Le chef militaire de l'OTAN affirme à Copenhague que l'Alliance est prête à une éventuelle escalade russe
Le chef du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, a déclaré samedi à Copenhague, lors d'une réunion des 32 chefs de défense de l'Alliance, que l'OTAN était prête à répondre à une possible escalade russe sur le flanc oriental. Il a indiqué que l'OTAN disposait d'environ 4 000 pages de plans militaires pour défendre ce flanc et qu'elle continuait à renforcer ses forces. Ces propos interviennent alors que la Pologne, la France, les Pays-Bas et les États-Unis ont récemment averti du risque de provocations russes contre des pays de l'Alliance.
L'essentiel
- Déclaration du chef du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, samedi à Copenhague lors d'une réunion des 32 chefs de défense.
- L'amiral a affirmé que l'Alliance, sa structure, ses soldats et ses armements étaient prêts à toute escalade ou attaque.
- L'OTAN disposerait d'environ 4 000 pages de plans militaires pour défendre le flanc oriental, du scénario de crise minimale à celui d'une intervention sur le territoire allié.
- L'Alliance poursuit le renforcement de ses forces en nombre et en niveau d'équipement.
- En 2023, après l'invasion russe de l'Ukraine, les alliés ont adopté trois plans opérationnels régionaux de défense.
- Jeudi, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait averti que Moscou pourrait frapper un pays de l'OTAN frontalier avec des drones ou des missiles dans les mois à venir.
- Les récentes semaines ont été marquées par une hausse des violations d'espace aérien et des tentatives de sabotage en Europe.
Pourquoi c’est important
La déclaration émane du plus haut gradé militaire de l'OTAN et a été prononcée devant les 32 chefs de défense alliés, ce qui en fait une évaluation à l'échelle de l'Alliance, et non un message isolément politique. Elle indique que l'OTAN considère comme crédible le risque d'une escalade russe contre son flanc oriental, au-delà du seul soutien à la guerre en Ukraine. L'insistance sur la préparation opérationnelle — renforcement des forces et près de 4 000 pages de plans — traduit une posture défensive concrète. Enfin, elle s'inscrit dans une série d'avertissements récents venus de Pologne, de France, des Pays-Bas, de Lituanie et des services de renseignement américains sur de possibles provocations ou frappes hybrides russes contre des membres de l'Alliance.
Ce qui s’est passé
Samedi 19 septembre 2026, à Copenhague, lors d'une réunion des 32 chefs de défense de l'OTAN, l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, chef du Comité militaire de l'Alliance, a affirmé que l'OTAN était prête à répondre à une éventuelle escalade russe sur le flanc oriental. Il a déclaré que l'Alliance, sa structure, ses soldats et ses armements étaient prêts, et que l'OTAN continuait à renforcer ses forces en nombre et en niveau d'équipement. L'amiral a indiqué que l'OTAN disposait d'environ 4 000 pages de plans militaires couvrant les scénarios, d'une crise minimale à une intervention sur le territoire allié, précisant que ces plans découlent des trois plans opérationnels régionaux adoptés par les alliés en 2023 après l'invasion russe de l'Ukraine. Il a qualifié le comportement récent de la Russie d'irresponsable et visant à saper la confiance et l'unité des alliés, tout en assurant que ces tentatives ne divisent pas l'OTAN mais la rendent au contraire plus cohérente et déterminée. Il a précisé que les généraux réunis à Copenhague n'avaient pas, lors de leur rencontre, abordé les avertissements récents de possibles provocations russes.
Contexte
Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'OTAN a adopté en 2023 trois plans opérationnels régionaux de défense couvrant les scénarios sur le flanc oriental. Jeudi 17 septembre, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait averti que Moscou pourrait, dans les mois à venir, frapper un pays de l'OTAN frontalier de la zone de conflit avec des drones ou des missiles dans le cadre d'une provocation. La France et les Pays-Bas ont également publiquement signalé ce risque. En août, les services de renseignement américains avaient mis en garde contre un projet russe d'attaque limitée contre un pays de l'OTAN dans les années à venir. Le Premier ministre polonais a par ailleurs indiqué que le renseignement faisait état de plans russes de frappes hybrides contre des pays soutenant l'Ukraine, une appréciation partagée par le ministre lituanien des Affaires étrangères Kęstutis Budrys. Les récentes semaines ont vu une multiplication des violations d'espace aérien et des tentatives de sabotage en Europe. Le président letton Edgars Rinkēvičs a enfin estimé que l'Europe ne suivait pas le rythme du développement de la guerre des drones et aérienne menée en Ukraine et que la plupart des pays de l'OTAN ne pourraient actuellement pas repousser une attaque de missiles russes en cas d'extension du conflit.