Événement : 25 septembre · Publié le

Drones ukrainiens frappent des raffineries et des usines militaires en Russie dans la nuit du 25 septembre

Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2026, des drones ukrainiens ont frappé plusieurs régions russes, endommageant les raffineries de Perm (Lukoil-Permnefteorgsintez) et de Novochakhtinsk (oblast de Rostov), ainsi que l'usine électronique Iskra à Oulianovsk, liée au conglomérat de défense Almaz-Antei. Les deux raffineries ont suspendu leur fonctionnement. L'état-major général ukrainien et le président Zelensky ont confirmé les frappes.

L'essentiel

  • La raffinerie Lukoil-Permnefteorgsintez (traitant plus de 13 millions de tonnes de pétrole par an) a été touchée et a suspendu ses opérations après qu'un incendie s'est déclaré.
  • La raffinerie de Novochakhtinsk, seule raffinerie de l'oblast de Rostov, a été endommagée et a interrompu son travail, selon le gouverneur Iouri Slioussar.
  • L'usine Iskra à Oulianovsk, qui fabrique des composants pour missiles et systèmes de défense aérienne et fait partie du concerne Almaz-Antei, a été frappée.
  • L'état-major général ukrainien a confirmé les frappes, et le président Zelensky a publiquement revendiqué les attaques.
  • Deux stations radar russes (Gamma-S1 et Kasta-2E2) ont été détruites près de Novochakhtinsk.
  • Le gouverneur de l'oblast de Voronej, Alexandre Goussev, a affirmé que 88 drones avaient été interceptés au-dessus de la région.
  • Le ministère russe de la Défense a revendiqué l'interception de 592 drones ukrainiens au cours de la nuit dans plusieurs régions.

Pourquoi c’est important

Les frappes prolongent la campagne ukrainienne contre les infrastructures énergétiques et de défense russes loin à l'intérieur du territoire russe, et touchent des installations dont les gouverneurs russes ont confirmé les dégâts. En revendiquant publiquement ces opérations, Kiev affiche une pression délibérée sur l'économie de guerre russe, dans un contexte où le président Zelensky s'est dit prêt à cesser ce type de frappes en cas de réciprocité de Moscou.

Ce qui s’est passé

Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2026, des drones ukrainiens ont attaqué plusieurs régions russes. La raffinerie Lukoil-Permnefteorgsintez, l'une des plus grandes de Russie avec une capacité supérieure à 13 millions de tonnes par an, a été touchée et un incendie s'y est déclaré ; l'installation a suspendu ses opérations. Dans l'oblast de Rostov, la raffinerie de Novochakhtinsk, seule raffinerie de la région, a été endommagée et a cessé de fonctionner, selon le gouverneur Iouri Slioussar. À Oulianovsk, l'usine scientifique et de production Zavod Iskra, qui produit des composants semi-conducteurs et microélectroniques utilisés notamment dans les missiles Kh-59M2/M2A et le système de défense aérienne Pantsir-S1, et qui fait partie du concerne Almaz-Antei, a été frappée. L'état-major général ukrainien a confirmé ces frappes ainsi que la destruction de deux stations radar (Gamma-S1 et Kasta-2E2) près de Novochakhtinsk, et le président Volodymyr Zelensky a publiquement revendiqué les attaques. Dans l'oblast de Voronej, l'usine Voronejsintezkauchuk (groupe Sibur), impliquée selon l'état-major ukrainien dans la production de propergol solide notamment pour les missiles Iskander, a également été prise pour cible. Les gouverneurs des régions concernées ont confirmé les dégâts et fait état de blessés.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens présentent les frappes comme une opération officielle et planifiée contre des cibles énergétiques et militaro-industrielles russes, en s'appuyant sur les confirmations de l'état-major général, les déclarations du président Zelensky et la revendication de l'entreprise ukrainienne Fire Point concernant la frappe sur l'usine de Voronej. Le récit met en avant la portée stratégique de la campagne contre les raffineries russes et situe les frappes dans le contexte des négociations : Zelensky s'est dit prêt à cesser les attaques contre l'énergie et les raffinerie si la Russie fait de même, tout en avertissant que les frappes se poursuivront en l'absence d'accord.

Ce qu’en disent les sources internationales

La seule source internationale du dossier, l'agence azerbaïdjanaise APA, rapporte la frappe sur Perm de manière factuelle et étroite, en se concentrant sur l'arrêt opérationnel de la raffinerie sans aborder le contexte plus large de la campagne contre les raffineries russes, le volet production d'armement, ni l'arrière-plan diplomatique avec Washington.

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur la capacité de la raffinerie de Novochakhtinsk, estimée selon les cas à environ 5 millions de tonnes par an (≈100 000 barils/jour), 5,6 millions de tonnes, ou jusqu'à 7,5 millions de tonnes selon des estimations antérieures.

Contexte

Les raffineries de Perm et de Novochakhtinsk avaient déjà été frappées par des drones ukrainiens en août 2026. Depuis le début de l'année 2026, les forces ukrainiennes ont, selon les faits fournis, frappé plus de 70 fois des raffineries russes, dont plusieurs dizaines ont été mises hors service. Le 20 septembre, le président américain Donald Trump aurait demandé à Zelensky, lors d'un appel téléphonique, de cesser ces frappes, quelques heures après une attaque ukrainienne d'envergure contre la raffinerie de Moscou. D'autres raffineries ont récemment suspendu leur activité : Moscou (Gazprom Neft) le 20 septembre, Iaroslavnefteorgsintez le 17 septembre, Syzran et Saratov les 11 et 15 septembre, et Riazan le 6 septembre. Selon EA Analytics et l'AIE, le raffinage russe a chuté à son plus bas niveau depuis plus de vingt ans, avec une baisse estimée à environ un tiers, à quelque 4 millions de barils par jour.