Constitution lettone n'interdit pas un tel déploiement. Cette prise de position intervient en réponse à l'offre britannique d'étendre sa protection nucléaire aux États membres de la Joint Expeditionary Force (JEF).
L'essentiel
- Le président letton Edgars Rinkēvičs a déclaré que la Lettonie accueillerait des armes nucléaires si l'OTAN en décidait ainsi.
- Aucune négociation concrète sur un déploiement en Lettonie n'est actuellement en cours, selon Rinkēvičs.
- Le droit letton, y compris la Constitution, ne contient pas d'interdiction du déploiement d'armes nucléaires.
- La Lettonie est déjà couverte par le parapluie nucléaire de l'OTAN, assuré par les États-Unis et le Royaume-Uni.
- Le Royaume-Uni a proposé d'étendre sa protection nucléaire aux membres de la JEF, dont la Lettonie.
- Le 22 septembre, le Seimas lituanien a soutenu en première lecture un amendement constitutionnel levant l'interdiction d'accueillir des armes de destruction massive.
Pourquoi c’est important
Cette déclaration élargit l'empreinte potentielle de la dissuasion nucléaire alliée en Europe du Nord-Est, en marge du mouvement déjà engagé par d'autres membres de l'OTAN. Elle intervient alors que la Lituanie lève son interdiction constitutionnelle et que l'Estonie discute avec Paris d'une coopération en matière de dissuasion. La réponse lettone consolide par ailleurs le rôle du Royaume-Uni dans la dissuasion nucléaire européenne, aux côtés des États-Unis.
Ce qui s’est passé
Le président letton Edgars Rinkēvičs a tenu une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre Andris Kulbergs. Il a affirmé que la Lettonie accueillerait des armes nucléaires sur son territoire si l'OTAN en décidait ainsi au sein de ses organes compétents, dont le Groupe de planification nucléaire de l'OTAN, qui statue au consensus (hors France). Il a toutefois précisé qu'aucune négociation concrète sur un tel déploiement n'est en cours. Il a souligné que la Constitution lettone ne contient pas d'interdiction en la matière, contrairement à la Lituanie dont le Seimas a soutenu en première lecture, le 22 septembre, un amendement constitutionnel levant l'interdiction d'accueillir des armes de destruction massive. Rinkēvičs a rappelé qu'en 2003, les candidats à l'adhésion à l'OTAN, dont la Lettonie, s'étaient engagés à ne pas restreindre leur participation au mécanisme collectif de sécurité de l'Alliance, y compris la dissuasion nucléaire. Il a également décrit les armes nucléaires comme la mesure la plus extrême, mais efficace pour dissuader un agresseur d'actions imprévisibles ou de grande ampleur.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les deux médias ukrainiens à l'origine de la dépêche (ZN.UA et NV) rapportent les faits de manière descriptive. L'un présente le déploiement comme conditionné à une décision de l'OTAN, l'autre comme une disponibilité lettone à agir si l'Alliance le décide. La couverture met l'accent sur le caractère déclaratif de la prise de position et souligne l'absence de négociations concrètes, écartant l'idée d'un changement de politique imminent.
Contexte
Le Royaume-Uni a proposé d'étendre sa protection nucléaire aux États membres de la Joint Expeditionary Force (JEF), qui regroupe le Royaume-Uni, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, l'Islande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. La Lettonie est déjà couverte par le parapluie nucléaire de l'OTAN, assuré par les États-Unis et le Royaume-Uni, et le Royaume-Uni fait déjà partie du système de dissuasion nucléaire de l'Alliance. En 2003, les futurs membres de l'OTAN avaient assuré celle-ci qu'ils n'imposeraient aucune restriction à leur participation au mécanisme collectif de sécurité, y compris la dissuasion nucléaire. La Constitution lettone n'interdit pas le déploiement d'armes nucléaires ; la Lituanie est en train de lever une telle interdiction (soutien en première lecture au Seimas le 22 septembre). Le Groupe de planification nucléaire de l'OTAN est l'organe consultatif et décisionnel clé dans ce domaine et statue par consensus (hors France). Le 30 septembre, Moscou a officiellement averti l'OTAN d'un possible recours à l'arme nucléaire si les actions de l'Alliance conduisaient à l'isolement de la région de Kaliningrad ; l'OTAN a rejeté les accusations russes et condamné les menaces nucléaires.